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France : Ce que Collomb a dit devant les Députés dans l'affaire Benalla

apr-news-Ce que Collomb a dit devant l'Assemblée nationale dans l'affaire Benalla
Lundi, 23 juillet 2018

France : Ce que Collomb a dit devant les Députés dans l'affaire Benalla

APRNEWS- Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb s’est défendu lundi de toute faute personnelle dans la gestion de l’affaire Benalla, renvoyant la responsabilité d’éventuels manquements au préfet de police et au cabinet d’Emmanuel Macron, lors d’une audition cruciale à l’Assemblée nationale. 

C'était une audition très attendue et elle a duré près de trois heures : ce lundi matin, Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur était le premier interrogé par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Intérieur est resté très souvent évasif dans ses réponses, renvoyant souvent les députés vers la préfecture de police de Paris et le cabinet de l'Élysée. 

Voici les points à retenir de l'audition de Gérard Collomb.

1. Quand et comment a-t-il été informé des violences ?

Le ministre de l'Intérieur a déclaré avoir été informé des faits de violences imputés à Alexandre Benalla le 2 mai, dans l'après-midi. Ce sont son directeur et son chef de cabinet qui lui font remonter l'information. Selon Gérard Collomb, c'est un chargé de mission de l'Élysée, Vincent Caure, chargé des réseaux sociaux, qui aurait le premier repéré la vidéo diffusée sur Twitter. Celui-ci aurait informé le cabinet du ministère de l'Intérieur.

Le cabinet du ministre de l'Intérieur prévient l'Élysée, employeur d'Alexandre Benalla. 

"M. Benalla ne faisant pas partie des effectifs sous mon autorité, le cabinet du président de la République et la préfecture de police disposant de toutes les informations nécessaires pour agir, j’ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté", a dit M. Collomb. 

2. Connaissait-il Alexandre Benalla ?

Gérard Collomb a infirmé ne quasiment pas connaître les protagonistes de l'affaire, Alexandre Benalla et Vincent Crase, à qui sont imputés les violences du 1er mai sur la place de la Contrescarpe.

"Je l'avais rencontré (Alexandre Benalla) lors de service d'ordre mais je ne le connaissais pas personnellement. J'ignorais sa qualité de conseiller du président, je pensais plutôt qu'il s'agissait d'un membre des forces de l'ordre", a déclaré le ministre de l'Intérieur.

Il affirme ne pas avoir été prévenu de la présence d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase sur le terrain en tant qu'observateurs et que ce ne sont pas ses services qui leur ont accordé l'autorisation.

La dernière fois que Gérard Collomb a croisé M. Benalla, c'est le 16 juillet, lors du retour des Bleus en France.

3. Casque de policier, brassard, radio : qui les a remis à Alexandre Benalla ?

Gérard Collomb s'est beaucoup abrité derrière l'enquête en cours de l'IGPN, la police des polices. Il affirme ainsi que le casque de policier remis à Alexandre Benalla lui a été par son référent, un major de la préfecture de police de Paris.

Le ministre dit cependant ignoré qui lui a fourni le brassard siglé "police" et la radio, réservé normalement aux forces de l'ordre.

4. Pourquoi des enquêtes si tardives ?

Gérard Collomb a été pressé de questions par les députés sur l'article 40 du code de procédure pénale : ils lui ont demandé pourquoi il n'avait pas signalé les faits au procureur.

"C'était "aux autorités administratives, directement supérieures dans la hiérarchie" qui devaient signaler les faits de violences imputées à Alexandre Benalla, a estimé le ministre.

Il a également confirmé avoir saisi l'IGPN le 19 juillet, à la suite des révélations du Monde, en raison d'éléments nouveaux apportés à sa connaissance, notamment le port des insignes de policiers (casque, brassard, radio).

"C’est l’utilisation du brassard et de la radio qui amènent à montrer qu’il entendait jouer un rôle actif. C’est cela qui justifie la saisine de l’IGPN", a-t-il déclaré.

L'IGPN était pourtant informée de l'existence de la vidéo de violences dès le 3 mai, qui a fait l'objet d'un signalement anonyme sur Internet.

"Cette vidéo avait été analysée par un des opérateurs de la plateforme qui, au vu des images qui leur étaient soumises, n’avait pas estimé à l’époque que les conditions justifiant l’ouverture d’une enquête judiciaire étaient réunies."

5. Quel est le rôle d'Alexandre Benalla à l'Élysée et auprès du président ?

Gérard Collomb a livré quelques informations sur le CV du jeune chargé de mission, qu'il dit pourtant ne pas connaître.

Le ministre a ainsi déclaré qu'il n’a "jamais" été question de confier à Alexandre Benalla la direction d’une nouvelle entité chargée de la sécurité de l’Elysée qui est actuellement à l’étude.

L’ancien collaborateur du président Emmanuel Macron n’a "aucune capacité" pour diriger cette nouvelle Direction de la sécurité de la présidence de la République (DSPR), a-t-il martelé.

Le ministre a également précisé qu'Alexandre Benalla était présent lors d'un briefing en salle de commandement à la préfecture de police de Paris, le 1er mai. Gérard Collomb n'a pu expliquer son rôle, en indiquant que c'était à l'enquête de l'IGPN de le préciser.

Sur les missions d'Alexandre Benalla, Gérard Collomb a systématiquement renvoyé les députés vers l'Élysée et vers la préfecture de police de Paris.

Avec JSL

Le titre a été modifié par la rédaction