
APRNEWS: Le sélectionneur national burkinabé limogé
La Fédération burkinabè de football a acté la fin de l’ère Brama Traoré à la tête des Étalons, en mettant un terme à son contrat et à celui de l’ensemble de son staff technique, au lendemain d’une CAN 2025 manquée au Maroc.
Cette décision ouvre un nouveau cycle pour la sélection burkinabè, sous pression après une élimination jugée indigne des ambitions affichées par le pays.
Une décision attendue après la CAN
L’élimination du Burkina Faso en huitièmes de finale de la CAN 2025 face à la Côte d’Ivoire (3-0) a précipité le sort de Brama Traoré, nommé en 2024 pour relancer une génération jugée prometteuse. La lourdeur du score, combinée à la faiblesse du contenu de jeu, a achevé de convaincre la Fédération burkinabè de Football (FBF) qu’un changement de cap s’imposait.
Dans un communiqué daté du 14 janvier 2026, la FBF explique avoir pris sa décision après une « analyse approfondie » de la participation des Étalons à cette CAN, avant d’annoncer la rupture de la collaboration avec le sélectionneur et l’ensemble de son encadrement. Si le ton se veut respectueux, le message est clair : l’objectif fixé – au minimum une demi-finale – n’a pas été atteint.
Le communiqué de la FBF
Le texte officiel, signé à Ouagadougou par le président de la FBF, Oumarou Sawadogo, acte la fin de mission de Brama Traoré et cite nommément ses adjoints Issa Balboné, Pierre Bazié, Mohamed Kaboré et Wilfried Da parmi les membres du staff remerciés. La Fédération les remercie pour les « services rendus au football national » et leur souhaite « plein succès » pour la suite de leur carrière, tout en tournant sans ambiguïté la page de ce cycle entamé en 2024.
La FBF tente aussi de rassurer un environnement agité en promettant des « dispositions immédiates » pour lancer le processus de recrutement d’un nouveau staff technique, alors que la sélection reste engagée dans les éliminatoires du Mondial 2026 et doit préserver son statut d’habituée de la CAN.
Un bilan sportif jugé insuffisant
Arrivé aux commandes après avoir gravi tous les échelons des sélections de jeunes et du championnat local, Brama Traoré incarnait le pari d’un coach local adossé à un projet de long terme, avec pour horizon la CAN 2025 et les qualifications pour la Coupe du monde 2026. Mais sur le terrain, les Étalons n’ont ni confirmé leur statut de « valeur sûre » continentale, ni montré les progrès attendus dans le jeu.
Les critiques ont visé pêle-mêle les choix tactiques, l’absence d’identité claire et le manque de réactivité pendant les matches, alors que le Burkina dispose d’un noyau de joueurs expérimentés évoluant dans des championnats compétitifs. Pour une partie de l’opinion sportive, rester bloqué au stade des huitièmes de finale, avec une sortie aussi nette face à la Côte d’Ivoire, relevait d’un « échec sportif clair » qui rendait le limogeage inévitable.
Pression populaire et enjeu d’image
La contestation ne s’est pas limitée aux réseaux sociaux : une pétition en ligne réclamant le départ immédiat de Brama Traoré et de son staff a circulé dès la fin de la CAN, dénonçant un manque d’ambition et appelant à « ouvrir un nouveau cycle » à la tête des Étalons. Dans un Burkina Faso où le football demeure un puissant ciment national, l’échec de l’équipe fanion prend une dimension symbolique, dans un contexte politique et sécuritaire déjà tendu.
Pour la FBF, il s’agit donc autant de répondre à l’exigence de résultats que de restaurer la confiance d’un public qui s’est habitué à voir la sélection rivaliser avec les meilleures nations du continent. L’épisode Traoré rappelle aussi la difficulté, récurrente en Afrique, de concilier projets de long terme et impatience des supporters et des autorités, surtout à l’approche des grandes compétitions.
Quel avenir pour les Étalons ?
La Fédération n’a pas encore dévoilé le profil de son prochain sélectionneur, même si le débat est déjà lancé entre partisans de la continuité « locale » et défenseurs du recours à un technicien étranger, réputé plus expérimenté mais plus coûteux. Le prochain staff devra composer avec des contraintes budgétaires fortes, tout en maintenant un niveau de performance compatible avec les ambitions du pays sur la scène africaine.
À court terme, l’enjeu sera de remobiliser un groupe marqué par cette CAN ratée, de réaffirmer une ligne de jeu lisible et d’éviter que la sélection ne perde le terrain acquis au cours de la dernière décennie. Au-delà de la simple sanction sportive, le limogeage de Brama Traoré marque la volonté des dirigeants burkinabè de signifier que le statut des Étalons ne se discute plus : l’équipe nationale doit rester dans le cercle des prétendants, et non des figurants.
