
APRNEWS: « Laurent Gbagbo et Thiam ne seront pas retenus .. » Arthur Banga
Arthur Banga a clairement indiqué que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ne seront pas autorisés à se présenter à l'élection présidentielle de 2025 en Côte d'Ivoire, soulignant que cette décision ne nécessite pas d'être membre du Conseil constitutionnel pour être comprise. Il a critiqué le manque de clarté et de leadership parmi les acteurs politiques, notant une incertitude qui entrave la mobilisation des partisans en vue du scrutin. Ces remarques mettent en lumière les tensions politiques actuelles en Côte d'Ivoire à l'approche des élections présidentielles d'octobre 2025.
Arthur Banga a déclaré lors d’une intervention sur NCI 360 que Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam ne seront pas retenus pour l’élection présidentielle de 2025 en Côte d’Ivoire. Selon lui, il n’est pas nécessaire d’être membre du Conseil constitutionnel pour comprendre cette réalité politique. Cette affirmation s’inscrit dans un contexte où la question de l’éligibilité de ces deux figures politiques fait débat, notamment autour des enjeux liés à l’organisation des élections.
Banga a également critiqué le manque de clarté et de leadership de certains acteurs politiques, soulignant un climat d’incertitude qui affecte la mobilisation de leurs militants à l’approche du scrutin. Sa déclaration reflète la tension politique qui prévaut actuellement en Côte d’Ivoire dans la perspective du scrutin présidentiel d’octobre 2025.
Le Cœur de la Déclaration : L’Éligibilité de Gbagbo et Thiam
La affirmation centrale de Banga est que deux figures majeures, Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, seront écartés de la course présidentielle de 2025. Son argument n’est pas juridique (« il n’est pas nécessaire d’être membre du Conseil constitutionnel ») mais politique et réaliste.
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Pour Laurent Gbagbo (ancien Président, 2000-2011) :
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Obstacle juridique : Sa condamnation par la justice ivoirienne en 2018 à une peine de 20 ans de prison pour « pillage de la BCEAO » (Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest) est l’argument principal. Bien qu’il ait été acquitté par la CPI et amnistié par le Président Ouattara pour permettre son retour en Côte d’Ivoire en 2021, l’amnistine efface la peine, mais pas la condamnation. Ses opposants estiment que cette condamnation le rend inéligible au titre du Code électoral.
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Obstacle politique : Le pouvoir en place (RHDP) n’a aucun intérêt à voir un leader aussi mobilisateur et controversé que Gbagbo revenir dans l’arène électorale.
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Pour Tidjane Thiam (ancien DG de Credit Suisse, président du PDCI depuis décembre 2023) :
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Obstacle supposé : La question de sa nationalité ivoirienne exclusive. La Constitution ivoirienne exige que le président soit exclusivement de nationalité ivoirienne, n’ayant jamais acquis une autre nationalité. Des rumeurs persistantes, jamais juridiquement étayées publiquement, affirment que Tidjane Thiam aurait détenu la nationalité française après y avoir fait une grande partie de sa carrière
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Obstacle politique : En prenant la tête du principal parti d’opposition, le PDCI, Thiam représente la menace la plus sérieuse et la plus crédible (par son profil international et managérial) pour le camp RHDP. Contester son éligibilité est une stratégie politique pour affaiblir l’adversaire le plus dangereux.
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La Critique du Leadership et du Climat d’Incertitude
Banga pointe un problème crucial : le flou et l’incertitude stratégique.
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Du côté de Laurent Gbagbo : Son parti, le PPA-CI, et ses militants sont dans l’expectative. Gbagbo lui-même entretient le suspense sans officialiser clairement ses intentions, créant une frustration et une difficulté à mobiliser.
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Du côté de Tidjane Thiam et du PDCI : La stratégie face à la question de la nationalité semble être l’évitement. Au lieu de produire des documents incontestables pour clore le débat une fois pour toutes, le parti semble miser sur le fait que cette question sera tranchée (en sa faveur) le moment venu par le Conseil constitutionnel. Cette position crée un doute qui peut effectivement freiner l’ardeur de certains militants et sympathisants.
Banga souligne que cette incertitude est un handicap majeur. Elle empêche une mobilisation claire et donne un avantage au pouvoir en place (le RHDP d’Alassane Ouattara), qui, lui, affiche une candidature certaine (même si le choix du candidat, Ouattara lui-même ou un autre, n’est pas encore officialisé).
Le Contexte Politique Plus Large
Cette déclaration s’inscrit dans un climat tendu marqué par :
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La Mémoire des Crises Passées : Les élections présidentielles de 2010 et 2015 ont été extrêmement violentes. Toute discussion sur l’éligibilité ravive les tensions et la méfiance entre camps politiques.
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Le Rôle du Conseil Constitutionnel : Perçu comme proche du pouvoir en place, sa future décision sur la validation des candidatures sera scrutée et potentiellement contestée, quelle qu’elle soit. La remarque de Banga (« pas besoin d’être membre du Conseil… ») sous-entend que la décision est déjà jouée d’avance dans l’esprit de nombreux acteurs politiques.
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La Bataille de la Narrative : Les déclarations comme celle de Banga sont aussi une bataille pour imposer une narrative. En affirmant avec certitude l’éviction de Gbagbo et Thiam, il participe à construire l’idée que le champ électoral est déjà verrouillé, pouvant ainsi décourager l’opposition ou, au contraire, la radicaliser.
Arthur Banga, en tant que commentateur politique, ne fait pas qu’énoncer une prédiction ; il décrit la perception dominante et la stratégie probable du pouvoir. Sa déclaration est un reflet des règles du jeu politique ivoirien où les questions d’éligibilité sont souvent utilisées comme des armes pour écarter des rivaux gênants. Elle met en lumière le climat de défiance et l’énorme incertitude qui planent sur le scrutin de 2025, où les batailles juridiques et politiques précéderont et conditionneront très probablement la bataille électorale elle-même.
