
APRNEWS: Quand l’honneur d’une ex-Première dame est en jeu – l’affaire du documentaire ‘Thérèse et Mandela’
La famille de Marie-Thérèse Houphouët-Boigny porte plainte contre le journaliste Serge Bilé pour diffamation suite à la diffusion de son documentaire « Thérèse et Mandela » le 15 novembre 2025 sur une chaîne privée ivoirienne.
L’ex-Première dame de Côte d’Ivoire dément catégoriquement les allégations d’une idylle ou de visites régulières à Nelson Mandela après son divorce en 1996. Cette polémique oppose la préservation de la vie privée d’une figure historique aux ambitions documentaires du journaliste franco-ivoirien.
Contexte du documentaire
Le film de 52 minutes explore principalement les relations secrètes entre la Côte d’Ivoire et l’Afrique du Sud sous l’apartheid, via le rôle de Félix Houphouët-Boigny, avant de consacrer ses 10 derniers pourcents à Marie-Thérèse. Serge Bilé y évoque une invitation de Mandela à l’ex-Première dame en 1996, alors veuve, et des visites pour se rapprocher de lui, devenu célibataire, avant son remariage avec Graça Machel en 1998.
Le documentaire met en scène John Fashanu, ex-beau-fils de Marie-Thérèse et ambassadeur Unicef en Afrique du Sud, comme intermédiaire via sa proximité avec une fille de Mandela.
Absence de consentement
Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, 95 ans, n’a jamais été contactée ni autorisé la diffusion, qualifiant les insinuations de « tendancieuses ». Son entourage invoque une diffamation portant atteinte à son honneur et à son legs diplomatique, avec plainte déposée pour ces faits diffusés le 15 novembre 2025.
Réactions de la famille
Marie-Thérèse Houphouët-Boigny, âgée de 95 ans, affirme n’avoir effectué qu’une visite privée en Afrique du Sud pour un mariage familial, où une rencontre avec Mandela alors malade lui fut proposée mais n’eut jamais lieu. Elle nie tout contact autorisé avec Bilé et qualifie les insinuations de « tendancieuses », portant atteinte à sa dignité et à son combat pour les droits des femmes africaines.
Son entourage dénonce une violation de la vie privée et l’absence d’accord préalable, annonçant des poursuites judiciaires à son retour de Genève.
Démentis des intermédiaires
Melissa Kassa-mapsi et Amal Fashanu, liée à John Fashanu, nient toute interview accordée à Serge Bilé. Les séquences vidéo de Fashanu présentées comme un témoignage proviennent de médias sociaux antérieurs, sans lien avec le film, qualifié de « méprisant » et manipulatoire.
Amal Fashanu appelle les autorités ivoiriennes à sanctionner le journaliste, soulignant la déception d’un professionnel réputé.
Allégations sur les rencontres
Bilé affirme que Madame Marie-Thérèse FHB a été invitée par Mandela en 1996 via John Fashanu, son ex-beau-fils et ambassadeur Unicef en Afrique du Sud, présenté comme intermédiaire grâce à ses liens avec une fille de Mandela. La famille conteste cette version, affirmant qu’une unique visite privée familiale eut lieu, sans rencontre effective avec Mandela qui était alors malade.
Réponse de Serge Bilé
Le journaliste réagit sur les réseaux sociaux le 18 novembre, évoquant un précédent gain de 12 000 € en 2007 contre France Télévisions pour avoir contesté son sérieux sur « Noirs dans les camps nazis ». Il voit les critiques comme une remise en cause de son travail historique sur l’héritage diplomatique ivoirien.
Bilé défend son approche comme un effort pour éclairer les jeunes générations sur une histoire méconnue, sans confirmer de poursuites en cours.
