APRNEWS: Saddam Mobutu, le fils redouté du maréchal

APRNEWS: Saddam Mobutu, le fils redouté du maréchal

Fils du président Mobutu Sese Seko et de Marie-Antoinette Gbiatibwa, Ndolo Mathieu Kongulu Mobutu, plus connu sous le surnom de Saddam Mobutu, a marqué les dernières années du régime zaïrois par son influence, sa brutalité et sa proximité avec les cercles du pouvoir.

 Né le 21 avril 1970, à la veille de la « zairianisation », il grandit dans l’ombre d’un père qui avait érigé l’autorité en principe suprême.

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Élevé au camp Tshatshi, au cœur du dispositif sécuritaire du régime, il développe très tôt une réputation de dureté qui lui vaut le surnom de Gang puis de Vatican, en référence à son autonomie et à son emprise sur les affaires du pouvoir. Après une formation militaire à l’École de formation des officiers de Kananga, il intègre la Division spéciale présidentielle (DSP), redoutable garde prétorienne du maréchal Mobutu.

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Sa brutalité lui vaut bientôt un autre surnom : Saddam Hussein., en hommage ironique au dirigeant irakien dont il partageait, dit-on, le tempérament autoritaire. Dans la capitale, son nom inspire la crainte : il était connu pour régler ses différends par la force plutôt que par les voies légales.

Héritier du pouvoir et des privilèges du clan Mobutu, Kongulu dirigea plusieurs sociétés publiques et privées, notamment dans le transport, l’importation et le divertissement, dont la société Yoshad. Les enquêtes étrangères l’accusent d’avoir participé, dans les années 1990, au détournement d’or vers la Gambie, selon une investigation de la chaîne allemande ZDF. Passionné de musique, il avait également une forte influence sur le groupe populaire Wenge Musica BCBG, symbole de la jeunesse kinoise de l’époque.

Lorsque la rébellion de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) atteint Kinshasa en mai 1997, Kongulu tente de défendre le régime paternel à la tête de quelques unités de la DSP. Son nom est cité, sans preuves concluantes, dans la mort du général Donatien Mahele, alors ministre de la défense, tué aux derniers jours de la chute. Le 17 mai 1997, il est le dernier membre influent du régime à quitter la capitale, avant de se réfugier à Brazzaville. Sa résidence fut aussitôt pillée par des civils et des rebelles.

Exilé après la chute du Zaïre, il assiste aux funérailles de son père au Maroc avant de mourir à Monaco le 24 septembre 1998, à 28 ans. Les causes exactes de son décès restent incertaines, certaines sources évoquant le sida. Figure controversée d’un régime finissant, Saddam Mobutudemeure un symbole des excès d’une époque où loyauté, richesse et violence se confondaient.

 

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