APRNEWS: Samia Suluhu Hassan couronnée ‘Tyrane de l’Année’ par une organisation britannique

APRNEWS: Samia Suluhu Hassan couronnée ‘Tyrane de l’Année’ par une organisation britannique

APRNEWS – 11 janvier 2026 Cinq ans après avoir incarné l’espoir d’une transition apaisée à la tête de la Tanzanie, la présidente Samia Suluhu Hassan fait aujourd’hui face à un retournement d’image saisissant.

L’ONG britannique Index on Censorship l’a désignée « Tyran de l’année 2025 », un prix satirique censé attirer l’attention sur la dégradation des libertés publiques dans certains pays.

Au terme d’un vote en ligne, la dirigeante tanzanienne a devancé d’autres candidats controversés, dont Donald Trump, Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine. La directrice de l’organisation, Jemimah Steinfeld, explique que ce vote vise à « pointer les dirigeants qui, au cours de l’année écoulée, ont sérieusement endommagé le paysage du libre débat dans leur pays ».

Un tournant autoritaire après 2025

La critique intervient dans un contexte politique tendu. À l’approche de la présidentielle d’octobre 2025, plusieurs ONG et observateurs internationaux avaient dénoncé une multiplication des arrestations d’opposants, des restrictions d’accès à Internet, ainsi que la répression violente de manifestations dans plusieurs villes du pays.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avait, en décembre, fait part de sa « préoccupation face à la montée des violences d’État » après l’élection contestée.

Ces événements tranchent avec l’image d’ouverture qu’avait initialement renvoyée Mme Hassan, arrivée au pouvoir en mars 2021 après le décès de son prédécesseur John Magufuli. Première femme à diriger le pays, elle avait alors promis un dialogue politique renouvelé et un climat plus favorable à la liberté de la presse.

De « mère de la nation » à symbole de répression

« Ce prix est évidemment symbolique, mais il oublie ce qu’elle représentait pour beaucoup de Tanzaniens à ses débuts », souligne une journaliste de Dar es Salaam. Au sein de la société civile, certains saluent néanmoins une mise en lumière qui reflète « le poids de la colère et de l’activisme de la jeune génération », analyse Alex Vines, directeur du programme Afrique au European Council on Foreign Relations.

La militante Maria Sarungi Tsehai, figure de la contestation tanzanienne, estime pour sa part que ce vote « remet la lumière sur des violations souvent passées sous silence par la communauté internationale ». Elle rappelle que Mme Hassan était la seule femme en lice pour cette distinction au vitriol.

Une présidence sous pression

Alors que le gouvernement reste silencieux sur la désignation controversée, la presse indépendante continue de subir des pressions. Depuis un an, plusieurs médias en ligne ont été suspendus, et des journalistes brièvement détenus pour avoir « diffusé de fausses informations ».
Pour nombre d’observateurs, cette dérive marque la fin d’une parenthèse d’ouverture politique. « Samia Suluhu Hassan avait promis d’écouter. Elle a choisi de contrôler », résume un universitaire tanzanien préférant garder l’anonymat.

 

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