
APRNEWS: Simone Ehivet Gbagbo – Pourquoi elle garde le nom malgré le divorce ?
Simone Ehivet Gbagbo, lors d'une interview avec Brut, a partagé qu'elle était divorcée mais qu'elle ne voyait aucun inconvénient à conserver le nom Gbagbo, qu'elle a porté pendant 50 ans. Elle explique que les électeurs ivoiriens et les personnes à l'étranger l'identifient par ce nom, ce qui rend plus pratique pour elle de le garder.
Simone Ehivet Gbagbo : le choix du nom, une histoire de parcours politique et d’identité
Dans une interview accordée à Brut, Simone Ehivet Gbagbo confirme sans détour : « Je suis divorcée, c’est vrai. Mais cela ne me dérange pas de garder le nom Gbagbo. J’ai porté ce nom pendant cinquante (50) ans. Les électeurs m’identifient par ce nom. Les Ivoiriens, ainsi que toutes les personnes qui me connaissent à l’étranger, m’identifient sous ce nom. C’est donc plus commode de le garder. »
Ce choix n’est pas seulement affaire de commodité. Il témoigne du poids de l’histoire partagée avec Laurent Gbagbo, compagnon de lutte et d’engagement depuis près d’un demi-siècle. Ensemble, ils ont milité dès les années 1980 pour l’avènement du multipartisme, avant de régner sur le pays pendant une décennie.
Le divorce officialisé le 29 juin 2023, après une séparation de fait entamée il y a plusieurs années, marque la fin d’un tandem emblématique de la scène politique ivoirienne. Selon les avocats de Simone Gbagbo, la procédure a mis en avant « le caractère notoire et répété de l’adultère, l’abandon du domicile conjugal et des manquements graves de Laurent Gbagbo ». De son côté, le camp de l’ex-président invoque des années de refus d’une séparation à l’amiable par Simone Gbagbo, évoquant la nécessité de clarifier des statuts personnels et politiques désormais séparés.
Ce divorce intervient aussi dans un contexte de recomposition politique. Les Gbagbo ont chacun fondé leur propre formation : le PPA-CI pour Laurent, le Mouvement des Générations Capables (MGC) pour Simone, aujourd’hui candidate déclarée à l’élection présidentielle de 2025. Leur distanciation sur la scène publique s’est cristallisée par la question du nom, objet de controverses : le parti de Laurent Gbagbo, « PPA-CI », a officiellement marqué son opposition à la présence du nom Gbagbo sur la liste électorale, jugeant injustifiée l’utilisation de ce patronyme pour une campagne politique distincte. Simone, fidèle à son attachement historique, continue cependant de revendiquer et défendre ce nom, qui est, dit-elle, « celui sous lequel les Ivoiriens la connaissent et l’identifient ».
Au-delà des considérations intimes, ce choix renforce son image et sa notoriété : celle de « l’Iron Lady », ardente défenseure d’une Côte d’Ivoire souveraine et réconciliée, fidèle à son passé mais indépendante dans ses engagements futurs.
