
APRNEWS: Bruno Koné, un ministre impuissant face à l’affaire Komé Bakary et aux arnaques foncières
En Côte d’Ivoire, le secteur foncier est en proie à des scandales fréquents, avec l'affaire Komé Bakary illustrant les abus et la corruption. Les victimes dénoncent l'inaction du ministre Bruno Nabagné Koné face à des pratiques frauduleuses, notamment des transactions douteuses et des attributions de terres contestées. Malgré les démentis et les accusations, aucun responsable n'a été arrêté, provoquant la colère des citoyens. Les réformes promises, telles que la digitalisation, ne suffisent pas à dissiper les doutes quant à l'intégrité du système foncier. Les habitants attendent des actions concrètes pour mettre fin à l'impunité et à la corruption qui gangrènent le secteur, mettant ainsi en péril le développement économique du pays.
En Côte d’Ivoire, le foncier est un terrain miné où les scandales sont devenus le quotidien des populations, mais où les solutions se font rares. Alors que le pays est secoué par l’affaire Komé Bakary, les victimes des arnaques liées à l’Arrêté de Concession Définitive (ACD) pointent du doigt la passivité du ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Nabagné Koné, accusé de laisser ses collaborateurs opérer dans l’ombre d’un système corrompu.
L’affaire Komé Bakary, qui défraie la chronique depuis début février, incarne les dérives du secteur. Cet individu, présenté comme un opérateur foncier influent, est au cœur d’un litige à Djorobité, dans le quartier huppé de Cocody-Angré. Accusé d’avoir orchestré des transactions douteuses avec des attestations villageoises contestées, il aurait spolié des acquéreurs légitimes, profitant d’un flou administratif entretenu au sein du ministère. Le chef du village de Djorobité 2, Nanan Minkan Assi Joseph, a publiquement démenti toute transaction avec Komé Bakary, affirmant n’avoir jamais délivré d’attestation à son nom. Pourtant, ce dernier, dans une sortie médiatique le 11 février, a nié les accusations, se disant victime d’une campagne de diffamation. Malgré ces déclarations, aucune arrestation n’a été signalée, alimentant la colère des citoyens.
Ce scandale n’est pas un cas isolé. À Ekolaté, Bingerville, quatre agents du ministère ont été inculpés en 2024 pour une fraude sur 490 hectares, une affaire où des ACD frauduleux ont lésé des communautés villageoises. À Djorobité, des habitants racontent des histoires similaires : « J’ai acheté un terrain avec un ACD en règle, mais un autre titre a été délivré à un promoteur. Le ministère reste muet », déplore un résident d’Angré. Ces doubles attributions et lenteurs administratives, souvent imputées à des agents véreux, prospèrent sous le regard impassible de Bruno Koné. Mieux il félicite ses collaborateurs pour dit-il » le travail remarquable » qu’ils font au sein de son ministère, balayant du revers de la main les accusations des populations victimes.
Dans une interview à Fraternité Matin le 17 février 2025, le ministre a évoqué l’historique du lotissement de Bessikoi, proche de Djorobité, pour justifier les efforts de clarification des titres fonciers. « Nous travaillons à assainir le secteur », a-t-il assuré, vantant le traitement de « 100 000 ACD par an ». Des paroles qui sonnent creux pour les victimes, qui dénoncent l’absence de sanctions contre les responsables, y compris dans l’affaire Komé Bakary. Sur les réseaux sociaux, la frustration explose : « Komé Bakary est toujours libre, les agents corrompus aussi. Où est l’État de droit ? » s’indigne un internaute.
Les promesses de réformes, comme la digitalisation via le SIGFU, peinent à convaincre. « On nous parle de modernisation, mais c’est un écran de fumée pour cacher la corruption interne », lâche un urbaniste abidjanais. À Yopougon comme à Cocody, les citoyens ruinés par des ACD frauduleux attendent des actes concrets. L’affaire Komé Bakary, avec ses ramifications potentielles jusqu’aux chefs traditionnels et au ministère, met en lumière un système où l’impunité règne. Le président de la République devrait y prêter une attention particulière.
Alors que la Côte d’Ivoire aspire à consolider son essor économique, le secteur foncier reste une bombe à retardement. Bruno Nabagné Koné, en poste depuis plus de six ans, est sommé de sortir de son silence. Les victimes d’arnaques, de Djorobité à Ekolaté, exigent justice : jusqu’à quand les « Komé Bakary » resteront-ils intouchables dans ce pays ? Les collaborateurs véreux seront-ils enfin sanctionnés ? Pour l’heure, le ministre semble préférer l’inaction, au risque de voir son héritage englouti par les scandales qu’il n’a pas su juguler.