
APRNEWS: Une Femme aux Commandes du sport au Burkina – Annick Pikbougoum Zingué Ouattara
À Ouagadougou, la décision n’a surpris que par sa rapidité. Moins d’une semaine après la débâcle des Étalons à la CAN 2026, le chef de l’État a signé, le 12 janvier, un décret qui redistribue les cartes au ministère des Sports. À sa tête, une femme, une sportive, une administratrice : Annick Pikbougoum Zingué Ouattara.
Annick Pikbougoum Zingué Ouattara, l’atout technicienne d’un sport en quête de renaissance
Ancienne internationale de handball, professeure d’éducation physique et sportive de classe exceptionnelle, et ex-Directrice nationale du haut niveau, elle hérite d’un portefeuille stratégique et symbolique.
Une praticienne devenue décideuse
Pour nombre d’observateurs du milieu sportif burkinabè, sa nomination s’imposait comme une évidence. « Elle connaît les vestiaires, les salles et les coulisses administratives. C’est une femme de terrain avant tout », résume un ancien cadre du ministère. En effet, avant d’endosser le costume de technocrate, Annick Pikbougoum Zingué Ouattara a longtemps défendu les couleurs du Burkina Faso sur les parquets africains. Cette expérience, rare à ce niveau de responsabilité, lui confère une légitimité naturelle auprès des athlètes et des encadrants, souvent en décalage avec les décideurs politiques.
Son parcours au sein de l’administration sportive burkinabè, notamment comme Directrice nationale du haut niveau, a confirmé son sens de la rigueur et de la planification. « Elle a toujours insisté sur la formation continue, la mise à niveau des entraîneurs et la création d’un véritable vivier de talents », note un proche dossier.
L’après-CAN, un test politique et symbolique
Mais la nouvelle ministre arrive dans un contexte délicat. L’élimination des Étalons en huitièmes de finale lors de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc a laissé un goût amer. Le communiqué de la Fédération burkinabè de football (FBF), reconnaissant une performance « en deçà des attentes », a acté une crise de confiance nationale. Dans un pays où le football cristallise les passions et les rancunes, Annick Pikbougoum Zingué Ouattara devra rassurer, réformer et reconstruire.
Son premier défi : replacer la compétence au cœur du sport, du football à l’athlétisme, en passant par les disciplines moins médiatisées. Plusieurs sources internes évoquent déjà un audit complet des structures, un recentrage sur la performance, et la relance de la filière de détection des jeunes talents.
Inclusion et rayonnement, son credo
Mais la technicienne n’est pas qu’une gestionnaire froide. Son passage à la tête de Special Olympics Burkina Faso, qu’elle a hissé au rang de modèle africain d’inclusion par le sport, a révélé une dirigeante à la fois empathique et pragmatique. Défendant une vision du sport comme outil d’unité nationale, Annick Pikbougoum Zingué Ouattara veut faire du ministère un levier de cohésion sociale.
Récompensée en 2025 pour son engagement en faveur du leadership féminin, elle apparaît aujourd’hui comme la figure d’un renouveau : celle d’un management sportif fondé sur la compétence, la transparence et la proximité avec les acteurs du terrain.
Une mission de salut public
En succédant à Roland Somda, la nouvelle ministre hérite d’un secteur en quête d’orientation claire. Professionnaliser les fédérations, renforcer la gouvernance sportive, attirer des financements privés : autant de chantiers qui tracent les contours d’une mission quasi nationale.
Si son arrivée incarne une reconquête de la crédibilité sportive du Burkina Faso, sa réussite dépendra de sa capacité à s’entourer, à moderniser les pratiques et à transformer la désillusion de la CAN en point de départ d’un nouveau cycle.
Annick Pikbougoum Zingué Ouattara n’a pas seulement été choisie pour faire oublier une élimination. Elle devra redonner au sport burkinabè ce qu’elle a toujours défendu sur les terrains : la dignité dans l’effort et la fierté dans la victoire.
