APRNEWS: Paul Biya donné vainqueur, Issa Tchiroma Bakary conteste

APRNEWS: Paul Biya donné vainqueur, Issa Tchiroma Bakary conteste

Huit jours après le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, le Cameroun est plongé dans une phase d’incertitude politique.

Selon les premières compilations de la Commission nationale de recensement des votes, le président sortant Paul Biya, 92 ans, serait arrivé en tête avec entre 53 et 54% des suffrages exprimés. Ces chiffres, encore provisoires, sont d’ores et déjà contestés par son principal rival, Issa Tchiroma Bakary, qui revendique la victoire avec environ 60% des voix, s’appuyant sur ses propres décomptes et procès-verbaux.​

Un scrutin serré sur fond de méfiance

Cette nouvelle élection intervient après plus de quatre décennies de pouvoir de Paul Biya et dans un climat de forte polarisation. Le vote, bien que globalement calme, a été entaché de nombreuses accusations d’irrégularités : bourrages d’urnes, absence de représentants de l’opposition dans certains bureaux et coupures de réseau durant le dépouillement. Des incidents mineurs ont été signalés dans plusieurs provinces, notamment dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, encore marquées par le conflit séparatiste.​

Issa Tchiroma Bakary, candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), affirme disposer de documents électoraux attestant de son avance significative, qu’il compte publier pour prouver “la vérité des urnes”. Toutefois, il n’a pas déposé de recours formel devant le Conseil constitutionnel, estimant que l’institution “s’appuie sur des procès-verbaux entachés d’irrégularités” et que le processus “n’offre aucune garantie d’impartialité”.​

Le Conseil constitutionnel sous pression

Conformément au calendrier officiel, le Conseil constitutionnel, présidé par Clément Atangana, doit proclamer les résultats définitifs le jeudi 23 octobre à 10h30 au Palais des congrès de Yaoundé. D’ici là, plusieurs recours déposés par des candidats et organisations citoyennes sont à l’étude, notamment pour fraudes et manipulations dans la centralisation des données.​

Dans l’attente du verdict, le climat reste tendu à Yaoundé, Douala et Garoua, où des rassemblements sporadiques ont été dispersés par les forces de l’ordre. Si les appels au calme se multiplient, certains médias proches de l’opposition accusent le régime de “préparer une proclamation verrouillée” en faveur du président sortant.​

Une opposition déterminée mais fracturée

Le camp Tchiroma continue de mobiliser ses partisans, affirmant que “le peuple camerounais a voté pour le changement”. Cependant, le manque de coordination entre les partis d’opposition et l’absence d’un front commun risquent de limiter la portée de la contestation, d’autant plus que le Conseil constitutionnel demeure seul habilité à valider les résultats officiels.​

De son côté, le gouvernement reste silencieux, misant sur la proclamation officielle du 23 octobre pour clore la controverse. Des sources diplomatiques estiment toutefois que cette élection pourrait marquer une inflexion dans la scène politique camerounaise, où les équilibres internes au RDPC semblent plus fragiles qu’auparavant.

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