APRNEWS: Les déclarations choc d’Hanny Tchelley sur l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé à la CPI

APRNEWS: Les déclarations choc d’Hanny Tchelley sur l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé à la CPI

Les propos d’Hanny Tchelley sur Life TV mettent en avant l’idée que le témoignage de Charles Blé Goudé aurait été décisif pour éviter une lourde condamnation de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI), mais cette affirmation reste une lecture politique et militante, qui ne correspond pas à la motivation officielle des juges. Les décisions de la CPI montrent surtout que l’acquittement de Gbagbo et de Blé Goudé repose sur la faiblesse des preuves du Procureur et l’incapacité de l’accusation à établir leur responsabilité pénale individuelle au‑delà de tout doute raisonnable.​

Les propos d’Hanny Tchelley sur Life TV

Hanny Tchelley, proche de l’ancien camp présidentiel, a déclaré sur Life TV que « Charles Blé Goudé a sauvé le président Laurent Gbagbo à la CPI » et que, sans lui, Gbagbo risquait « 50 ans de prison », estimant qu’un aveu direct de mission donnée par Gbagbo aurait accablé ce dernier.​

Cette sortie médiatique intervient dans un contexte de recomposition politique en Côte d’Ivoire, où le rôle historique de chacun pendant la crise postélectorale et le procès de La Haye reste vivement débattu dans l’opinion et au sein des familles politiques pro‑Gbagbo.​

Ce que dit réellement la CPI

Le 15 janvier 2019, la Chambre de première instance I de la CPI a acquitté Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé de toutes les charges de crimes contre l’humanité liées à la crise de 2010‑2011, en soulignant la faiblesse exceptionnelle du dossier de l’accusation.​

Le 31 mars 2021, la Chambre d’appel a confirmé ces acquittements, ce qui signifie que, juridiquement, la Cour n’a pas retenu leur responsabilité pour les crimes graves commis pendant cette période, au grand regret de nombreuses organisations de défense des droits humains.​

Le rôle de Charles Blé Goudé dans le procès

Charles Blé Goudé était lui‑même coaccusé aux côtés de Laurent Gbagbo, poursuivi comme coauteur indirect pour meurtres, viols, actes inhumains et persécutions commis à Abidjan entre décembre 2010 et avril 2011, et non un simple témoin libre pouvant « charger » ou « sauver » Gbagbo à volonté.​​

En droit international pénal, un accusé qui s’auto‑incrimine ou incrimine d’autres personnes peut s’exposer à de nouvelles poursuites ou à une appréciation défavorable, mais la peine encourue dépend d’un ensemble de facteurs (nature des crimes, preuves, rôle hiérarchique, circonstances atténuantes ou aggravantes) et non d’une simple phrase prononcée à l’audience.​​

Une lecture politique plus que juridique

L’idée d’une peine automatique de « 50 ans » pour Laurent Gbagbo repose davantage sur une dramatisation médiatique que sur le raisonnement des juges de la CPI, qui n’ont jamais évoqué une telle durée hypothétique dans leurs décisions, se concentrant sur l’insuffisance des preuves de la Procureure.​

Pour plusieurs ONG de défense des droits humains, l’acquittement de Gbagbo et de Blé Goudé résulte surtout de la faiblesse de l’enquête, de l’absence de chaîne de commandement clairement démontrée et de la difficulté à relier les violences à des ordres explicites, plutôt que d’un « sauvetage » personnel entre accusés.​

Enjeux pour la mémoire nationale ivoirienne

Les propos d’Hanny Tchelley résonnent avec une bataille de mémoire en Côte d’Ivoire, où certains courants veulent consacrer Charles Blé Goudé comme un acteur loyal ayant protégé Laurent Gbagbo, tandis que d’autres insistent sur la nécessité de vérité et de justice pour les victimes de toutes obédiences.​

En l’absence de condamnation internationale et face à une justice nationale encore contestée, la question de la responsabilité politique et morale des leaders de la crise postélectorale reste ouverte, et les débats médiatiques comme celui de Life TV participent à la construction d’un récit collectif plus politique que judiciaire.​

Réactions sur les réseaux sociaux

De nombreux posts sur Facebook et X (ex-Twitter) reprennent mot pour mot la déclaration d’Hanny Tchelley, générant des milliers de vues, mais les commentaires oscillent entre admiration pour Blé Goudé (« Il mérite reconnaissance ») et moqueries (« Elle perd la tête », « Commérages COJEP »).​

Certains internautes y voient une « bombe » politique dans la « porcherie » pro-Gbagbo, tandis que d’autres dénoncent une instrumentalisation pour diviser le camp de l’ex-président.​

Tensions au sein de l’opposition pro-Gbagbo

Hanny Tchelley, proche de Blé Goudé et du COJEP, semble viser à corriger une supposée ingratitude des Ivoiriens et du clan Gbagbo, dans un contexte de rivalités anciennes comme ses clashes passés avec Nady Bamba ou Michel Gbagbo.​​

Aucune réaction officielle n’émerge des leaders du PPA-CI ou du MGC, mais ces propos ravivent les fractures post-CPI, où Blé Goudé soutient Simone Gbagbo pour 2025 malgré ses démêlés judiciaires nationaux.​

Absence de réactions institutionnelles

Ni le pouvoir RHDP, ni les autorités judiciaires ivoiriennes n’ont commenté publiquement, malgré la diffusion massive sur des pages pro-opposition comme Abidjan Post ou Grand Buzz.​

Les médias traditionnels se contentent de relayer sans analyse approfondie, laissant le débat confiné aux sphères numériques où il sert surtout à mobiliser les bases militantes.​

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