Vous êtes ici

Back to top

APRNEWS: Politique ivoirienne - Tidjane Thiam hante les nuits de Venance Konan !

APRNEWS - Politique ivoirienne - Tidjane Thiam hante les nuits de Venance Konan ! - Jean Clotaire Tétiali
Vendredi, 10 novembre 2023

APRNEWS: Politique ivoirienne - Tidjane Thiam hante les nuits de Venance Konan !

APRNEWS- Du déjà vu et du déjà entendu ! Après Nguessan Seri Bi Privat, Vice-Président du PDCI, entre en scène, encore une fois, le journaliste Venance Konan, un habitué de l’exercice, le mercenariat de la plume, une pratique moralement répugnante. Mais, à dire vrai, l’ex-dg de Fraternité-matin ne sera, cette fois-ci, pas vraiment utile à ses mandants car, non seulement son papier manque cruellement de solidité, mais ne reprend que trop servilement les propos de Seri Bi.

APRNEWS - Il est tout aussi vrai le papier de Venance Konan, quoiqu’ayant des dehors melliflus et une teneur moins arrogante aujourd’hui, évoque et manipule sans prudence, mais de manière intéressée, à l’instar des écrits de Seri Bi, les concepts de légalité, de légitimité et de moralité pour qualifier la candidature du ministre Tidjane Thiam à l’élection du président du PDCI prévue. 

Naturellement, comme le chien n'abandonne jamais sa façon déhontée de s'asseoir, le‘’Dobermann politique’’ du pouvoir fait des assertions sans le moindre début de preuve :« apparemment, le franco-ivoirien qu’est Tidjane Thiam avait oublié son côté ivoirien. Il s’en souvient maintenant par pur opportunisme parce que le poste de président du PDCI est à prendre et que ce poste pourrait le conduire dans les années à venir à celui, encore plus prestigieux, de Président de la Côte d’ivoire ». Encore une fois des affirmations péremptoires qui identifient bien Venance Konan. Ce type de personnes qui allèguent des propos avec légèreté, c’est-à-dire, sans prendre la précaution minimum de leur appliquer le doute méthodique.

On se souvient de ce propos, parlant alors de l’opposant Alassane Ouattara : « le tort de la Côte d’ivoire c’est d’avoir confié des responsabilités à un travailleur immigré ». L’homme reconnaîtra plus tard son erreur, seulement quand il eût l’opportunité de vivre dans proximité généreuse du Chef de l’Etat. 

Sans remord, le journaliste ‘’s’endort aujourd’hui dans les délices de Capoue’’.

 Y a-t-il attitude plus immorale ?

 Non! Pour Venance, il est suffisant que ses assertions servent la cause de ses mandants du moment. Sinon, que sait-il des motivations de Tidjane Thiam pour les juger opportunistes ?

Pour l’histoire, Thiam renonce à son travail chez McKinsey en France et accepte le poste de Dg du BENETD, sans salaire. Ces conditions de travail peu idéales, ne l’empêchent pas d’élaborer le projet inédit des 12 piliers de l’éléphant d’Afrique dont les ivoiriens sont aujourd’hui fiers. En 1999, un coup d’état militaire déchire la quiétude du pays. Alors qu’il était déjà dehors et que ses collègues ministres sont aux arrêts, Tidjane revint et se constitue prisonnier par solidarité. Le jeune ministre refusa même le poste de Chef de l’exécutif ivoirien, à lui, proposé par la junte au pouvoir. Il quitta par la suite le pays pour des horizons plus civilisés, devant chercher un travail et assurer la charge de sa famille. Mais, 22 ans plus tard, Venance Konan veut opposer à Tidjane une morale de l’acceptation héroïque du supplice.  

Le ministre aurait dû, pour montrer son attachement au pays, affronter comme un héros la junte militaire. Venance le voulait voir se jeter, sans discernement, dans l’antre du ‘’taureau d'airain’’, du nom donné, par la mythologie grecque, au taureau de fer inventé par Perillos d'Athènes. Les victimes du tyran y étaient enfermées et grillées vivantes, et Leurs cris perçants rappelaient à Phalaris les mugissements du taureau.

Le héros ce n’est pas celui qui ignore l’absurdité du péril. L’héroïsme est plutôt cette attitude morale et éthique qui nous fait prendre conscience de ce que nous représentons pour les autres et de la nécessité de nous préserver pour être demain plus apte à les protéger.  Aujourd’hui Thiam est là, prêt à se mettre à la disposition du PDCI. 

Il apporte son aura et sa respectabilité internationales, son entregent diplomatique, son capital crédit acquis dans ces grandes sociétés où la quête de perfection est la plus impitoyable, la plus extrême. En acceptant de venir en Côte d’ivoire, Tidjane Thiam a probablement fait le choix de vivre dans un état de libre indifférence à l’égard de tous ces biens matériels. La pulsion d’aide et d’empathie paraissent vraiment avoir pris le dessus chez Tidjane ». Autrement, comment s’explique-t-on que l’homme veuille tourner le dos au prestige inestimable des nombreuses sollicitations mondiales dont il est l’objet et les implications matérielles qui s’y rattachent, au charme de son appartenance  au ‘’Dream Cabinet’’ du Forum mondial Davos, à la fascination de son intégration au groupe des experts de haut niveau sur les investissements dans les infrastructures du G20. 

Quelle estimation réelle peut-on avoir du sacrifice que fait un citoyen de la trempe de Tidjane Thiam qui abandonne ces choses substantielles au profit d’un pays, le tien certes, mais, où la  valeur de l’homme se mesure désormais au nombre de Kalachnikov qu’il possède et à sa dextérité à les manipuler.  C’est cela l’abnégation, un acte moral autonome, une maxime de vie que l’on se donne soi-même sous la seule contrainte de sa propre conscience. 

Venance Konan parle encore de la légitimité. Cher Konan, celle-ci qualifie la justesse de nos choix au regard de valeurs plus profondes et universelles. Le don de soi, par exemple ! Elle a aussi un fondement charismatique, elle provient également du caractère hors-norme du leader. C’est-à-dire qu’elle mêle grâce divine et magnétisme personnel. Thiam tire alors sa légitimité des soutiens grandissants à sa candidature, de ces foules qui se lèvent, et qui, à l’unisson, scandent son nom.

Enfin, comme Seri Bi Privat, son jumeau de la pensée, Venance, trouve non-éthique la candidature de Tidjane Thiam, se faisant l’écho de l’argument bien trop populaire que « le petit-fils d’Houphouët n’a pas 10 ans de présence au bureau politique de son parti ». Le confrère reconnait que le banquier ivoirien a intégré le bureau politique du PDCI en 1996. En revanche, chose curieuse, Venance n’a pu dire comment ce dernier en est alors sorti ? En tout état de cause, « on sort dudit bureau politique « en ayant démissionné ou ayant été démis… ». Pour sa crédibilité, ‘’l’investigateur’’, devra brandir une lettre de démission de Thiam ou une décision de sa démission prise par les instances dirigeantes du parti.

Jean Clotaire Tétiali