APRNEWS: Le JNIM impose le port du voile aux femmes dans les transports au Mali

APRNEWS: Le JNIM impose le port du voile aux femmes dans les transports au Mali

Depuis le 17 octobre 2025, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, impose aux femmes voyageant dans les transports maliens de porter le voile islamique, sous peine de représailles.

Cette injonction concerne toutes les femmes traversant les régions contrôlées par le groupe djihadiste et bouleverse profondément une population déjà fragilisée par l’insécurité croissante et les pénuries de carburant.​

Le JNIM a officialisé cette directive le jour même où la compagnie Diarra, suspendue depuis début septembre pour son prétendu soutien à l’armée malienne, a annoncé la reprise de ses activités. Cette reprise est conditionnée par l’acceptation de ce nouvel ordre social strict, incluant le port obligatoire du hijab pour toutes les voyageuses dans les bus et autres moyens de transport. Les compagnies de transport sont sous la pression directe du JNIM pour faire respecter ces consignes, dans un contexte où les populations locales et les femmes vivent une double contrainte de répression et d’adaptation forcée.​

Ce commandement intervient alors que le Mali traverse une importante crise énergétique provoquée par un blocus djihadiste contre les convois de carburant, principalement en provenance du Sénégal et de la Côte d’Ivoire. Cette crise a engendré des pénuries sévères, des files d’attente massives devant les stations-service, ainsi qu’une réduction drastique de l’approvisionnement électrique dans plusieurs régions. Le JNIM justifie ses actions par une mesure gouvernementale interdisant la vente illégale de carburant en milieu rural, ce qui affecte ses ressources.​

Face à cette double pression sécuritaire et économique, de nombreuses Maliennes expriment leur refus silencieux de cette imposition, tandis que d’autres se conforment à ces exigences pour préserver leur sécurité. Le gouvernement de transition, malgré sa volonté affichée, peine à contrôler ces territoires où le JNIM exerce une influence quasi totale, sans réaction publique forte ni contre-pouvoir visible pour contrecarrer ces décisions.​

Cette situation illustre l’enjeu crucial de la lutte contre les groupes armés au Sahel, où l’autorité de l’État est de plus en plus contestée et où les populations civiles, notamment les femmes, subissent les conséquences directes des conflits et de l’extrémisme violent.​

 

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