
APRNEWS: Francis Ouegnin ferme la porte « Julien Chevalier ne bougera pas »
Le vice-président de l’ASEC Mimosas défend son entraîneur et justifie la politique financière du club
Le climat est tendu à Sol Béni. Après la défaite 2-0 de l’ASEC Mimosas face à Mouna FC au stade Charles Konan Banny de Yamoussoukro, certains « Actionnaires », supporters influents du club jaune et noir, ont appelé à la tête du coach Julien Chevalier. Francis Ouegnin, premier vice-président de l’ASEC chargé du football, a opposé un refus catégorique. « Chevalier ne bougera pas », a-t-il martelé, coupant court à toute polémique.
Les raisons d’un maintien assumé
Face à la presse et aux supporters, Francis Ouegnin a défendu la stabilité de l’encadrement technique. Selon lui, le maintien de Julien Chevalier s’inscrit dans une logique de continuité et de responsabilité :
« On nous reproche de ne pas intégrer les jeunes de l’Académie, mais de les vendre. Est-ce que vous savez comment on fait pour payer les primes et les salaires ? Ici, nous payons des primes de matches de 300 000 FCFA alors que les autres ne donnent que 50 000 FCFA. Ces jeunes, si on ne les vend pas, comment voulez-vous qu’on trouve de l’argent pour faire fonctionner le club ? Personne ne cotise ni ne donne l’argent », a-t-il expliqué, visiblement agacé.
Ces propos traduisent la situation économique fragile du football ivoirien. L’ASEC, club emblématique aux multiples titres nationaux, tire l’essentiel de ses revenus de la formation et de la revente de jeunes talents. Comme l’a récemment rappelé le président Roger Ouegnin, « garder un bon joueur plus de deux ans devient un défi dans le contexte actuel ».
Julien Chevalier, un technicien sous pression mais soutenu
Arrivé à la tête du club en 2019, le technicien français Julien Chevalier a permis à l’ASEC Mimosas de reconquérir le championnat national à plusieurs reprises et de retrouver une certaine stabilité sportive malgré des départs fréquents de cadres vers l’Europe.
Pour Francis Ouegnin, il n’est pas question de sacrifier la vision du club à la pression populaire :
« Ceux qui aiment vraiment l’ASEC doivent venir au stade, encourager et aider financièrement le club au lieu de réclamer la tête de l’entraîneur après chaque défaite. »
Cette déclaration vise les supporters qui reprochent à la direction un manque de résultats continentaux et une politique de transfert trop active. Le dirigeant leur a rappelé que « le football moderne se finance par la performance économique autant que sportive ».
Une direction soudée avant les grands défis
Malgré la colère des fans, le tandem Roger et Francis Ouegnin semble uni derrière son entraîneur. L’objectif immédiat reste de relancer l’équipe en championnat et de viser la qualification pour la phase de groupes de la Ligue des champions africaine. À ce titre, la direction a appelé à la solidarité des “Actionnaires” dans cette période difficile.
Le message est clair : la continuité l’emporte sur la déstabilisation. Julien Chevalier reste en poste, avec la confiance renouvelée de sa direction. À charge pour lui et ses joueurs de redresser la barre sur le terrain pour apaiser les tensions à Sol Béni.
