APRNEWS: Un jet privé intercepté au Portugal avec près de 5 millions d’euros liés au clan Embaló

APRNEWS: Un jet privé intercepté au Portugal avec près de 5 millions d’euros liés au clan Embaló

Dans la nuit du 12 au 13 décembre 2025, un jet privé en provenance de Bissau a été intercepté à l’aéroport militaire de Figo Maduro, à Lisbonne, avec près de 5 millions d’euros en espèces à son bord, selon la Police judiciaire portugaise (PJ) et plusieurs médias lusophones et africains.

Une escale à Lisbonne qui tourne au scandale

L’appareil, présenté comme un vol militaire en simple escale avant une continuation annoncée vers Beja, transportait notamment l’épouse de l’ancien président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló, destitué fin novembre, ainsi qu’un de ses proches collaborateurs.

Un proche d’Embaló arrêté, l’épouse épargnée

À l’atterrissage, les enquêteurs de la PJ, alertés par un signalement préalable, ont fouillé les bagages et saisi des valises contenant environ 5 millions d’euros en liquide, montant confirmé par les autorités portugaises. Le convoyeur présumé de ces fonds, présenté comme un homme proche de Sissoco Embaló, a été interpellé pour des soupçons de contrebande et de blanchiment de capitaux, tandis que l’épouse de l’ex-chef de l’État, également à bord, n’a pas été placée en garde à vue et a pu repartir libre.

Une opération financière au parfum d’exfiltration

Selon plusieurs médias portugais et africains, les enquêteurs soupçonnent que ces liquidités étaient destinées à sécuriser le train de vie du couple présidentiel en Europe, dans le contexte de la chute d’Embaló et des incertitudes entourant son avenir politique. Des sources sécuritaires citées par la presse évoquent une opération de convoyage de devises soigneusement planifiée, avec l’utilisation d’un vol présenté comme militaire et d’un aéroport moins exposé que le hub civil principal de Lisbonne afin de limiter les contrôles.

Une affaire qui ravive les soupçons de corruption

Cette saisie spectaculaire intervient alors que la Guinée-Bissau traverse une nouvelle crise politico-militaire après la destitution d’Umaro Sissoco Embaló, déjà critiqué pour les accusations récurrentes de corruption et de collusion avec les réseaux de trafics qui pèsent sur le pays. Pour de nombreux observateurs cités par la presse spécialisée, l’interception de ces fonds au Portugal jette une lumière crue sur les circuits financiers du pouvoir déchu et pourrait nourrir de futures enquêtes, tant à Bissau qu’au niveau européen.

Enquêtes en cours et pression internationale

La Police judiciaire portugaise a annoncé l’ouverture d’une procédure pénale pour contrebande et blanchiment, en coordination avec l’Autorité fiscale, sans préciser pour l’heure l’origine exacte des fonds ni l’éventuelle coopération demandée à Bissau. Dans les chancelleries et organisations régionales, cette affaire renforce les appels à un assainissement de la gouvernance en Guinée-Bissau, pays déjà placé sous surveillance pour son rôle présumé dans les trafics transnationaux et désormais éclaboussé par un nouveau dossier de « cash diplomatique » saisi à l’étranger.

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