APRNEWS: La présidente Samia Suluhu Hassan critiquée après la nomination de sa fille et de son gendre au gouvernement

APRNEWS: La présidente Samia Suluhu Hassan critiquée après la nomination de sa fille et de son gendre au gouvernement

Le remaniement ministériel annoncé après les élections d’octobre alimente un débat sur le népotisme et la gouvernance au sein du pouvoir tanzanien.

En Tanzanie, les nominations récentes de la présidente Samia Suluhu Hassan suscitent un vif débat. La cheffe de l’État a désigné sa fille, Wanu Hafidh Ameir, comme vice-ministre de l’Éducation, et son gendre, Mohamed Mchengerwa, comme nouveau ministre de la Santé. Ces décisions, prises dans le cadre d’un remaniement ministériel postélectoral, ravivent les critiques sur la transparence du pouvoir exécutif à Dodoma.

Un remaniement sous tension

Le réaménagement du gouvernement intervient moins d’un mois après les élections générales du 29 octobre 2025, qui ont vu le parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), conserver la majorité face à une opposition divisée. Wanu Hafidh Ameir, 43 ans, députée de Makunduchi à Zanzibar, a été reconduite à son siège sous les couleurs du CCM. Son mari, Mohamed Mchengerwa, 46 ans, élu de la circonscription de Rufiji dans la région de Pwani, occupait jusque-là le poste de ministre d’État auprès de la Présidence, chargé de l’administration régionale et du gouvernement local.

Le nouveau ministère de la Santé qu’il dirige désormais figure parmi les portefeuilles clés de la politique sociale du pays, un secteur prioritaire pour la présidente Hassan depuis son arrivée au pouvoir en 2021.

Des critiques sur le favoritisme politique

Plusieurs observateurs et membres de la société civile y voient un signe d’accaparement du pouvoir par le cercle familial de la présidente. Des voix dénoncent une pratique contraire aux principes de bonne gouvernance que Samia Suluhu Hassan avait pourtant promis de renforcer à son accession à la présidence, après la mort de John Magufuli.

Le gouvernement, de son côté, défend ces nominations, invoquant la compétence et l’expérience politique des deux responsables. Le porte-parole du CCM a rappelé que Mme Ameir et M. Mchengerwa sont des élus ayant fait leurs preuves dans leurs circonscriptions respectives et qu’ils « incarnent une nouvelle génération d’administrateurs proches du peuple ».

Entre continuité et image d’ouverture

Malgré la polémique, Samia Suluhu Hassan conserve une popularité solide dans certaines régions du pays, notamment pour ses réformes économiques et ses efforts en faveur de la transparence budgétaire. Cependant, cette décision risque de fragiliser son image d’ouverture et d’intégrité, en donnant prise aux accusations de népotisme qui avaient déjà émaillé d’autres régimes sur le continent.

Alors que la Tanzanie cherche à renforcer la confiance des citoyens dans ses institutions, ces nominations rappellent les tensions persistantes entre réalités politiques et exigences de gouvernance démocratique.

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