APRNEWS: Quelles leçons tirer de la CAN 2025 ? Faé face à son propre projet

APRNEWS: Quelles leçons tirer de la CAN 2025 ? Faé face à son propre projet

Éliminés en quarts par l’Égypte, les Éléphants de Côte d’Ivoire quittent la CAN 2025 avec une amertume certaine. Champions sortants, ils ont semblé épuisés nerveusement et physiquement, révélant des failles déjà entrevues. Mais derrière la déception, se cache aussi la promesse d’un nouveau souffle. Entre héritage et renouveau, l’équipe d’Emerse Faé traverse une zone de vérité.

Ils étaient venus défendre une couronne conquise à la sueur de leur renaissance. Ils repartent, étourdis, la tête lourde de regrets. Les Éléphants de Côte d’Ivoire n’ont pas seulement perdu un match face à l’Égypte : ils ont buté sur leurs propres limites. Des lenteurs connues, des failles annoncées, des manques jamais corrigés. Cette CAN 2025 laissera un goût d’inachevé, comme un rendez-vous manqué avec l’histoire.

Un départ manqué, encore et toujours

Pourquoi ces entames de matches timides, hésitantes, presque craintives ? Face à des Pharaons qui ne pardonnent rien, les Éléphants ont payé cher chaque seconde d’inattention. Le ballon circulait, mais sans percussion. Le jeu existait, mais sans imagination. Et surtout, l’absence criante d’un meneur de jeu s’est faite sentir.

Faé avait ses raisons, mais les faits restent têtus : sans un vrai numéro 10, sans un chef d’orchestre capable de casser les lignes, la partition ivoirienne sonnait creux. Guiaigon Parfait, écarté, aurait sans doute pu changer la musique.

Les anciens à bout de souffle

La question du renouvellement de l’équipe nationale de football de la Côte d’Ivoire se pose, opposant des « cadres » respectés mais fatigués à une jeunesse « ambitieuse, affamée, décomplexée ». Avec la perspective de la Coupe du Monde 2026, il est crucial que l’équipe n’arrive pas épuisée physiquement et tactiquement. Une approche équilibrée pourrait être la clé : maintenir quelques anciens pour leur leadership et leur expérience, tout en intégrant massivement de jeunes talents solidaires et courageux. Certains joueurs récents, tels que Franck Kessié et Jean Michaël Seri, bien que respectés pour leurs performances passées, commencent à montrer des signes de fatigue, soulignant ainsi le besoin de rajeunissement de l’équipe pour maintenir un rythme compétitif.

La sélection doit oser le renouvellement. Oser la jeunesse. Oser couper dans le vif avant de plonger dans le Mondial avec des joueurs déjà à bout de course.

Des promesses dans les fracas

Et pourtant… Dans les débris de cette élimination, de la lumière perce. Oui, la jeunesse ivoirienne est là, ambitieuse, affamée, décomplexée. Ces jeunes joueurs n’ont pas triché. Ils ont montré une solidarité rare, un esprit de groupe rafraîchissant. Leur naïveté encore palpable peut, avec du travail, se transformer en force.

Cette défaite doit donc être un tremplin, pas une fin. L’avenir passe par eux — ceux qui osent, qui percutent, qui n’ont pas peur.

SWOT : Forces et failles d’une équipe en mutation

Forces Faiblesses
– Un groupe uni, solidaire, fier de son maillot. – Entames de matches trop timorées.
– L’émergence de jeunes talents prometteurs. – Absence d’un véritable meneur de jeu.
– Une base collective héritée du sacre 2024. – Défaillance physique chez plusieurs joueurs « cadres ».
– Capacité à marquer sur coups de pied arrêtés. – Repli défensif souvent en retard.
Opportunités Menaces
– Le Mondial 2026 pour ouvrir un nouveau cycle. – Risque de stagnation si le jeu n’évolue pas.
– Une jeunesse prête à s’imposer durablement. – Pression populaire et attentes immenses.
– Détection accrue de talents dans la diaspora. – Fatigue chronique et risques de blessures.

Emerse Faé face à son propre projet

Emersé Faé, sélectionneur des Éléphants de Côte d’Ivoire, a livré une analyse lucide suite à la défaite 2-3 face aux Pharaons d’Égypte. Il pointe les erreurs individuelles et une certaine naïveté de son équipe, qui a permis à l’adversaire de punir chaque relâchement. Cette déclaration met en lumière un manque de réalisme tactique malgré un sursaut d’orgueil tardif.

« On est frustrés de ce résultat. On avait apprêté les joueurs pour ce match. Malheureusement, on a fait beaucoup trop d’erreurs là où il ne fallait pas. Le fait de commencer le match avec un but nous a handicapés. On n’est pas vite rentrés dans le match. Le 3ᵉ but vient au pire moment. Il ne fallait pas prendre ce but, on s’est mis dans les problèmes. Quand vous êtes menés face à l’Égypte, c’est compliqué. On leur a rendu le match trop facile en faisant des erreurs »

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Sur la stratégie égyptienne : « On savait qu’ils allaient attendre la moindre erreur pour nous punir et je pense que c’est ce qui s’est passé. »

Auto-critique : « On s’est mis nous-même les bâtons dans les roues. »

Le sursaut manqué : « On a eu ce petit sursaut d’orgueil qui fait qu’on revient à 3-2 mais ils ont tenu et gagné du temps comme ils savent le faire. »

Bilan final : « Ils ont gagné ce match grâce à nos erreurs individuelles. »

Ermerse faé – On a été naïf….

Le contraste est saisissant entre l’équipe héroïque de la CAN 2024 – résiliente, inspirée, portée par une folle énergie – et cette sélection apparue désincarnée contre les Pharaons. les Éléphants ont buté sur « des lenteurs connues, des failles annoncées, des manques jamais corrigés ». Le constat d’Emerse Faé lui-même est sans appel : « On a été naïf ».

Cette réaction d’Emersé Faé souligne une naïveté collective après la défaite des Éléphants, appelant à une meilleure gestion des moments clés.

La question centrale : quel projet de jeu pour Faé ?

La véritable interrogation porte désormais sur l’identité tactique que veut imprimer Emerse Faé. Son bilan mixte révèle une tension palpable entre :

L’héritage à gérer : Comment renouveler une équipe tout en capitalisant sur l’expérience des vainqueurs de 2024 ?

Le style à définir : Football prudent et calculé ou jeu libéré et audacieux ?

La transition générationnelle : Faut-il accélérer le passage de relais aux jeunes talents affamés ?

Le sélectionneur reconnaît les erreurs individuelles et la naïveté tactique, mais ses choix (notamment l’absence de véritable meneur de jeu) interrogent sur sa vision à long terme.

Une défaite qui peut devenir fondatrice

Cette élimination douloureuse pourrait paradoxalement offrir à la Côte d’Ivoire l’opportunité d’opérer sa mue nécessaire.  « cette défaite doit être un tremplin, pas une fin ».

La balle est désormais dans le camp d’Emerse Faé et de la Fédération. Accepteront-ils de « couper dans le vif » pour construire une équipe alignée sur les ambitions légitimes d’une nation footballistique majeure ? Les Éléphants doivent retrouver leur rugissement, mais celui d’une nouvelle génération, consciente de son héritage mais tournée résolument vers l’avenir.

Le rendez-vous manqué avec l’histoire en CAN 2025 pourrait ainsi préparer un rendez-vous réussi avec le futur mondial en 2026. À condition que les leçons de cette défaite soient réellement assimilées et transformées en projet collectif ambitieux et cohérent.

La question, désormais, n’est plus de savoir si Faé est l’homme de la situation. Elle est de savoir quelle Côte d’Ivoire il veut incarner. Celle d’un football minimaliste, prudent, calculé ? Ou celle d’une équipe libérée, audacieuse, portée par sa jeunesse ?

La CAN 2025 a donné son verdict sans appel : le statu quo n’est plus une option. La vérité, parfois cruelle, a parlé sur le terrain. Aux Éléphants maintenant de rugir à nouveau – mais différemment.

 

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