
APRNEWS: Tidjane Thiam victime du syndrome Karim Wade ?
La situation politique en Côte d'Ivoire, à l'approche de l'élection présidentielle d'octobre 2025, est marquée par des tensions et des incertitudes, notamment autour de la candidature de Tidjane Thiam, président du PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire). Les débats sur la nationalité de Tidjane Thiam n'a pas de problème de nationalité
Contexte de la candidature de Tidjane Thiam
Question de la double nationalité
Tidjane Thiam, ancien directeur général du Crédit Suisse, a récemment entamé une procédure de renonciation à sa nationalité française, qu’il a acquise en 1981. Cette démarche, jugée tardive par certains, soulève des questions sur son éligibilité à la présidentielle ivoirienne. En effet, la loi électorale ivoirienne interdit aux candidats de détenir une double nationalité au moment du dépôt de leur dossier.
Parallèle avec Karim Wade
La situation de Tidjane Thiam rappelle celle de Karim Wade, fils de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, qui a été disqualifié de la présidentielle sénégalaise de 2024 en raison de sa double nationalité française. Ce précédent alimente les craintes au sein du PDCI que Thiam ne subisse le même sort.
Réactions au sein du PDCI
Bien que le PDCI affirme que Tidjane Thiam n’a pas de problème de nationalité, des voix internes, comme celle de Gnamien Yao, vice-président chargé des grandes conférences, appellent à la prudence et à l’attention aux « signaux faibles ». Cette division interne pourrait affaiblir la position du parti.
Enjeux pour le PDCI
Absence de plan B
Contrairement au PASTEF sénégalais, qui avait préparé un plan B en cas de disqualification de son candidat Ousmane Sonko, le PDCI ne semble pas avoir de candidat de remplacement. Cela expose le parti à un risque majeur si Tidjane Thiam est effectivement disqualifié.
Processus de renonciation à la nationalité française
La procédure de renonciation à la nationalité française est longue et complexe. Une fois la renonciation effective, Tidjane Thiam devra demander sa réintégration dans la nationalité ivoirienne, ce qui nécessite un décret présidentiel. Ce processus pourrait ne pas être achevé à temps pour le dépôt des candidatures.
Impact sur la campagne électorale
Les incertitudes autour de la candidature de Tidjane Thiam pourraient distraire le PDCI de la préparation de sa campagne et affaiblir sa position face au parti au pouvoir, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP).
Contexte politique plus large
Laurent Gbagbo et les autres candidats
L’ancien président Laurent Gbagbo, toujours populaire auprès d’une partie de l’électorat, pose des conditions pour une élection apaisée, notamment son inscription sur la liste électorale. Ses partisans menacent de perturber le scrutin s’il n’est pas autorisé à participer. D’autres figures, comme Charles Blé Goudé et Guillaume Soro, font également face à des obstacles juridiques qui pourraient compromettre leurs candidatures.
Rôle de la Commission électorale indépendante (CEI)
La CEI est sous pression pour publier les listes électorales et trancher les contentieux. L’opposition réclame un audit des listes, ce que le gouvernement refuse. Les décisions de la CEI seront cruciales pour la crédibilité du processus électoral.
Silence d’Alassane Ouattara
Le président Alassane Ouattara, bien qu’ayant exprimé sa volonté de continuer à servir son pays, reste silencieux sur ses intentions pour 2025. Ce flou alimente les spéculations sur une éventuelle candidature ou sur la désignation d’un successeur au sein du RHDP.
Perspectives et risques
Scénario à la sénégalaise
Si Tidjane Thiam est disqualifié en raison de sa double nationalité, le PDCI pourrait se retrouver sans candidat, ce qui affaiblirait considérablement l’opposition et avantagerait le RHDP.
Tensions sociales et politiques
Les incertitudes autour des candidatures de figures majeures comme Tidjane Thiam, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro risquent d’exacerber les tensions politiques et sociales en Côte d’Ivoire, surtout si des candidats populaires sont exclus du scrutin.
Credibilité du processus électoral
La manière dont la CEI gérera les contentieux et les inscriptions sur les listes électorales sera déterminante pour la légitimité de l’élection. Tout manquement pourrait entraîner des contestations et des violences post-électorales.
Conclusion
La candidature de Tidjane Thiam à la présidentielle ivoirienne de 2025 est entourée d’incertitudes, notamment en raison de sa double nationalité française. Les parallèles avec l’affaire Karim Wade au Sénégal soulignent les risques juridiques et politiques auxquels il est confronté. Cette situation, combinée aux défis posés par d’autres figures politiques comme Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, rend le paysage électoral ivoirien particulièrement complexe et volatile. La crédibilité du processus électoral et la stabilité du pays dépendront en grande partie de la capacité des institutions à gérer ces tensions de manière transparente et équitable.