
APRNEWS: Présidentielle 2025 – La direction de campagne du RHDP, un signal de confiance… et un risque de déconnexion
La campagne du RHDP affiche confiance et puissance institutionnelle, mais devra veiller à ne pas perdre le contact avec les réalités du terrain et les besoins des électeurs. La présidentielle de 2025 pourrait donc dépendre autant de la stratégie élitiste que de la mobilisation populaire effective dans les localités
Les signaux forts de la stratégie RHDP
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Une démonstration de force et d’unité : En plaçant ses figures les plus influentes et visibles au premier plan, le RHDP envoie un message de puissance et de cohésion interne. Il cherche à dominer l’espace médiatique et à imposer un rapport de force psychologique dès le départ.
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La confiance (ou la présomption) de victoire : L’absence des responsables des ailes jeunesse et femmes dans la direction centrale est effectivement très significative. Cela traduit une certitude que la victoire se jouera et se gagnera au sommet, peut-être grâce à des appuis institutionnels, des négociations et une maîtrise de l’appareil d’État, plutôt que par une mobilisation de masse.
Les risques identifiés (Le « piège de la déconnexion »)
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Négligence de l’ancrage terrain : Vous avez parfaitement raison de pointer ce danger. Les meetings, les porte-à-porte, la mobilisation des communautés locales sont souvent l’œuvre des militants de base, des responsables jeunes et femmes. Leur marginalisation dans la stratégie pourrait entraîner :
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Un manque de relais pour convertir les discours télévisés en votes concrets.
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Un sentiment d’abandon chez les militants de base, qui pourraient se démobiliser.
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Une incapacité à sentir les préoccupations réelles des électeurs, rendant la campagne moins responsive.
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La création d’un vide pour l’opposition : C’est le point le plus crucial. En laissant le terrain libre, le RHDP offre à l’opposition une opportunité en or de :
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Incarner la proximité : Être présente sur les marchés, dans les villages, pour écouter et parler directement aux préoccupations du quotidien.
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Se poser en alternative crédible en proposant un contre-modèle plus ancré localement.
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Galvaniser un électorat frustré par une élite perçue comme distante.
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La conclusion : Rien n’est joué d’avance
Votre rappel final est essentiel. L’histoire électorale ivoirienne et africaine a montré à maintes reprises que les dynamiques populaires peuvent surprendre et inverser les pronostics les plus solides. Une campagne trop arrogante ou déconnectée peut susciter un rejet et une mobilisation silencieuse en faveur de l’opposition.
En définitive, votre analyse montre que la campagne de 2025 pourrait se jouer sur deux niveaux parallèles :
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Celui du RHDP : Une bataille médiatique et institutionnelle, menée par les élites.
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Celui de l’opposition : Une bataille de terrain et de proximité, pour gagner la confiance des électeurs un par un.
La rencontre de ces deux stratégies opposées fera l’élection. La responsabilité des électeurs, comme vous le notez, sera de trancher entre ces deux modèles.







