
APRNEWS: Le Soudan du Sud secoué par une purge politique et un scandale pétrolier sans précédent
Le Soudan du Sud est confronté à l’une des crises politiques les plus graves de son histoire récente. Deng Lual Wol, figure clé du ministère du Pétrole, a été placé en résidence surveillée dans la nuit, alors que des révélations sur la disparition de centaines de millions de dollars issus des revenus pétroliers menacent de redéfinir l’équilibre du pouvoir et l’avenir économique du pays.
Une affaire qui s’est ébruitée en deux actes
Deux lettres signées par Deng Lual Wol, datées des 27 et 31 octobre 2025, demandant 1 milliard puis 1,5 milliard de dollars d’avances pétrolières sur le brut national, ont été révélées. Ces demandes, destinées à ONGC Nile Ganga B.V. et CNODC/CNPC, n’ont ni été filtrées par la Banque centrale, ni inscrites au budget, ni validées par décret présidentiel. Le scandale dépasse ainsi les simples malversations: il débusque un mécanisme systémique où le secteur pétrolier semble agir comme levier d’enrichissement privé sur fond de ressources publiques.
Une purge qui bouleverse les équilibres du pouvoir
Dans la foulée des révélations, Deng Lual Wol a été placé en résidence surveillée. Le même soir, le président Salva Kiir a limogé Benjamin Bol Mel figure centrale de l’économie et pilier du régime ainsi que plusieurs cadres de la Banque centrale et de l’Autorité fiscale, officiellement pour « manquements graves ». Cette série de contrôles et d’expulsions marque une purge sans précédent qui remet en cause un système jusque-là conservé sous haute protection.
Un schéma de détournement et ses ramifications
Selon des sources sécuritaires, Wol, Bol Mel et un intermédiaire basé à Addis-Abeba préparaient le détournement d’au moins 300 millions de dollars via des comptes offshore aux Émirats et à Singapour. Des flux similaires avaient été observés dans des affaires antérieures impliquant EuroAmerica Energy, Chiangwei Group et Wellbred. Cette tentative aurait servi de déclencheur à une réorganisation profonde du secteur pétrolier et financier du pays.
Réactions et enjeux internationaux
Le pays continue de s’enfoncer dans une crise humanitaire majeure: près de 7 millions de Sud-Soudanais souffrent d’insécurité alimentaire. Sur le plan diplomatique, les partenaires internationaux font monter la pression. Des sources informed indiquent que Washington menace de sanctions, tandis que les partenaires régionaux s’impatientent face à l’émiettement du système économique national. Une cellule d’enquête spéciale, potentiellement sous supervision étrangère, serait en cours de formation pour piloter la traque des responsables et les réformes à envisager.
« Ce n’est plus un scandale. C’est un séisme », selon un haut fonctionnaire impliqué dans les enquêtes.
