APRNEWS: L’évolution des forces de l’ordre sous le leadership d’Alassane Ouattara

APRNEWS: L’évolution des forces de l’ordre sous le leadership d’Alassane Ouattara

Le discours du ministre Coulibaly est un élément clé de la construction narrative de la Côte d'Ivoire post-crise. Il vise à légitimer le pouvoir actuel en l'identifiant comme l'architecte de la réconciliation nationale, de la sécurité et de l'État de droit. Il reconnaît les erreurs du passé pour mieux valoriser les réformes présentes, tout en canalisant les préoccupations sécuritaires vers la menace terroriste externe. Si des progrès indéniables ont été enregistrés dans la professionnalisation des forces, le débat sur leur neutralité politique et le respect absolu des droits de l'homme dans toutes les circonstances reste d'actualité.

«La vérité, c’est que si notre pays a connu autant de morts lors des crises passées, c’est parce que les forces de l’ordre ont été trop souvent instrumentalisées. Mais depuis l’arrivée du Président Alassane Ouattara, nous avons travaillé à bâtir des forces de l’ordre républicaines, respectueuses des droits de l’homme et agissant toujours dans le cadre de la légalité.»

Le ministre Amadou Coulibaly, porte-parole du gouvernement ivoirien, rappelle que les crises meurtrières qu’a connues la Côte d’Ivoire dans le passé ont été aggravées par l’instrumentalisation des forces de l’ordre. Selon lui, l’arrivée du président Alassane Ouattara a permis de réformer ces forces pour en faire des institutions républicaines respectueuses des droits de l’homme, agissant dans le strict cadre de la légalité.

Depuis 2011, le gouvernement ivoirien a mis en œuvre plusieurs mesures destinées à professionnaliser, former et moderniser la police, la gendarmerie et l’armée. Cela inclut un renforcement du contrôle interne, un accent sur la protection des droits civiques, et la promotion d’une culture de service public ouvert et responsable, en rupture avec les anciens abus et dérives du passé.

Ces efforts se traduisent par une amélioration générale de la sécurité, une baisse des violences politiques, et une restauration de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire, même si des défis subsistent, notamment face à la menace terroriste au nord du pays.

Analyse du Discours du Ministre Coulibaly

Le discours du porte-parole du gouvernement s’inscrit dans une stratégie de communication politique visant à tourner la page des crises passées et à présenter l’actuel gouvernement comme le garant de la stabilité et de l’État de droit.

1. Le Rappel d’un Passé Douloureux (Contexte Historique)

En évoquant « l’instrumentalisation des forces de l’ordre » lors des crises passées, le ministre fait référence à une période sombre de l’histoire ivoirienne (notamment la décennie 2000-2011) marquée par :

  • La crise politico-militaire (2002-2011) : Le pays était divisé en deux, avec un Nord contrôlé par les Forces Nouvelles et un Sud sous l’autorité du gouvernement de Laurent Gbagbo.

  • Le rôle des forces de sécurité : Elles étaient souvent perçues comme étant au service du pouvoir en place plutôt que de la nation, utilisées pour réprimer l’opposition politique et les manifestations, et impliquées dans des violations des droits de l’homme. Les « escadrons de la mort » et les milices loyalistes en sont des exemples patents.

  • Les violences post-électorales (2010-2011) : L’élection présidentielle de 2010 a débouché sur un conflit armé où les forces de sécurité fidèles à Gbagbo et les milices pro-Ouattara se sont affrontées, causant la mort de milliers de personnes.

En rappelant ce passé, le gouvernement actuel dresse un repoussoir pour mieux valoriser les progrès accomplis depuis.

2. La Thèse Centrale : La Rupture sous l’Ère Ouattara

Le cœur du message est que l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011 a opéré une rupture fondamentale. Le discours construit une narration de la refondation :

  • De forces instrumentalisées à des institutions républicaines : L’accent est mis sur la fin de l’usage politique des forces de l’ordre. Elles ne serviraient plus un homme ou un camp, mais la République et sa légalité.

  • Le respect des droits de l’homme comme principe cardinal : C’est un changement majeur par rapport aux accusations passées d’exécutions extrajudiciaires, de tortures et d’arrestations arbitraires.

  • La professionnalisation comme solution : Les mesures évoquées (formation, modernisation, contrôle interne) visent à créer une force apolitique, technique et obéissante à la loi plutôt qu’aux ordres partisans.

3. Les Mesures Concrètes Annoncées (éléments de preuve)

Le ministre étaye sa thèse en listant des actions concrètes :

  • Formation et modernisation : Il s’agit de doter les forces de meilleurs équipements et de les former aux techniques de maintien de l’ordre respectueuses des droits de l’homme (inspirée parfois de modèles comme celui de la gendarmerie française).

  • Renforcement du contrôle interne : La création d’organismes comme l’Inspection Générale des Services (IGS) pour la police ou le Haut Conseil de la Défense vise à lutter contre l’impunité et les dérives internes.

  • Changement de culture : Promouvoir une « culture de service public » signifie que le policier ou le gendarme est un serviteur de l’État au service des citoyens, et non un instrument de coercition au service du pouvoir.

4. Les Résultats Avancés et les Défis Persistent

Le discours reconnaît implicitement que le travail n’est pas terminé :

  • Les succès mis en avant : Amélioration de la sécurité globale, baisse des violences politiques (les élections de 2015 et 2020, bien que contestées, n’ont pas engendré de guerre civile), et restauration de l’autorité de l’État sur tout le territoire (y compris les anciennes zones tenues par les Forces Nouvelles).

  • Le défi majeur : la menace terroriste : La mention de la menace au nord est cruciale. Elle sert à :

    1. Montrer que les nouvelles forces sont mobilisées pour une cause nationale (la lutte anti-terroriste) et non politique.

    2. Rappeler que la sécurité reste une priorité absolue et justifie les efforts continus de modernisation.

    3. Contextualiser d’éventuels futurs accrocs en les reliant à une menace externe et non à une défaillance interne.

Perspective Critique et Nuances

Si le discours décrit une ambition louable et s’appuie sur des progrès réels, une analyse complète doit mentionner les points de vue critiques :

  • Un discours officiel : Il s’agit de la communication de l’exécutif, qui présente sa propre action sous un jour positif.

  • Des critiques persistantes : Des organisations comme Amnesty International ou la FIDH relèvent encore des cas d’arrestations arbitraires, de détentions illégales et de recours excessif à la force, notamment lors de manifestations politiques ou sociales.

  • La question de l’impunité : Certains auteurs de crimes passés au sein des forces de sécurité, y compris dans les deux camps, n’ont pas été jugés, ce qui peut entacher le sentiment de justice et de réforme en profondeur.

  • La perception de l’opposition : Une partie de l’opposition ivoirienne conteste cette narrative, arguant que les forces de sécurité sont toujours instrumentalisées, mais cette fois-ci au profit du camp Ouattara, pour réprimer les dissidents et les manifestations.

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