APRNEWS: Terrorisme – Mahou en péril – Le couloir vers la Côte d’Ivoire s’ouvre-t-il ?

APRNEWS: Terrorisme – Mahou en péril – Le couloir vers la Côte d’Ivoire s’ouvre-t-il ?

La capture de Mahou, une base clé située dans le sud du Mali, par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) le 5 juin 2025, ouvre la voie à une expansion djihadiste menaçant directement la Côte d'Ivoire. Cette défaite rapide et humiliante marque un changement majeur dans la situation sécuritaire du Mali, mettant en évidence la vulnérabilité du pays face à une menace djihadiste bien organisée et ambitieuse. Mahou, qui jouait un rôle crucial en surveillant les passages frontaliers et en protégeant la région agricole clé de Sikasso, était également un hub logistique essentiel pour l'armée malienne. La perte de Mahou met en évidence les faiblesses des forces armées maliennes en termes de motivation, de formation et de logistique, soulignant une crise profonde au sein de l'armée face à une menace djihadiste de plus en plus agressive.

La base stratégique de Mahou est tombé: l’effondrement du Sud malien ouvre un couloir vers la Côte d’Ivoire.

Le Mali s’enfonce dans une spirale de chaos. Ce jeudi 5 juin 2025, le camp militaire de Mahou, verrou stratégique de la région de Sikasso, à quelques encablures de la frontière ivoirienne, est tombé à l’aube sous les assauts fulgurants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Cette déroute, aussi rapide qu’humiliante, marque un tournant dans l’expansion djihadiste au Mali et ouvre un couloir menaçant directement la Côte d’Ivoire. Le Sud, jusque-là sanctuaire relatif, n’est plus à l’abri. Bamako tremble. Abidjan est en alerte.

La chute de Mahou : un séisme militaire. À l’aube du 5 juin 2025, le camp de Mahou, situé dans la région agricole clé de Sikasso, a été submergé par une attaque éclair du JNIM. En moins d’une heure, les forces maliennes (FAMa) ont capitulé sans opposer de résistance significative. Comme à Boulkessi, les assaillants ont ouvert un corridor d’évacuation, laissant les soldats fuir, tandis que les rares résistants ont été exécutés sur place. Une vidéo diffusée par le JNIM montre ses combattants paradant dans le camp, inspectant un arsenal impressionnant de matériel militaire saisi: véhicules, armes, munitions. Le message est limpide: le Sud malien n’est plus un rempart. Cette attaque s’inscrit dans une série d’offensives audacieuses du JNIM, qui a déjà frappé Dioura, Boulkessi, Tessit, Tombouctou, Koulikoro, Ansongo et Sirakola. Loin d’être un incident isolé, la chute de Mahou confirme l’expansion méthodique du groupe, désormais capable de frapper au cœur du sud, à proximité de Bamako. Ce revers expose une vérité brutale : le Mali, fragilisé par des années de crises, perd pied face à une menace djihadiste plus organisée et ambitieuse que jamais.

Mahou, un verrou stratégique du Sud malien. Une position géographique cruciale Niché à quelques dizaines de kilomètres des frontières ivoirienne et burkinabè, Mahou était un poste avancé essentiel pour surveiller les corridors transfrontaliers, véritables artères des trafics illicites–armes, drogue, or – et des mouvements de groupes armés. Sa chute fracture la zone tampon entre le sud malien, relativement stable, et le centre-nord, en proie à l’insurrection depuis une décennie. La proximité avec le Burkina Faso, où le JNIM a multiplié les attaques en mai 2025 (Djibo, Solé), accentue l’urgence d’une coopération régionale. Mais les tensions diplomatiques, marquées par le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, compliquent toute réponse coordonnée. Rempart du grenier malien. Sikasso, poumon agricole du Mali, est vitale pour la sécurité alimentaire du pays. La base militaire de Mahou jouait un rôle de bouclier, protégeant cette région densément peuplée des incursions djihadistes. Sa perte expose des villes comme Sikasso, Koutiala, et même Bamako à une insécurité croissante, menaçant les circuits d’approvisionnement essentiels à la survie du pays.

Une base logistique clé. Garnison pour des unités d’infanterie légère et motorisée, Mahou servait aussi de nœud logistique pour le ravitaillement en vivres, carburant et munitions, ainsi que pour la réorganisation des troupes après des combats dans le centre (Ségou, Mopti, San). La saisie par le JNIM d’un arsenal conséquent, comme montré dans leurs vidéos de propagande, renforce leur puissance de feu, déjà alimentée par des captures similaires à Boulkessi et Tessit. Une vulnérabilité structurelle . La déroute de Mahou révèle les failles béantes des FAMa : manque de motivation, formation inadéquate, logistique défaillante. La rapidité de l’attaque, couplée à l’absence de résistance, reflète une crise profonde au sein de l’armée malienne, incapable de contrer la planification minutieuse du JNIM, déjà démontrée à Tombouctou (attaque au centre-ville) et Boulkessi (plus de 100 morts revendiqués).

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