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APRNEWS : Dédollarisation - l’Iran fait une proposition majeure

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La dédollarisation, un processus visant à réduire la dépendance au dollar américain dans les échanges internationaux, gagne du terrain à l’échelle mondiale. Ce phénomène, motivé par des considérations géopolitiques et économiques, voit de nombreux pays chercher des alternatives au dollar pour leurs transactions commerciales et leurs réserves de change. La dédollarisation reflète une volonté croissante de diversifier les monnaies utilisées dans le commerce international, de renforcer la souveraineté économique et de limiter l’influence des États-Unis sur le système financier mondial.

Dans ce contexte de remise en question de l’hégémonie du dollar, l’Iran vient de faire une proposition audacieuse qui pourrait accélérer ce processus au sein des BRICS, un groupe économique influent qui s’est récemment élargi au-delà de ses cinq membres fondateurs pour inclure plusieurs pays dont l’Iran. Nasser Kanani, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a récemment dévoilé un projet ambitieux : interconnecter les systèmes de paiement nationaux des pays membres des BRICS, en s’inspirant de l’intégration réussie entre les systèmes Mir (Russie) et Shetab (Iran).
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts bilatéraux entre l’Iran et la Russie, qui ont déjà réussi à relier leurs systèmes de paiement nationaux via leurs banques centrales respectives. Ce rapprochement a créé un terrain propice pour effectuer des transactions commerciales en monnaies nationales, contournant ainsi le dollar américain.

L’extension de ce mécanisme à l’ensemble des BRICS pourrait être comparée à la création d’un « réseau financier multipolaire » reliant un nombre croissant d’économies émergentes influentes. Imaginez un système où un entrepreneur égyptien pourrait payer son fournisseur indien en livres égyptiennes, ou un investisseur saoudien acheter des obligations brésiliennes en riyals, le tout sans passer par le dollar américain.

La proposition iranienne a déjà reçu un accueil favorable du côté russe, ce qui n’est guère surprenant étant donné les sanctions occidentales auxquelles les deux pays font face. Cette convergence d’intérêts pourrait catalyser l’adoption de cette initiative par les autres membres des BRICS, créant ainsi un bloc économique plus résilient et moins dépendant du système financier occidental.

Les implications d’un tel système sont considérables. Non seulement il réduirait la vulnérabilité des pays participants aux sanctions américaines, mais il pourrait également stimuler le commerce intra-BRICS en simplifiant les transactions et en réduisant les coûts liés aux conversions de devises. De plus, cela pourrait encourager d’autres pays à rejoindre ce réseau alternatif, élargissant ainsi la sphère d’influence économique des BRICS.