
APRNEWS: La Russie exige 15 millions de dollars par mois pour ses mercenaires en RCA
La République centrafricaine (RCA) est confrontée à une pression croissante de la Russie, qui demande 15 millions de dollars par mois pour financer ses mercenaires sous l'Africa Corps, successeur du groupe Wagner. Moscou cherche à reprendre le contrôle direct des opérations en remplaçant les mercenaires privés par une force étatique officielle, imposant des exigences financières que le gouvernement de Bangui a du mal à assumer. La RCA envisage de rémunérer les mercenaires par des ressources minières plutôt qu'en numéraire, mais cette situation fragilise davantage le pays politiquement, sécuritairement et économiquement. L'influence russe en Afrique centrale à travers ce dispositif militaire coûteux représente un défi majeur pour la souveraineté et la stabilité de la RCA.
La République centrafricaine (RCA) fait face à une pression croissante de la Russie, qui réclame désormais environ 15 millions de dollars par mois pour financer les services de ses mercenaires sous la nouvelle entité Africa Corps, successeur du groupe Wagner. Cette somme représente un coût exorbitant pour Bangui, dont le budget annuel de 300 milliards de francs CFA (environ 500 millions de dollars) dépend largement des aides internationales.
Depuis la mort d’Evgueni Prigojine, ancien chef du groupe Wagner, Moscou cherche à reprendre le contrôle direct des opérations sur le terrain en remplaçant les mercenaires privés par une force étatique officielle, l’Africa Corps, placée sous l’autorité directe du ministère russe de la Défense. Ce transfert s’accompagne d’exigences financières substantielles que le gouvernement centrafricain peine à assumer.
Bangui exprime ses réserves, préférant selon certaines sources rémunérer les mercenaires par l’octroi de ressources minières stratégiques (or, uranium, fer) plutôt qu’en numéraire. La charge financière représenterait non seulement un poids lourd pour les finances publiques mais mettrait aussi en péril les programmes de soutien du FMI.
Ce dilemme déstabilise davantage la RCA, déjà fragile sur les plans politique, sécuritaire et économique. Les mercenaires russes contrôlent plusieurs points stratégiques, allant jusqu’à exercer des fonctions quasi-administratives, notamment dans la collecte des taxes frontalières, ce qui accentue la dépendance du gouvernement de Faustin-Archange Touadéra vis-à-vis de cette force armée étrangère.
L’étau de Moscou se resserre sur la Centrafrique via un dispositif militaire coûteux et un contrôle accru, représentant un défi majeur pour la souveraineté et la stabilité de Bangui. La situation illustre aussi la dynamique complexe entre aide militaire, exploitation des ressources naturelles, et influence géopolitique russe en Afrique centrale.
