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Laurent Gbagbo, probable faiseur de roi

Aprnews - Laurent Gbagbo, probable faiseur de roi - Actualité - Côte d'Ivoire
Jeudi, 8 octobre 2020

Laurent Gbagbo, probable faiseur de roi

Après le représentant spécial des Nation unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, qui a achevé, dimanche 27 septembre, sa mission d’une semaine en Côte d’Ivoire, une autre délégation de l’Union Africaine a souhaité que la présidentielle du 31 octobre soit « pacifique et inclusive ».

« L’Union européenne, l’Onu et la Cedeao, il y a quarante-huit heures ont réitéré leur appel à tous les acteurs politiques pour qu’ils poursuivent leur engagement pour l’organisation d’une élection pacifique et inclusive, dans le respect des droits de l’homme », selon le texte du communiqué diffusé mardi. « A cet égard, on note la libération provisoire de détenus le 23 septembre, un geste bienvenu que suivront d’autres mesures d’apaisement alors que le processus électoral se poursuit », enchaîne le texte, évoquant la libération d’une dizaine de partisans de l’ancien chef rebelle et ex-premier ministre Guillaume Soro.

Le Conseil constitutionnel a rejeté le 14 septembre la candidature de M. Soro, de l’ancien président Laurent Gbagbo et de 38 autres candidats, mais a validé celle du président Alassane Ouattara à un troisième mandat controversé.

Les médiateurs internationaux appellent tous les acteurs politiques ivoiriens à rejeter l’usage des discours de haine, la violence et toute forme de sectarisme, et à s’engager pour un processus électoral apaisé et un scrutin présidentiel pacifique. L’Afrique insiste sur l’importance d’agir en synergie et en concertation pour surmonter les différends, préserver l’unité et la paix, indispensables à la prospérité de la Côte d’Ivoire », conclut le texte.

Pendant son séjour, M. Ibn Chambas a notamment rencontré le président ivoirien Alassane Ouattara, des membres du Conseil constitutionnel et de la Commission électorale indépendante (CEI), les candidats à la présidentielle et des organisations de la société civile.

                      

La tension politique  est forte en Côte d’Ivoire à moins d’un mois du scrutin présidentiel. Il y a dix ans, la crise née de l’élection de 2010, après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, avait fait 3 000 morts.

On pourrait considérer que l’élection prochaine serait l’occasion, pour l’ex-président, de prendre sa revanche sur son adversaire de toujours Ouattara, mais Laurent Gbagbo, selon toute vraisemblance, n’envisage pas de rempiler. Exténué par neuf ans d’un procès illisible, il aurait, à en croire son entourage, décidé de laisser main à une autre formation politique

On cite, pêle-mêle, le Pdci d’Henri Konan Bédié, Konan Kouadio Bertin, candidat indépendant, le Lider de Mamadou Coulibaly, vieux compagnon de Gbagbo et le Nicin, un nouveau-né du microcosme politique ivoirien.

Le Rhdp, le parti d’Alassane Ouattara espère, lui-aussi, arracher l’adhésion de l’ex pensionnaire de la Cpi, promettant à ce dernier un retour paisible en Côte d’ivoire dès après la présidentielle. Dès lors, on assiste, à Bruxelles, à un ballet politique de chargés de missions.

Les chances du Rhdp semblent bien minces, d’autant plus qu’il faudra d’abord convaincre le français Bernard Houdin, un fidèle parmi les fidèles de Laurent Gbagbo, et auteur du livre «Alassane Ouattara, une imposture ivoirienne ». Selon des indiscrétions, le choix de l’ancien président ivoirien et de son ami, le « blanc », se porterait sur une dame dont le nom n’a pas encore été révélé. En tout état de cause, la décision de Laurent Gbagbo sera probablement connue ce week-end.

En août, une quinzaine de personnes ont été tuées dans des violences après l’annonce de la candidature de M. Ouattara, qualifiée de « forfaiture » par l’opposition. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le Conseil constitutionnel a estimé que l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution en 2016 a remis le compteur à zéro pour l’actuel chef de l’Etat. Une interprétation contestée par l’opposition.

Jacqueline Delarose