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Fondamentaux "perdus" et Etat de droit en Afrique

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Vendredi, 8 juin 2018

Fondamentaux "perdus" et Etat de droit en Afrique

APRNEWS - Le fondement de la République, a été retenu comme forme politique de l’Etat nouveau en Afrique  a la suite du mouvement de décolonisation.

Les présidences à vie et ses conséquences sur l’exercice des libertés et la justice sociale sont à l‘origine d’un processus démocratique à partir des années  1990 qui a conduit à l’élaboration de nouvelles constitutions en Afrique  dans lesquelles est affirmée comme point d’ancrage idéologique la démocratie : en tant que moyen en vue de rendre effectif l’orientation sociale constitutionalisée de l’Etat nouveau qui lui assigne un devoir d’intervention pour assurer la justice sociale et la solidarité nationale.

La côte d’ivoire 

Les principes fondamentaux de sa république sont énoncés dans sa devise : « Union, Discipline, Travail » qui suppose la reconnaissance des droits d’union et de rigueur est en outre présenté comme le socle d’un idéal qualifié indifféremment de « républicain » ou de «démocratique».

Une République repose sur des principes. Ces principes sont des règles absolues qui doivent être respectées au-dessus de toutes les autres règles, par les citoyens et par les institutions qui occupent des situations de pouvoir.

Et pourtant, sous nos tropiques il existe encore, et fort malheureusement, des républiques qui ne sont pas démocratiques, car elles ne garantissent pas certaines libertés individuelles, et des démocraties qui n’ont pas d’institutions républicaines fortes.

Les droits et libertés fondamentales ont rarement été respectés par ceux-là qui n’ont de compte à rendre à des opinions publiques nationales muselées.
Les politiques doivent savoir que les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité́ commune. 

Un vocable « républicain » abusif ?

“[...] l’Afrique a été le théâtre principal de l’émergence de l’homme en tant qu’espèce royale sur la planète ainsi que de l’émergence d’une société politique”, Joseph Ki Zerbo

La démocratie ne nécessite pas la république. Il convient de dissocier les deux régimes.

Saurions-nous entretenir l’amalgame entre la monarchie et l’absolutisme ?

Conséquence de la Problématique 

Nombreux n’obéissent pas encore aux caractéristiques de l’Etat de droit, pour constat le déficit observable d'Etat de droit dans certains pays, est une des causes fondamentales de situations de belligérance et de crise avec leurs conséquences dramatiques : violation des droits de l'homme, désinstitutionalisation, refus d'alternance démocratique, justice des vaiqueurs, impunité, pauvreté, insécurité.

Soit parce que les élections pluralistes souffrent d’un déficit important de sincérité et de transparence, soit le plus souvent parce que le pouvoir en place tarde à résorber les conséquences de la crise économique et des Programmes d’ajustement structurel, ce qui rend difficile le respect du caractère social de l’Etat ou la mise en œuvre des droits sociaux sans la réalisation desquels on ne peut prétendre au label d’Etat de droit.

Le progrès de la gouvernance en Afrique au cours des dix dernières années est freiné par la détérioration en matière de sécurité et d’état de droit, selon les indices établis par la Fondation Mo Ibrahim.

Les petits pays ont une meilleure gouvernance

Au cours de la dernière décennie, 37 pays, correspondant à 70 % de la population du continent, ont enregistré une amélioration dans leur gouvernance globale. Les cinq pays en tête du classement en 2015 sont Maurice, le Cap Vert, le Botswana, les Seychelles et la Namibie.

Les trois pays ayant connu les plus fortes progressions au cours de la dernière décennie sont la Côte d’Ivoire, le Togo et le Zimbabwe. Mais l’indicateur « Corruption et bureaucratie » décrit une évolution inquiétante. 33 pays ont enregistré une dégradation, la majorité d’entre eux atteignant en 2015 leur plus mauvais score de la décennie.

La doctrine de l’authenticité, qui a été à l’origine du renouveau constitutionnel de beaucoup d’Etats africains, a très souvent encouragé, parfois même initié, la consécration des devoirs de l’individu. 

Selon Gérard Conac, “recourir à l’authenticité, c’est authentifier, choisir, réinterpréter des pratiques d’inspiration africaine : chacune de ces opérations laisse au pouvoir une grande latitude. Le risque est donc grand qu’en se réclamant de l’africanité, les dirigeants cherchent avant tout à justifier les solutions qui servent le plus efficacement leurs ambitions personnelles et leurs ambitions idéologiques”.

Un Triptyque

A caractère laïque pour ses principes de liberté, croyance et d’égalité de citoyens.« La laïcité est inscrite dans nos traditions. Elle est au cœur de notre identité républicaine. […] », affirme Jacques Chirac lors de son second mandat présidentiel, dans un discours prononcé le 17 décembre 2003.

Social, pour son affirmation au principe d’égalité à tous niveau. Démocratique, pour le respect des libertés fondamentales à la désignation des pouvoirs au suffrage universel. Egal et secret ou chacun votera a l’abri de toute pression 

A partir des valeurs républicaines, il s’agit d’ouvrir un chemin d’universalisation et de fonder la paix sur le dialogue des cultures, les échanges et la reconnaissance mutuelle des différentes nations.

Ne pas la comprendre 

La structure sociale africaine accorde une place à l’individualité mais exclut tout individualisme.Notre société traditionnelle est imprégnée d’un sentiment communautaire. Difficile de s’en défaire . L’africain jouit d’un certain nombre de droits qu’il ne lui viendrait toutefois pas à l’esprit de revendiquer.

Problème de paramétrage ? Ou est-ce dû à la négation des droits de l’individu africain par le système colonial ? 

Avant d’accuser nos Etats ou gouvernants il faut se connaitre en tant qu’individu. Lorsque vous ne savez pas qui vous êtes, il est difficile de l’ignorer.

Réveillons nos consciences. Distinguons nos pensées des pensées des autres. Commençons à compter sur nous-mêmes.

Organisons notre monde

Une jeunesse citoyenne, avertie, respectueuse des valeurs et responsable doit être engagée dans le processus de développement de son pays.

L’Afrique a du mal  à porter son identité certains des pays vont à la déchéance morale, des valeurs sociétales s’effritent. Elle a besoin de nouveaux vecteurs d’un nouveau leadership, de nouveaux leaders. Notre jeunesse pour son avenir ne doit ni rester à s’apitoyer sur son sort ou sur celui de l’ensemble du pays qui l’a vu naître, ni chercher un bouc émissaire à qui attribuer tous les maux. « Si seulement la citoyenneté était apprise aux africains ! »

Personne ne pourra changer ses conditions de vie sans son implication et sa volonté.

Le silence-conformiste n’est pas une solution mais un « suicide  de l’esprit ».

A nous de nous reparamétrer

Auteur : DELAFOSSE, François-Dominique

08-06-2018