APRNEWS: RHDP – Une machine électorale imparable écrase l’opposition en Côte d’Ivoire

APRNEWS: RHDP – Une machine électorale imparable écrase l’opposition en Côte d’Ivoire

Le RHDP écrase l'opposition aux élections législatives ivoiriennes de 2025. Les résultats partiels publiés par la Commission électorale indépendante (CEI) confirment une domination absolue du parti au pouvoir, qui franchit déjà la barre des 128 sièges nécessaires à la majorité absolue à l'Assemblée nationale.​

Domination du RHDP sur le terrain

Le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a déployé une machine électorale impressionnante lors de la campagne du 19 au 26 décembre, couvrant toutes les 255 circonscriptions du pays, contrairement à ses rivaux. Des scores écrasants sont enregistrés dans ses bastions du Nord, comme 99,96% à Siné, 99,92% à Korhogo, et 100% à Boundiali et Odienné, tandis que les candidats RHDP, incluant des figures comme le Premier ministre Robert Beugré Mambé ou le ministre de la Défense Téné Birahima Ouattara, ont mobilisé massivement les électeurs. Cette vague orange a rendu l’opposition « pratiquement invisible », selon les observateurs sur le terrain.

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Faiblesse et divisions de l’opposition

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), principal rival, subit un recul sévère, perdant plusieurs sortants dans des circonscriptions clés malgré une tentative d’unité. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a boycotté le scrutin, arguant d’un manque de conditions crédibles, ce qui a fragmenté davantage les rangs anti-RHDP. Avant le vote, des voix au sein du RHDP qualifiaient déjà l’opposition d' »KO avant l’heure », minée par ses divisions post-présidentielle.

Enjeux pour la Côte d’Ivoire

Cette victoire consolide la majorité RHDP à l’hémicycle, permettant au président Alassane Ouattara, réélu en octobre 2025, de poursuivre son programme de développement sans entraves. Les résultats quasi complets, annoncés dès le 28 décembre, soulignent une adhésion populaire massive aux projets houphouëtistes, malgré les critiques d’une opposition en impasse. Le scrutin s’est déroulé dans un calme relatif, renforçant l’image d’une démocratie ivoirienne stabilisée sous l’ère Ouattara.

Tableau comparatif (sélection)

Circonscription RHDP (%) Opposition (PDCI/autres) (%) Source
Korhogo 99,92 <1
Boundiali 100 0
Siné 99,96 <1
Abidjan (est.) ~75 ~20 (PDCI)
Man ~65 ~30 (PDCI)

Ces chiffres illustrent une adhésion populaire forte au pouvoir en place, malgré les divisions opposantes, consolidant la mainmise houphouëtiste sur l’Assemblée. Les résultats définitifs attendus fin décembre valideront cette vague orange.

LE PDCI -RDA en déclin

Le PDCI-RDA connaît un déclin progressif de ses sièges aux législatives ivoiriennes depuis 2011, passant d’environ 120 sièges en 2011 à moins de 30 estimés en 2025, avec des pertes nettes récurrentes malgré des alliances sporadiques.

Évolution des sièges

  • 2011 : PDCI autour de 120 sièges dans une coalition pro-Ouattara post-crise, profitant de son héritage historique au Sud et Centre.

  • 2021 : Chute à 89 sièges, malgré une alliance avec le PPA-CI qui lui avait permis 40 sièges bonus ; le RHDP remporte 137.

  • 2025 : Moins de 30 sièges projetés, avec présence limitée à 163 candidats sur 255 circonscriptions, absent du Nord et affaibli au Sud.

Cette trajectoire ne reflète pas exactement une perte fixe de 20 sièges par scrutin, mais un effritement cumulatif d’au moins 90 sièges sur 14 ans.

Causes principales

Les divisions internes et la rupture de l’alliance pro-pouvoir en 2016 ont isolé le PDCI face au RHDP, qui domine le Nord et mobilise mieux via ses ressources étatiques. L’absence de financement public, les boycotts alliés comme celui du PPA-CI en 2025, et une stratégie de concentration sur des bastions sudistes (Abidjan, Marcory) limitent sa présence nationale, aggravée par une faible participation électorale (20% en 2021 à Marcory). Tidjane Thiam dénonce un processus biaisé (listes électorales non révisées, pressions), mais le parti peine à renouveler ses militants face à la machine RHDP omniprésente.

Conséquences politiques

Ce reflux marginalise le PDCI à l’Assemblée, empêchant toute « minorité de blocage » et facilitant les réformes RHDP sans opposition structurée. Le parti risque une crise identitaire sous Thiam, avec des sortants non reconduits et une dépendance accrue aux alliances locales (FPI à Yopougon), affaiblissant son rôle de contre-pouvoir historique. À long terme, cela consolide la suprématie houphouëtiste d’Ouattara, réélu en 2025, au risque d’une opposition atomisée et d’un débat public appauvri.

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