
APRNEWS: Kandia Camara met fin aux marches à Abobo
Kandia Camara adopte une communication à double volet : répressive (interdiction des marches) et incitative (orientation vers l’éducation et l’emploi). Cette stratégie vise à maintenir l’ordre tout en consolidant le récit gouvernemental d’une Côte d’Ivoire en marche vers l’émergence, malgré les défis socio-politiques persistants
La Ministre Kandia Camara, également maire d’Abobo, s’est fermement positionnée contre les marches et manifestations dans sa commune
« Nous ne voulons plus de marche à Abobo. Ce sont ceux qui n’ont pas de projet pour Abobo qui demandent aux jeunes de descendre dans la rue… Le Président Ouattara ne veut pas qu’on utilise les jeunes pour la violence. »
Ce message intervient dans un contexte où la municipalité d’Abobo, sous le leadership de Kandia Camara, œuvre pour une image de civisme, de développement et de paix. Elle appelle à une mobilisation constructive et rejette l’instrumentalisation des jeunes pour des actes de violence ou de troubles sociaux, soutenant la politique du Président Ouattara axée sur la stabilité, l’éducation et la transformation positive des quartiers populaires comme Abobo.
Cette position politique vise à décourager les marches susceptibles de troubler l’ordre public, tout en invitant la jeunesse à s’engager dans des initiatives de développement et à privilégier la voie de l’éducation et de la formation pour améliorer leur avenir et celui de la commune.
DÉCRYPTAGE
L’annonce de la Ministre Kandia Camara, également maire d’Abobo, s’inscrit dans une démarche de promotion de la stabilité et du développement, conformément à la vision du Président Alassane Ouattara. En rejetant les manifestations susceptibles de dégénérer en troubles publics, elle met en avant un discours axé sur le civisme, la paix sociale et les opportunités socio-économiques pour les jeunes.
Analyse des enjeux
Prévention des violences
Kandia Camara souligne les risques d’instrumentalisation politique de la jeunesse, une problématique récurrente en Côte d’Ivoire, où les mouvements de rue ont parfois conduit à des affrontements. Son refus des marches s’aligne sur une politique sécuritaire visant à éviter les déstabilisations.
Priorité au développement
En appelant à une « mobilisation constructive », elle oriente le débat vers des projets concrets (éducation, emploi, infrastructures) plutôt que vers des contestations publiques. Cela correspond aux investissements gouvernementaux dans les quartiers populaires comme Abobo, où des initiatives telles que les écoles, les centres de formation et les projets d’emploi des jeunes sont mis en avant.
Légitimité politique
Ce discours renforce son positionnement en tant que figure d’autorité locale, fidèle à la ligne du RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix). En associant son image à la stabilité et au progrès, elle consolide sa base électorale tout en marginalisant les oppositions qui pourraient exploiter les mécontentements.
Réactions et critiques potentielles
Les partisans du pouvoir louent une approche responsable qui évite les excès et offre des solutions constructives aux jeunes. En revanche, les opposants craignent une atteinte aux libertés de manifestation, soulignant que ce droit est constitutionnel et que le progrès ne devrait pas entraver l’expression des revendications sociales.
Cette approche reflète une tendance plus large en Afrique, où plusieurs gouvernements privilégient la stabilité au détriment des mobilisations de rue, tout en promettant des solutions structurelles aux inégalités.
