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Kenya : Odinga appelle ses partisans à rester chez eux

Dimanche, 13 août, 2017
© Sercom APRnews Photo Odinga appelle ses partisans à rester chez eux

AFP- Raila Odinga, candidat de l'opposition défait à la présidentielle kényane, a promis dimanche qu'il ne renoncerait pas à contester la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta. Il a appelé ses partisans à rester chez eux dans l'attente de l'annonce de sa stratégie mardi.

S'adressant en kiswahili à des milliers de partisans enthousiastes dans le bidonville de Kibera à Nairobi, Raila Odinga, resté muet depuis la proclamation officielle des résultats vendredi soir, a affirmé qu'il n'accepterait pas les résultats de cette élection «volée».

«Nous n'avons pas encore perdu. Nous n'abandonnerons pas. Attendez que j'annonce la marche à suivre après-demain (mardi)», a déclaré Raila Odinga. «Parce que Jubilee (le parti au pouvoir, ndlr) a ses policiers et soldats partout, ne quittez pas vos maisons demain. N'allez pas au travail demain», a-t-il ajouté.

La parole de Raila Odinga, 72 ans, était très attendue dans les rangs de ses sympathisants. «Nous voulons entendre Raila (...) S'il nous dit d'aller dans les rues, nous irons dans les rues. S'il veut qu'on reste à la maison, nous resterons à la maison», expliquait Humpfrey Songole, un coiffeur de 25 ans à Mathare.

Pressions croissantes

Cette adresse, très attendue, s'inscrit dans un contexte de pressions internationales croissantes sur l'opposition. L'ONU, l'Union européenne et Londres, entre autres, l'ont appelée à canaliser la colère de ses partisans après les violences post-électorales qui ont fait au moins 16 morts depuis vendredi dans ses bastions.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a ainsi demandé à Raila Odinga d'envoyer «un message clair à ses supporteurs afin qu'ils s'abstiennent de recourir à la violence». L'UE et Londres ont également appelé à la modération et enjoint l'opposition de faire valoir ses récriminations par les voies légales, une option qu'elle a pour le moment écartée après avoir saisi en vain la Cour suprême en 2013.

Les bidonvilles de Nairobi et l'ouest du pays ont été le théâtre d'affrontements violents entre manifestants et policiers, après l'annonce vendredi de la réélection du président Uhuru Kenyatta, 55 ans, avec 54,27% des voies, contre 44,74 pour Raila Odinga. Depuis samedi soir, aucun incident notable n'a été rapporté et l'activité reprenait dans les rues de Nairobi.

Travailler ensemble

La coalition d'opposition Nasa affirme que le score de Uhuru Kenyatta est le fruit d'une manipulation électronique du système de transmission et de décompte des voix utilisé par la Commission électorale, censé précisément prévenir les irrégularités.

Vendredi soir, Uhuru Kenyatta, au pouvoir depuis 2013, avait tendu la main à Raila Odinga, dans une adresse à la nation. «Nous devons travailler ensemble (...) nous devons ensemble faire grandir ce pays», avait-il lancé, appelant l'opposition à ne pas «recourir à la violence».

A l'écart des violences

Il y a dix ans, plus de 1100 personnes avaient été tuées et 600'000 déplacées en deux mois de violences post-électorales, après la réélection fin décembre 2007 de Mwai Kibaki, déjà contestée par Raila Odinga.

Mais le contexte des élections de mardi diffère de celui d'il y a dix ans. Même si elles remettent en lumière de vieilles rancoeurs entre communautés, les violences sont pour l'instant limitées aux bastions de l'opposition et seule l'ethnie Luo, celle de M. Odinga, semble par ailleurs se mobiliser.

Les autres composantes de Nasa, les Kamba et Luhya notamment, restent pour l'heure à l'écart des violences et leurs leaders, numéros 2 et 3 de la coalition, n'étaient pas présents à Kibera dimanche.

Les missions d'observation internationales ont globalement salué la bonne tenue des élections. Le groupe d'observateurs indépendants kényans ELOG, qui avait déployé 8300 personnes sur le terrain, a publié samedi des conclusions «cohérentes» avec les résultats officialisés par l'IEBC. 

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