
APRNEWS: L’AES condamne « fermement » un « acte d’agression » des États-Unis au Venezuela
Les trois pays ont interpellé le Conseil de sécurité de l'ONU "afin qu'il assume pleinement sa mission (...) en condamnant clairement l'action militaire américaine et en oeuvrant au rétablissement de la légalité internationale.".
L’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit les juntes du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a condamné « fermement » mercredi un « acte d’agression » des États-Unis au Venezuela, avec lequel elle entretient d’excellentes relations diplomatiques.
Les trois pays de la confédération de l’AES défendent une politique souverainiste et anti-impérialiste.
L’AES a tourné le dos à l’Occident, particulièrement la France, ancienne puissance coloniale, pour se rapprocher notamment de la Russie et d’autres partenaires du Sud global.
L’alliance entretient ainsi d’excellentes relations avec le régime vénézuélien, dont le président Nicolas Maduro et son épouse ont été capturés par l’armée américaine la semaine dernière.
Acte grave
L’AES « condamne fermement cet acte grave et contraire au droit international, notamment aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations unies », a-t-elle réagi dans un communiqué signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président burkinabè et président en exercice de la confédération.
En mai 2025, ce dernier avait rencontré Nicolas Maduro à Moscou en marge de la célébration du 80e anniversaire de la victoire des Russes sur le nazisme.
« Nous admirons la lutte que le Burkina Faso mène pour la liberté, l’indépendance et la justice », avait déclaré lors de cette rencontre Nicolas Maduro, cité par la télévision d’État burkinabè.
« L’AES rappelle que l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État est une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures d’un État souverain et constitue un acte d’agression », a ajouté mercredi l’alliance, exprimant « sa solidarité au peuple vénézuélien dont la souveraineté a été bafouée ».
Rétablir la légalité
Les trois pays ont interpellé le Conseil de sécurité de l’ONU « afin qu’il assume pleinement sa mission (…) en condamnant clairement l’action militaire américaine et en oeuvrant au rétablissement de la légalité internationale. ».
En août 2025, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, avait effectué une visite officielle à Caracas dans le cadre de « consultations politiques » entre les deux pays.
Deux ans plus tôt, le Premier ministre burkinabè de l’époque, Apollinaire Joachim Kyelem de Tambela, avait séjourné à Caracas pour une « visite de travail et d’amitié.
« Mercredi, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a reçu le nouveau chargé d’affaires vénézuélien à Ouagadougou pour lui exprimer sa « solidarité », ajoutant que son pays « ne saurait fermer les yeux » sur l’attaque américaine, selon un communiqué du ministère sur Facebook.
