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Lybie : Des Africains vendus aux enchères

Mardi, 14 novembre, 2017

Selon l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), des réfugiés originaires d’Afrique subsaharienne sont publiquement vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. Pour Mohammed Abdiker, le directeur des opérations et des urgences de l’agence intergouvernementale « La situation est grave« Il poursuit : « Plus l’OIM s’engage en Libye, plus nous apprenons que c’est une vallée de larmes pour de nombreux migrants. Certains rapports sont vraiment horribles et les derniers rapports sur les «marchés aux esclaves» pour les migrants peuvent être ajoutés à une longue liste d’atrocités».

Un autre employé de l’OIM en Lybie, Othman Belbeisi affirme quant à lui : « Il y a en Libye de véritables « marchés d’esclaves » où la vente et l’achat des migrants se négocie.  « Vous allez au marché, et vous pouvez payer entre 200 et 500 dollars pour avoir un migrant » et l’utiliser pour « vos travaux » »

Pour le quotidien d’information britannique The Guardian, ces ventes aux enchères de migrants s’ajoutent aux violences sexuelles, à l’esclavage moderne et autres actes barbares commis en Libye. Ce pays d’Afrique du Nord servant de point de sortie majeur pour les migrants africains souhaitant se rendre en Europe, a littéralement sombré dans le chaos suite à l’intervention de l’OTAN visant à renverser le dictateur lybien Muammar Kadhafi en 2011. Laissant les migrants sans papier, sans argent et à la mercie de la négrophobie nord-africaine.

L’assassinat de l’ancien dirigeant de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste est l’une des principales causes de la crise migratoire que connait l'Europe et que dénoncent certains candidats à l’élection présidentielle.

Un sénégalais de 34 ans, anciennement réduit en esclavage a affirmé que beaucoup d’autres comme lui ont été transportés dans un endroit poussiéreux de la ville libyenne de Sabha après avoir traversé le Niger dans un autobus avec l’aide de «contrebandiers». Le groupe a payé pour être emmené sur la côte, où ils prévoyaient de traverser la Méditerranée vers l’ Europe en bateau. Leur chauffeur avait alors soudainement  prétendu que les intermédiaires n’avaient pas couvert leurs honoraires et qu’ils avaient mis en vente la « cargaison » de migrants.

Livia Manante, un agent de l’OIM basé au Niger a affirmé que :« Les hommes ramassés en route ont été emmenés sur une place ou un parking, où une sorte de trafic d’esclaves se produisait […] Il y avait des gens du coin achetant des migrants sub-sahariens ».

Elle poursuivra en déclarant : « L’OIM Italie a confirmé que cette histoire est semblable à beaucoup d’histoires rapportées par les migrants et recueillies aux points de débarquement en Italie du Sud, y compris les rapports sur le marché des esclaves […] Cela donne plus de preuves que les histoires racontées sont véridiques, comme les histoires de ceux qui ont réussi à croiser ceux qui retournent dans leur pays ».

Ce crime contre l’humanité qui se déroule en ce moment même, nous renvoie au dramatique problème de négrophobie au Maghreb (et le reste du monde arabe en réalité). Actuellement, en 2017, la République islamique de Mauritanie tolère toujours l’esclavage ainsi que les violences racistes, qui ont également lieu au Maroc, en Algérie ou en Tunisie.

 

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