
APRNEWS: Le cadmium dans les engrais marocains suspecté d’aggraver l’explosion des cancers du pancréas
Alors que les cancers du pancréas progressent rapidement en France, une nouvelle piste inquiète la communauté médicale : la présence de cadmium dans certains engrais d’origine marocaine. Ce métal lourd, déjà classé cancérogène par l’OMS, pourrait contaminer les sols agricoles et, par extension, notre alimentation quotidienne. Plusieurs médecins, dont le nutritionniste Arnaud Cocaul, tirent la sonnette d’alarme et demandent un encadrement strict des importations, redoutant une crise sanitaire liée à cette exposition silencieuse.
Alors que les cancers du pancréas progressent rapidement en France, une nouvelle piste inquiète la communauté médicale : le cadmium, métal lourd cancérogène reconnu depuis 2012 par l’OMS, présent dans certains engrais d’origine marocaine importés en France, pourrait être responsable d’une contamination silencieuse des sols agricoles, impactant directement l’alimentation quotidienne.
Selon le nutritionniste Arnaud Cocaul, ce facteur environnemental méconnu pourrait expliquer « l’explosion des cancers du pancréas dans la population française de moins de 20 ans ». En 2023, près de 16 000 nouveaux cas ont été recensés, avec une progression annuelle constante (+1,6% chez les hommes et +2,1% chez les femmes).
Le cadmium, utilisé dans la composition de certains engrais phosphatés marocains, est un toxique cumulatif qui s’accumule dans les sols et, par transfert, dans les cultures (pain, légumes, céréales). Ce métal s’infiltre ensuite dans le corps humain, en particulier dans le foie, les reins et le pancréas, où il engendre stress oxydatif, perturbations cellulaires et altérations de l’ADN, augmentant significativement le risque tumorale. Une méta-analyse récente révèle un double risque de cancer du pancréas chez les personnes les plus exposées.
Face à ce constat alarmant, Arnaud Cocaul appelle à une suspension immédiate des importations d’engrais contaminés dans l’attente d’un contrôle rigoureux des taux de cadmium, ainsi qu’à un renforcement de la surveillance alimentaire et une sensibilisation accrue du public. Il alerte sur une véritable bombe sanitaire qui menace, silencieusement, la population française.
Les preuves disponibles sont suffisantes pour justifier des mesures préventives immédiates. Le cancer du pancréas demeure l’un des plus meurtriers, avec un taux de survie à cinq ans inférieur à 10%. Réduire les sources d’exposition environnementale pourrait constituer une avancée majeure dans la lutte contre cette maladie.
L’hypothèse du cadmium d’origine agricole comme facteur aggravant ne peut donc plus être écartée. Dans un contexte où les maladies environnementales se multiplient, la vigilance s’impose.
Cette problématique soulève également d’importantes questions politiques et économiques, notamment en raison des accords agricoles entre la France et le Maroc, qui rendent les importations massives d’engrais difficiles à contrôler sans mesures strictes. Par ailleurs, d’autres facteurs tels que le tabagisme ou le vieillissement jouent un rôle dans cette épidémie, mais le poids du cadmium, bien que sous-estimé, est désormais reconnu comme un enjeu majeur de santé publique.
