
APRNEWS: « Le Peuple voit. Le Peuple comprend. Le Peuple saura tirer les leçons. L’histoire aussi… »
Le PPA-CI a tenu une conférence de presse pour dénoncer le rejet de la candidature de Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Le Conseil Constitutionnel a été critiqué pour ne pas avoir respecté une décision internationale garantissant les droits politiques de Gbagbo. Des accusations de discrimination et d'impartialité ont été soulevées concernant les conditions d'éligibilité et les parrainages requis. Le Conseil Constitutionnel a également été accusé d'avoir outrepassé son rôle en publiant les listes de candidats en avance, en contradiction avec la Constitution. Le PPA-CI souligne que Gbagbo a rempli toutes les conditions légales pour se présenter et appelle à la vigilance du peuple face à ces pratiques contestables.
CONFERENCE DE PRESSE DU PPA-CI
Le 9 septembre 2025
Bonjour à toutes et à tous,
Cette décision est grave. Et au regard de ses motivations, nous avons le devoir d’alerter, non
Merci d’être venus aussi nombreux.
Comme vous, nous avons suivi attentivement la déclaration de la Présidente du Conseil
Sur 60 candidatures déposées, 55 ont été rejetées, y compris celle du Président Laurent
Constitutionnel, annonçant la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle.
Gbagbo. Seuls 5 candidats ont été retenus.
seulement le peuple ivoirien, mais aussi la communauté internationale.
1.LE REFUS D’EXECUTER UNE DECISION INTERNATIONALE CONTRAIGNANTE
Le 20 août 2025, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a adressé une demande claire à l’État de Côte d’Ivoire:
«Prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que Laurent Gbagbo puisse
exercer ses droits politiques».
C’est-à-dire notamment de voter et d’être candidat, conformément à l’article 25 du Pacte
international relatif aux droits civils et politiques.
Le Consei Constitutionnel n’a pas respecté cette décision. Il s’est déclaré incompétent,en
parlant d’un simple «contentieux de la liste électorale».
C’est faux.
Il ne s’agissait pas ici d’un problème technique sur une liste électorale. Il s’agissait d’une
obligation internationale, qui engage l’État tout entier, donc le Conseil Constitutionnel, au
nom de l’article 123 de notre propre Constitution qui reconnaît la supériorité des traités internationaux sur nos lois internes.
2.UNE FAUSSE INTERPRETATION DES CONDITIONS D’ELIGIBILITE
Notre Constitution, à son article 55, est limpide. Pour être candidat à la présidence, il faut:
§Avoir 35 ans au moins;
§Jouir de ses droits civils et politiques;
§Être exclusivement ivoirien;
§Être né de père ou de mère ivoirien d’origine.
Rien d’autre. Aucune mention d’une inscription obligatoire sur la iste électorale.
Pour contourner cela, le Conseil Constitutionnel évoque l’article 51de la Constitution, qui permet à une loi organique de préciser les modalités de l’élection présidentielle.
Mais ce que le Conseil Constitutionnel oublie volontairement de dire, c’est que le Code
électoral n’est pas une loi organique. C’est une loi modifiée par ordonnance du Chef de l’État,
Président du RHDP, qui est aujourd’hui candidat.
Et surtout:une modalité n’est pas une condition d’éligibilité.
Ajouter une condition qui n’existe pas dans la Constitution,comme celle d’être inscrit sur la
liste électorale,revient à violer la Constitution.
3.UNE EXIGENCE DISCRIMINATOIRE SUR LES PARRAINAGES
Autre point inquiétant:le Conseil Constitutionnel affirme que le Président Gbagbo n’aurait pas obtenu assez de parrainages.
Il parle d’un seuil de 75 003 parrains requis, et indique que le Président n’en aurait recueilli
que 54 977.
Mais regardons les textes.
L’article 51 du Code électoral exige 1% de parrainages dans au moins 17 régions ou districts autonomes.
La Côte d’Ivoire compte 33 régions et districts. Donc la loi impose un seuil de 17, pas plus.
Or, le Président Gbagbo a collecté des parrainages dans 27 régions. C’est 10 de plus que ce que la loi demande.
Alors d’où vient ce chiffre de 75 003 parrains exigés par le Conseil Constitutionnel ?
Et bien tout simplement, de ces 27 régions, et non des 17 exigées par la loi.
En clair, le Conseil Constitutionnel a appliqué une règle différente au Président Gbagbo:il lui
a demandé plus que ce qui est exigé aux autres.
Il a créé une rupture d’égalité, en lui imposant une condition plus lourde, sans aucun
fondement légal.
C’est une discrimination manifeste.
4 .UNE IMPARTIALITE MISE EN DOUTE
Autre fait troublant:nous avons formulé plusieurs réclamations au Conseil Constitutionnel.
Parmi elles:
§La rectification du nom de Mme Simone Ehivet, qui continue d’être appelée «Épouse
Gbagbo»dans les documents officiels alors que le divorce est acté,.
§L’inéligibilité d’Alassane Ouattara, pour un quatrième mandat, en violation de l’article
55 de la Constitution.
Sur la première, le Conseil Constitutionnel s’est déclaré incompétent.
Mais sur la seconde, il a jugé notre réclamation irrecevable… parce que notre candidat,
Laurent Gbagbo, avait été déclaré lui-même irrecevable.
Pourquoi alors,avons-nous été «recevables»dans un cas et «irrecevables»dans l’autre?
Ce Deux poids, deux mesures ne s’explique pas dans une même décision par rapport au même demandeur.
Quand il s’agissait de protéger le nom du Président Gbagbo utilisé par un autre candidat, on Mais quand il s’agit de contester un quatrième mandat de Monsieur Alassane Ouattara, on nous répond:«vous êtes recevables, mais on est incompétent».
nous dit : «vous êtes irrecevables».
Cela ne peut que nourrir des doutes sur ’impartialité du Conseil Constitutionnel qui refuse manifestement de prendre en considération les arguments difficilement contestables sur le 4ème mandat voulu par Monsieur Alassane Ouattara.
5.L’ATTITUDE DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL FACE A LA CONSTITUTION INTERROGE
En effet, l’article 127 de la Constitution prévoit que la CEI publie la liste provisoire des
candidats. Et le Conseil Constitutionnel publie la liste définitive, 15 jours avant le scrutin.
Mais que s’est-il passé dans les faits?
C’est le Conseil Constitutionnel lui même qui a publié la liste provisoire, puis la liste définitive
des candidats,45 joursavant le scrutin,conformément à l’article 56 duCode électoral… et en contradiction avec l’article 127 dela Constitution.
Ce code électoral, rappelons-le, a été modifié par ordonnancedu chef de l’État, qui est aussi
candidat.
En acceptant d’appliquer un texte ordinaire modifié par le Chef de l’État, Président du RHDP et candidat à l’élection présidentielle, au lieu de respecter la Constitution, le Conseil
Constitutionnel a manqué à son rôle de gardien de la loi fondamentale.
CONCLUSION
Nous sommes à un tournant.
Le Président Laurent Gbagbo a déposé sa candidature. Il a respecté la Constitution, et rempli toutes les conditions fixées par notre loi fondamentale.
Mais sa candidature a été rejetée, au mépris de la Constitution, de l’égalité et des
engagements internationaux de la Côte d’Ivoire.
Dans cette élection, seules deux forces ont contesté devant le Conseil constitutionnel le
quatrième mandat voulu par Alassane Ouattara : le PPA-CI et le PDCI. Et ce sont précisément leurs deux candidats qui ont été écartés.
Le Peuple voit. Le Peuple comprend.
Le Peuple saura tirer les leçons. L’histoire aussi.
Je vous remercie.
Me Habiba TOURE
Porte-Parole du Président Laurent Gbagbo
Porte-Parole du PPA-CI.
