APRNEWS: La malédiction du savoir – Quand le savoir devient un obstacle à la communication

APRNEWS: La malédiction du savoir – Quand le savoir devient un obstacle à la communication

La « malédiction du savoir » est un biais cognitif qui empêche une personne détenant une connaissance approfondie d’un sujet de se mettre à la place de ceux qui ne la possèdent pas. Cette difficulté engendre des incompréhensions, en particulier lors de la transmission d’informations, piège souvent rencontré dans l’éducation, le travail ou même le marketing.

Mais allons faire un tour du côté de vos souvenirs : vous avez sûrement déjà suivi un cours par un professeur, un expert dans son domaine ! Dès qu’il ouvrait la bouche, ce qu’il racontait vous semblait obscur, inaccessible : un jargon incompréhensible, les liens logiques étaient loin d’être évidents, etc.

Peut-être même que, cerise sur le gâteau, vous hochiez la tête en le regardant, par réflexe, pour garder la face ou par politesse !

Bref, vous l’aurez compris, derrière de très bons experts se cachent parfois (souvent ?) de très mauvais pédagogues !

Origine et définitions

Ce concept, d’abord étudié par les économistes Colin Camerer, George Loewenstein et Martin Weber en 1989, se manifeste lorsqu’un expert oublie à quel point il est difficile d’acquérir certaines connaissances. Par exemple, un professeur brillant peut avoir du mal à comprendre les objectifs et blocages d’un étudiant débutant, car il ne se souvient plus de ce qu’était l’ignorance dans ce domaine.

Illustration concrète

L’expérience célèbre de la psychologue Elisabeth Newton en 1990 illustre parfaitement ce biais : des participants devaient taper sur une table le rythme de chansons connues et évaluaient à tort la proportion de personnes capables de les reconnaître, surestimant largement cette capacité. Le gouffre entre les connaissances propres et celles des autres apparaît ainsi très clairement.

Conséquences et enjeux

Cette malédiction rend la communication claire complexe, provoquant souvent des explications incomplètes ou trop techniques qui ne répondent pas aux attentes des novices. Dans le milieu professionnel ou de la formation, ce biais peut entraver l’apprentissage efficace, renforcer les malentendus et limiter la diffusion des savoirs.

Comment y remédier ?

Pour éviter la malédiction du savoir, il est indispensable de garder en mémoire les défis liés au manque de connaissances de l’audience. Les formateurs, communicants et concepteurs de contenus doivent adopter une approche empathique, simplifier les messages, tester régulièrement la compréhension et impliquer les utilisateurs finaux dans la conception des contenus pour s’assurer de leur accessibilité.

La malédiction du savoir est donc un défi majeur à relever dans nos sociétés, où l’accès à l’information est une clé du progrès, mais où transmettre ce savoir nécessite aussi de surmonter les barrières cognitives liées à sa propre expertise.

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