
APRNEWS: Plus de 100 morts dans l’opération ‘Absolute Resolve’ pour capturer Maduro
Caracas, 8 janvier 2026 – Le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, a porté à 100 le bilan humain de l’opération militaire américaine du 3 janvier, qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro. Blessé à une jambe, le président déchu et son épouse Cilia Flores, touchée à la tête, se remettraient dans un hôpital de la capitale.
Cette escalade marque un tournant dans la crise vénézuélienne, ravivant les tensions géopolitiques en Amérique latine.
Bilan macabre et divergences
L’annonce de Diosdado Cabello, bras droit historique du chavisme, fait état de « 100 morts et un nombre similaire de blessés », un chiffre qui dépasse largement les premières estimations de 40 victimes rapportées par des médias occidentaux. Les frappes, menées dans la nuit du 2 au 3 janvier autour de Caracas et dans les États de Miranda, Aragua et La Guaira, ont visé des défenses antiaériennes et la résidence de Maduro, selon le Pentagone qui a baptisé l’opération « Absolute Resolve ».
À Caracas, les autorités dépeignent un tableau de destruction : immeubles résidentiels effondrés, coupures d’électricité et panique généralisée après des explosions massives vers 2 heures locales. « Une attaque terrible contre notre souveraineté », tonne Cabello, accusant Washington de viser les immenses réserves pétrolières du pays, les plus importantes au monde. Du côté américain, sept soldats ont été blessés, mais l’opération est qualifiée de « réussite chirurgicale » par le département de la Défense.
Maduro blessé, mais pas brisé
Nicolás Maduro, 63 ans, a été touché à une jambe lors de l’assaut des forces spéciales Delta Force, tandis que Cilia Flores, première dame et figure clé du PSUV (parti socialiste), souffre de blessures à la tête et au corps. Transféré à New York avec d’autres proches, dont Diosdado Cabello évoque la « trahison » interne, Maduro a plaidé non coupable devant un tribunal fédéral, clamant être « toujours le président légitime ».
Cette capture, fruit d’années de sanctions et d’inculpations pour narcoterrorisme depuis 2020, s’inscrit dans la stratégie de Donald Trump, réélu en 2024. Le locataire de la Maison Blanche justifie l’intervention par des « preuves accablantes » de liens entre Maduro, le narcotrafic et des milices comme le Cartel des Soleils. À Caracas, le fils de Maduro dénonce une « trahison » de gardes rapprochés, alimentant les purges au sein de l’armée.
Répercussions régionales et internationales
L’opération ravive les fantômes des interventions américaines en Amérique latine, de Panama en 1989 à Grenade en 1983. La vice-présidente Delcy Rodríguez, intérimaire depuis la chute de Maduro, oscille entre défi et appels à la coopération pétrolière avec Washington, tandis que les nouvelles autorités ordonnent l’arrestation de suspects ayant « soutenu l’attaque ».
La communauté internationale se divise : la Russie et la Chine exigent la libération de Maduro, l’ONU appelle à une enquête sur les victimes civiles, et l’Union européenne « prend acte » sans condamner l’opération, à l’image d’Emmanuel Macron qui salue la fin d’une « dictature ». Au Brésil et en Colombie, voisins directs, on craint une déstabilisation migratoire et sécuritaire, avec des flux de réfugiés potentiels vers l’Amazonie.
Enjeux pétroliers et chavistes
Avec 300 milliards de barils de réserves prouves, le Venezuela reste une obsession stratégique pour Trump, qui a déjà annoncé la saisie de 30 à 50 millions de barils sous embargo. Les Occidentaux négocient des contrats, tandis que le chavisme fracturé – entre loyalistes de Cabello et pragmatiques comme Rodríguez – cherche à survivre. L’état d’urgence prolongé et les milices bolivariennes patrouillent Caracas, où manifestations pro-Maduro sont réprimées.
Cette crise illustre la multipolarité géopolitique actuelle : un président américain unilatéral face à un axe sino-russo-iranien soutenant Caracas. Pour l’Amérique latine, habituée aux ingérences, elle pose la question d’un nouvel ordre régional, entre restauration démocratique promise et risque de chaos. Le Venezuela, épuisé par hyperinflation et exode massif, attend un verdict incertain.
