
APRNEWS: Wadagni-Talata ,un ticket gagnant pour la continuité –
Le choix de Romuald Wadagni est avant tout un plébiscite pour la politique économique menée depuis 2016 sous la présidence de Patrice Talon. Wadagni n'est pas présenté comme un nouveau venu, mais comme "l’artisan de la continuité".
Romuald Wadagni, actuel Ministre de l’Économie et des Finances du Bénin, a été officiellement désigné comme le candidat principal de la mouvance présidentielle pour l’élection présidentielle d’avril 2026, soutenu par l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR). Sa colistière sera Mariam Chabi Talata, vice-présidente sortante, reconduite pour un second mandat dans une logique d’équilibre régional et de cohésion sociale.
Profil et positionnement de Romuald Wadagni
Wadagni, âgé de 49 ans et originaire de Lokossa (sud Bénin), s’est imposé par sa rigueur et la modernisation des finances publiques : gestion optimisée de la dette, lancement d’euro-obligations à des taux compétitifs, et introduction d’obligations durables pour financer la croissance.
Il est perçu comme l’artisan de la continuité des réformes engagées sous Patrice Talon depuis 2016 et incarne la transition générationnelle programmée par le président sortant.
Ancien cadre du cabinet Deloitte, il jouit d’une solide réputation auprès des bailleurs internationaux, tout en faisant face à la critique d’un certain manque de proximité politique avec la population, dans un contexte sociopolitique où la fibre politique reste essentielle.
La stratégie derrière le choix du duo
Mariam Chabi Talata, originaire de Bembéréké (nord Bénin), est reconduite comme colistière, symbole d’équilibre géographique et de consolidation du pouvoir entre le nord et le sud du pays.
L’équilibre géographique et sociologique : une stratégie éprouvée
Le duo respecte scrupuleusement le principe d’équilibre régional Nord-Sud, un paramètre incontournable de la politique béninoise.
Wadagni (Sud) : Représente le sud du pays, berceau politique et économique traditionnel.
Chabi Talata (Nord) : Assure la représentation et la loyauté des régions du nord, cruciales sur le plan électoral.
Cette combinaison est un outil de cohésion sociale et vise à maximiser l’attractivité du ticket sur l’ensemble du territoire national, court-circuitant les critiques potentielles sur une domination d’une région.
Ce ticket Wadagni-Talata vise à rassurer sur la continuité des acquis économiques ainsi qu’une stabilité sociopolitique destinée à faire face à l’opposition et aux enjeux électoraux de 2026.
Forces et défis du ticket Wadagni-Talata
Compétence économique avérée : C’est l’atout majeur de Wadagni. Il pourra faire campagne sur des résultats concrets (croissance, infrastructures).
Stabilité et expérience du pouvoir : Le duo est déjà en place et fonctionne. Aucun temps d’adaptation n’est nécessaire.
Unité de la mouvance présidentielle : La désignation semble consensuelle au sein des partisans de Talon, évitant des primaires conflictuelles.
Le déficit de proximité (« la fibre politique ») : C’est le point faible le plus souvent cité concernant Wadagni. Son profil de technocrate international, s’il rassure les marchés, peut être perçu comme un éloignement des préoccupations quotidiennes des populations (chômage, coût de la vie). Sa campagne devra impérativement incarner une dimension plus sociale et humaine pour convaincre au-delà des chiffres macroéconomiques.
Un bilan économique à double tranchant : Si les indicateurs macroéconomiques sont souvent salués, l’opposition et une partie de la société civile dénoncent des inégalités persistantes et une croissance qui ne « ruisselle » pas assez. La campagne sera l’occasion pour les opposants de contester ce bilan.
Un contexte sociopolitique tendu : La gestion de l’opposition et de l’espace démocratique sous Talon reste un sujet de critique. Le ticket devra soit défendre ce bilan, soit proposer une ouverture pour apaiser les tensions.
La stratégie est claire : faire campagne sur le bilan économique et la promesse de sa poursuite, en s’appuyant sur un duo éprouvé et complémentaire. Le succès dépendra de leur capacité à transformer la compétence technique en connexion électorale et à répondre aux critiques sur les questions de gouvernance politique et d’inclusivité économique. L’élection de 2026 se présentera ainsi comme un référendum sur les dix années de présidence Talon.
