
APRNEWS: Groenland – Copenhague dit non à toute tentative d’annexion américaine
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a opposé un refus catégorique aux déclarations américaines laissant entendre une possible annexion du Groenland. À Copenhague, elle a dénoncé des propos « absurdes » émanant de certains responsables américains et appelé Washington à cesser ses « menaces », rappelant la souveraineté danoise sur ce territoire stratégique de l’Arctique.
« Le Groenland n’est pas à vendre », a martelé la cheffe du gouvernement. « Il constitue une partie intégrante du royaume du Danemark, et aucune discussion n’aura lieu sur ce sujet », a-t-elle ajouté, soulignant que toute tentative d’annexion violerait le droit international.
Un territoire au cœur des convoitises
Le Groenland, vaste île recouverte à 80 % par la glace, suscite depuis des années l’intérêt des grandes puissances. Au-delà de son importance symbolique et historique, c’est surtout sa position stratégique dans l’Arctique — au croisement des routes maritimes du Nord et à proximité du pôle — qui en fait un enjeu majeur. La fonte accélérée des glaces rend désormais accessibles d’immenses gisements de minerais rares, d’hydrocarbures et de nouvelles voies commerciales, attisant la rivalité entre les États-Unis, la Russie et la Chine.
Washington multiplie les signaux d’intérêt
L’intérêt américain pour le Groenland n’est pas nouveau. Déjà en 2019, l’ancien président Donald Trump avait provoqué un tollé en proposant d’acheter le territoire, déclenchant une crise diplomatique avec Copenhague. Plus récemment, des responsables américains ont renouvelé des déclarations sur les « intérêts stratégiques » des États-Unis dans la zone arctique, évoquant ouvertement la nécessité de renforcer leur présence militaire et économique dans la région.
Pour Washington, contrôler ou du moins influencer le Groenland, c’est consolider une position dominante dans un espace géopolitique en pleine recomposition.
Copenhague réaffirme sa souveraineté et son ancrage OTAN
Face à ces velléités, Mette Frederiksen a tenu à rappeler que le Groenland, bien qu’autonome depuis 2009, reste sous la souveraineté du royaume du Danemark. Elle a également souligné que le territoire bénéficie de la garantie de défense collective de l’OTAN, dont le Danemark est membre fondateur.
« Les liens de sécurité entre le Danemark, le Groenland et nos alliés de l’OTAN sont solides et inébranlables », a précisé la Première ministre. En d’autres termes, toute tentative extérieure d’empiéter sur le territoire groenlandais serait considérée comme une atteinte à la sécurité de l’ensemble de l’Alliance atlantique.
Une nouvelle bataille pour l’Arctique
Derrière cette passe d’armes diplomatique, c’est l’avenir de l’Arctique qui se joue. La région, longtemps isolée par les glaces, s’impose comme un nouvel espace de confrontation politique, économique et militaire. Le Groenland devient ainsi un verrou géostratégique dans la rivalité entre puissances, où se croisent ambitions énergétiques, routes commerciales et enjeux sécuritaires.
En rejetant avec fermeté toute idée d’annexion, Copenhague envoie un message clair : l’Arctique n’est pas une terre sans maître, et la souveraineté danoise sur le Groenland ne saurait être négociée.
