APRNEWS: Le Ministre des Finances du Nigeria lance un avertissement au pays de l’Afrique de l’Ouest – Risques liés à une trop grande dépendance aux financements étrangers.

APRNEWS: Le Ministre des Finances du Nigeria lance un avertissement au pays de l’Afrique de l’Ouest – Risques liés à une trop grande dépendance aux financements étrangers.

Le ministre des Finances du Nigeria, Wale Edun, a mis en garde les pays de la sous-région contre la dépendance aux financements extérieurs

 » Le monde est actuellement en proie à une incertitude globale. On observe une baisse du commerce mondial. Or, c’est le commerce mondial qui permet aux pays de participer à la croissance de l’économie mondiale. Les guerres commerciales et les droits de douane protectionnistes ont privé de circulation environ 2 000 milliards de dollars de marchandises. Les pays développés réorientent leurs ressources vers des subventions nationales plutôt que vers la coopération internationale »

Lors de la 11e Conférence annuelle de l’Association ouest-africaine des commissions des comptes publics (WAAPAC), qui s’est tenue du 8 au 12 septembre 2025 à Abuja, le ministre des Finances nigérian, Wale Edun, a mis en garde les pays de la sous-région contre leur dépendance excessive aux financements extérieurs.

« Les pays développés réorientent leurs ressources vers des subventions nationales »

Il a souligné que, dans un contexte de baisse du commerce mondial et de montée du protectionnisme, les pays développés réorientent leurs ressources vers des subventions nationales, réduisant ainsi leur coopération financière internationale. Wale Edun a insisté sur la nécessité pour les pays ouest-africains d’accroître leur autonomie économique par des réformes structurelles.

« Nous devons réformer nos économies. Nous devons augmenter notre ratio impôts/PIB. Nous devons appliquer la technologie, l’automatisation, la numérisation et même l’IA à nos revenus et nos efforts. Enfin, nous devons mobiliser le secteur privé »

Il a appelé à augmenter le ratio impôts/PIB, à adopter des technologies modernes comme la numérisation et l’intelligence artificielle pour améliorer la mobilisation des revenus, et à mobiliser davantage le secteur privé pour stimuler la croissance. Ce message s’inscrit dans la thématique générale de la conférence qui portait sur le renforcement du contrôle parlementaire de la dette publique et la gestion rigoureuse des emprunts pour assurer la durabilité de la finance publique dans la région

Analyse de l’Intervention de Wale Edun

Le ministre nigérian des Finances, Wale Edun, a délivré un message crucial lors de la conférence de la WAAPAC, qui peut être résumé en trois axes principaux :

  1. Le Constat d’une Nouvelle Réalité Mondiale :

    • Repli des Financements Internationaux : Il identifie une tendance lourde où les pays développés, confrontés à un ralentissement du commerce mondial et à une montée du protectionnisme, priorisent leurs dépenses domestiques (subventions, plans de relance internes) au détriment de l’aide au développement et de la coopération financière internationale.

    • Un Avertissement : La dépendance excessive de l’Afrique de l’Ouest à ces financements extérieurs (prêts concessionnels, dons) devient un risque stratégique majeur. Cette source de financement est moins fiable et s’amenuise.

  2. La Solution Proposée : l’Autonomie Économique :
    Face à ce constat, Edun ne propose pas de se lamenter mais d’agir en se tournant vers l’intérieur. Sa solution repose sur trois piliers concrets :

    • Amélioration de la Mobilisation des Recettes Domestiques : Augmenter le ratio impôts/PIB est fondamental. Cela passe par l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre l’évasion fiscale et l’optimisation des collectes existantes.

    • Modernisation par la Technologie : Il plaide pour l’adoption de outils digitaux (numérisation des administrations fiscales, paiements électroniques) et de l’intelligence artificielle pour améliorer l’efficacité, réduire les fuites de recettes et lutter contre la corruption.

    • Partenariat avec le Secteur Privé : Le secteur public seul ne peut pas générer une croissance suffisante. Il est essentiel de créer un environnement favorable (réformes, état de droit, infrastructures) pour mobiliser l’épargne et les investissements privés locaux et étrangers.

  3. Le Lien avec le Thème de la Conférence :
    Son message s’inscrit parfaitement dans l’objectif de la conférence sur le contrôle parlementaire de la dette et la gestion rigoureuse des emprunts.

    • La meilleure façon d’assurer la soutenabilité de la dette n’est pas seulement de mieux emprunter, mais surtout de moins dépendre de l’emprunt en générant ses propres ressources.

    • Une meilleure mobilisation des recettes intérieures réduit le besoin de recourir à l’endettement extérieur, rendant la gestion de la dette plus facile et moins risquée.

Contexte et Enjeux Complémentaires

  • Contexte Régional : Cet avertissement fait écho aux défis auxquels sont confrontés plusieurs pays de la CEDEAO, comme le Ghana ou le Nigeria lui-même, qui luttent contre une dette publique élevée, l’inflation et des pressions sur leurs devises.

  • Défis de la Mobilisation Fiscale : Augmenter le ratio impôts/PIB en Afrique de l’Ouest est un défi de taille. Il se heurte à la grande informalité des économies (souvent >50%), aux faibles capacités administratives des services fiscaux et à des problèmes de gouvernance.

  • Rôle des Cours des Comptes (SAI) : La WAAPAC rassemble justement les institutions dont le rôle est crucial pour atteindre ces objectifs. Leurs travaux de audit aident à :

    • Lutter contre la corruption et les détournements de fonds publics.

    • S’assurer de la bonne utilisation des deniers publics et de l’efficacité des dépenses.

    • Évaluer la performance des programmes gouvernementaux de collecte de revenus.

    • Fournir aux parlements les données nécessaires pour un contrôle éclairé de la dette et du budget.

L’intervention de Wale Edun est un appel pressant à un changement de modèle économique pour l’Afrique de l’Ouest. Il s’agit de passer d’un modèle de développement largement financé par l’extérieur à un modèle endogène, porté par une mobilisation accrue des ressources internes et une meilleure gestion des finances publiques.

Cet impératif d’autonomie financière est présenté comme une nécessité pour assurer la stabilité économique, la souveraineté et la résilience de la région face aux incertitudes de l’économie mondiale.

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