
APRNEWS: L’incroyable métamorphose de Singapour – Du village de pêcheurs à la puissance économique mondiale
Singapour, anciennement un modeste village de pêcheurs connu sous le nom de Temasek, a connu une transformation spectaculaire grâce à sa position stratégique au carrefour des routes commerciales maritimes.
Fondée comme comptoir britannique en 1819 par Sir Stamford Raffles, l’île est devenue un port franc prospère sous la colonisation, attirant immigrants chinois, malais et indiens. Son développement économique fulgurant post-indépendance en 1965 repose sur une vision pragmatique de Lee Kuan Yew, transformant un État sans ressources naturelles en hub mondial.
Origines anciennes
Des traces d’habitation remontent au IIe-IIIe siècle, avec des mentions par Ptolémée, et au XIVe siècle sous l’empire Srivijaya comme Temasek, « la ville de la mer ». Légendairement rebaptisée Singapura (« ville du lion ») par un prince sumatrien, l’île fut un centre commercial malais avant les Européens. Les Portugais et Hollandais y laissèrent une empreinte limitée au XVIe-XVIIe siècle.
Ère coloniale britannique
En 1819, Raffles signe un traité avec le sultan de Johor, établissant un port libre qui explose démographiquement : de 150 habitants à 10 000 en 1824. Rattachée aux Établissements du Détroit en 1826, puis colonie de la Couronne en 1867, Singapour bénéficie du canal de Suez (1869) pour dominer le commerce entre Europe, Chine et Japon. L’essor de l’étain, du caoutchouc et du pétrole renforce son rôle d’entrepôt régional.
Indépendance et miracle économique
Expulsée de la Fédération de Malaisie en 1965, Singapour opte pour l’industrialisation d’exportation dès les années 1960, avec zones industrielles, port et aéroport de classe mondiale. Sous le PAP de Lee Kuan Yew, des investissements étrangers, éducation et logements massifs transforment l’île en puissance high-tech et financière. Sans ressources, elle mise sur la gouvernance efficace, l’attractivité des affaires et l’innovation, devenant l’une des économies les plus riches du monde.
Après l’indépendance en 1965, des réformes politiques sous la direction de Lee Kuan Yew et du Parti d’action populaire (PAP) ont instauré un régime autoritaire pragmatique, favorisant une croissance économique explosive via une gouvernance centralisée et des politiques incitatives. Ces mesures ont multiplié le PIB par habitant par plus de dix entre 1965 et 1990, transformant Singapour en hub mondial sans ressources naturelles.
Système politique dominant
Le PAP a maintenu une domination absolue depuis 1959 via des élections formellement démocratiques mais contrôlées, avec des mécanismes comme les Group Representation Constituencies (GRC) favorisant les grands partis et intégrant les minorités. Ce « soft authoritarianism » ou « démocratie contrôlée » a assuré stabilité et répression des oppositions, priorisant l’ordre social contre les libertés individuelles en échange de prospérité.
Attractivité pour investissements
Les autorités ont réformé les lois du travail pour promouvoir la paix industrielle, offert des incitations fiscales, garanties contre les nationalisations et libre rapatriement des profits, attirant multinationales et capitaux étrangers. Un passage à l’industrialisation d’exportation plutôt que de substitution aux importations, couplé à des infrastructures (port, aéroport, zones industrielles), a propulsé la croissance à 10% annuels dans les années 1970.
Stabilité macroéconomique
Des politiques fiscales et monétaires saines ont maintenu une faible inflation, des taux d’intérêt réels positifs et une stabilité budgétaire, renforçant la confiance des investisseurs. Post-récession de 1985, des réformes structurelles ont accru la flexibilité salariale, libéralisé les services (finance, télécoms) et promu l’innovation, boostant les services modernes comme moteur de croissance.
Mesures sociales clés
Le Housing and Development Board (HDB) a résorbé les bidonvilles via un logement public massif (plus de 80% des habitants), tandis que le Central Provident Fund imposait une épargne forcée pour retraites et logement, créant un pacte social liant stabilité à loyauté politique. L’éducation technique et la formation ont upgradé le capital humain, soutenant l’essor high-tech.
Cadre légal anti-corruption
Singapour a instauré une gouvernance centralisée et efficace sous le Parti d’action populaire (PAP), avec une volonté politique ferme de Lee Kuan Yew pour éradiquer la corruption dès 1959, transformant un système endémique en un modèle mondial de transparence. Le Corrupt Practices Investigation Bureau (CPIB), renforcé et indépendant, enquête sur tous les niveaux, y compris les ministres, tandis que des salaires élevés pour les fonctionnaires minimisent les tentations.
La Prevention of Corruption Act (PCA) de 1960, révisée régulièrement, définit largement la corruption (argent, faveurs, avantages) et impose des peines sévères, appliquées sans distinction. Toute vie au-dessus des moyens déclenche une enquête, avec pouvoirs étendus au CPIB pour perquisitions et arrestations, garantissant une exécution implacable.
Agence CPIB au cœur du système
Placé directement sous l’autorité du Premier ministre, le CPIB est l’unique organisme chargé des enquêtes, doté de ressources pour traquer petites et grandes corruptions dans public et privé. Il a élucidé des affaires impliquant ministres, instaurant une tolérance zéro qui change la perception : corruption = haut risque, faible gain.
Bonne gouvernance et administration
Salaires des élites indexés sur le privé (deux tiers des top revenus) attirent talents et découragent pots-de-vin ; procédures administratives simplifiées réduisent discrétion des agents. Système judiciaire transparent priorise équité, avec appels d’offres publics et contrôles, soutenant une intégrité rare en Asie.
