APRNEWS: Trouble bipolaire (Bipolarité)

APRNEWS: Trouble bipolaire (Bipolarité)

Le trouble maniaco-dépressif, ou trouble bipolaire, affecte environ 1 à 2 % de la population mondiale, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En France, près de 600 000 personnes seraient touchées par ce trouble mental selon la Haute Autorité de Santé (HAS).

Le trouble bipolaire, également appelé trouble maniaco-dépressif, est un trouble de l’humeur caractérisé par des fluctuations extrêmes entre des phases de manie et de dépression. Ces variations d’humeur affectent profondément la vie quotidienne, les relations et la santé mentale des personnes malades. Souvent mal compris et diagnostiqué, le trouble bipolaire nécessite une prise en charge adaptée pour stabiliser les humeurs et améliorer la qualité de vie des personnes concernées.

Définition : être bipolaire, en quoi cela consiste ?

Un trouble maniaco-dépressif marqué par des phases montantes et descendantes

Le trouble bipolaire, également connu sous le nom de trouble maniaco-dépressif, est un trouble mental caractérisé par des fluctuations extrêmes de l’humeur, alternant des phases de manie ou d’hypomanie et des épisodes de dépression profonde.

Durant les phases maniaques, les individus peuvent se sentir euphoriques, hyperactifs, avoir une estime de soi démesurée et adopter des comportements impulsifs ou risqués. En revanche, durant les périodes dépressives, ils ressentent une tristesse intense, un manque d’énergie, une perte d’intérêt pour leurs activités habituelles et des pensées suicidaires. Ces changements d’humeurpeuvent être sévères, imprévisibles et avoir un impact important sur la vie personnelle, professionnelle et sociale de la personne.

Le trouble bipolaire peut se présenter sous différentes formes ou types. Sa gestion repose généralement sur une combinaison de traitements médicamenteux et psychothérapeutiques pour stabiliser les humeurs du patient et faciliter son quotidien.

Trouble bipolaire : image d'un homme souffrant d'un trouble biplaire

Quels sont les différentes types de bipolarité ?

Il existe plusieurs types de trouble bipolaire, chacun ayant des caractéristiques distinctes :

  • Trouble bipolaire de type I : il se caractérise par des états maniaques intenses qui durent au moins une semaine et peuvent nécessiter une hospitalisation, souvent suivis de périodes de dépression. Ces épisodes peuvent être extrêmement perturbateurs et entrainent une dégradation important de la qualité de vie du patient.
  • Trouble bipolaire de type II : ce type de bipolarité se distingue par des épisodes d’hypomanie, une forme plus légère de manie, alternant avec des épisodes de dépression majeure. Bien que les épisodes d’hypomanie soient moins sévères, la phase dépressive du type II peut être très intense et invalidante.
  • Cyclothymie : c’est une forme plus légère et chronique de trouble bipolaire, caractérisée par des épisodes d’hypomanie et de dépression légère, qui durent pendant au moins deux ans. Les symptômes sont moins graves que pour le trouble bipolaire de type I ou II, mais ils sont persistants et peuvent altérer la qualité de vie.
  • Trouble bipolaire non spécifié : ce diagnostic est utilisé lorsque les symptômes de trouble bipolaire sont présents mais ne correspondent pas exactement aux critères des types I, II ou cyclothymique. Les variations d’humeur sont significatives, mais ne suivent pas un schéma clair.

Ces différents types de troubles bipolaires nécessitent des stratégies de traitement spécifiques et un suivi adapté pour stabiliser les variations d’humeur.

Bipolarité et troubles de l’humeur : quels sont les symptômes de la maladie ?

On distingue deux types de symptômes de la maladie : les symptômes associés à la phase maniaque et le symptômes associés à la phase dépressive.

Symptômes de la phase maniaque

Durant la phase maniaque, la personne ressent une élévation anormale et persistante de son humeur, de son énergie et de son activité. Les symptômes associés à cette phase incluent notamment :

  • Humeur exagérément euphorique ou irritable.
  • Augmentation de l’énergie et de l’activité, souvent dirigée vers des projets nombreux et irréalistes. Hyperactivité.
  • Réduction du besoin de sommeil, la personne peut se sentir reposée après seulement quelques heures de sommeil.
  • Discours rapide et logorrhée (parole excessive).
  • Pensées qui fusent et difficultés à se concentrer. (TDAH)
  • Comportements impulsifs ou imprudents, comme des dépenses excessives, des prises de risques inconsidérés, des comportements sexuels à risque, etc.
  • Surestimation de soi ou idées de grandeur, croyant souvent avoir des capacités ou un pouvoir exceptionnel.
  • Irritabilité ou agressivité lorsque leurs projets ou idées sont contrariés.

Dans une forme moins intense de manie, appelée hypomanie, les symptômes sont similaires mais moins marqués, et ils n’entraînent pas toujours de perturbations majeures dans la vie sociale ou professionnelle.

Symptômes de la phase dépressive

La phase dépressive est caractérisée par une humeur basse, souvent associée à une perte d’intérêt et de plaisir. Les symptômes de cette phase impliquent :

  • Humeur dépressive quasi permanente, sentiment de grande tristesse ou de vide.
  • Perte d’intérêt ou de plaisir pour les activités autrefois appréciées.
  • Fatigue excessive ou perte d’énergie.
  • Troubles du sommeil, comme l’insomnie ou au contraire un sommeil excessif.
  • Perte ou gain de poids significatif sans régime particulier, ou changements dans l’appétit.
  • Difficulté à se concentrer, à prendre des décisions, ou lenteur de pensée.
  • Sentiments de culpabilité, de dévalorisation ou d’impuissance.
  • Pensées suicidaires ou idées de mort récurrentes.

En cas de suspicion de trouble bipolaire, nous vous recommandons de consulter votre médecin généraliste ou un psychiatre : la maladie doit être rapidement diagnostiquée et traitée afin d’éviter toute aggravation du trouble. Un trouble bipolaire non contrôlé peut rapidement dégénérer et entrainer une dégradation de la santé mentale de la personne malade, augmentant le risque de suicide.

Causes et facteurs de risques : qu’est ce qui déclenche un trouble bipolaire ?

Les causes du trouble bipolaire sont complexes et impliquent une combinaison de facteurs génétiques, biologiques et environnementaux.

Sur le plan génétique, une prédisposition héréditaire existe : les personnes ayant des antécédents familiaux de trouble bipolaire ou d’autres troubles de l’humeur présentent un risque plus élevé de développer la maladie.

Sur le plan biologique, des déséquilibres de production, libération ou régulation de certaines substances chimiques dans les neurotransmetteurs du cerveau, comme la sérotonine, la dopamine et le glutamate, sont impliqués dans les variations d’humeur caractéristiques du trouble.

En plus de ces facteurs, des événements stressants de la vie, tels que des traumatismes, des décès ou des situations de stress chronique, peuvent constituer des éléments déclencheurs ou aggravants des épisodes maniaques ou dépressifs chez les individus prédisposés.

Enfin, certaines habitudes de vie, comme un rythme de sommeil perturbé ou l’abus de substances nocives (consommation d’alcool, ou de cannabis) peuvent aussi contribuer à l’apparition des symptômes.

Soigner un trouble bipolaire : quel traitement choisir ?

Le traitement du trouble bipolaire repose principalement sur une démarche d’accompagnent psychologique, généralement associée à des médicaments. Les deux approches sont complémentaires et permettent de gérer au mieux les symptômes et désagréments de la maladie au quotidien.

Les stabilisateurs de l’humeur, comme le lithium, sont prescrits pour prévenir les épisodes maniaques et dépressifs, tandis que les antipsychotiques sont nécessaires en cas de manie sévère. Parfois, des antidépresseurs sont prescrits pour traiter les phases dépressives, mais toujours en association avec un stabilisateur de l’humeur pour éviter de déclencher une manie.

La psychothérapie joue un rôle important dans le processus de guérison de la personne malade. Elle l’aide à mieux comprendre son trouble et à développer des stratégies pour gérer ses symptômes au quotidien. La thérapie cognitivo-comportementale, par exemple, permet au patient de modifier ses schémas de pensée négatifs, tandis que la régulation des routines quotidiennes, comme le sommeil et l’alimentation, aide à stabiliser l’humeur.

Enfin pour limiter les risques de rechute, la consommation de substances novices comme l’alcool et les drogues (notamment psychotropes) est procrite.

Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en psychiatrie au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.

Pour obtenir un diagnostic médical précis et correspondant à votre cas personnel ou en savoir davantage sur votre pathologie, nous vous rappelons qu’il est indispensable de consulter un médecin.

Vous trouverez ci-dessous la liste des psychiatres exerçant au sein des hôpitaux privés ELSAN, et disposés à vous recevoir en rendez-vous. 

Catégories
Étiquettes
Partager ceci

Commentaires

Mots-clés (0)