APRNEWS: Du devoir de pédagogie (Steve Beko) La Vérité qui dérange – Regards sur le monde Politique Ivoirien

APRNEWS: Du devoir de pédagogie (Steve Beko) La Vérité qui dérange – Regards sur le monde Politique Ivoirien

Le débat autour de la légalité de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle d’octobre 2025 est centré sur l’interprétation de la Constitution ivoirienne adoptée en 2016. La candidature d’Alassane Ouattara est soutenue par l’argument légal que la Constitution de 2016, entrée en vigueur après ses deux premiers mandats, a remis à zéro le décompte des mandats, l’autorisant ainsi à se présenter en 2020 puis en 2025. Cette lecture est confirmée par le Conseil constitutionnel et par des acteurs politiques proches du pouvoir, tels que Charles Blé Goudé, qui appellent à la cohérence politique et au respect des règles adoptées en 2016. Cela reste un sujet de vive controverse politique en Côte d’Ivoire, avec des débats très polarisés sur la légitimité démocratique de ce quatrième mandat potentiel.

DU DEVOIR DE PEDAGOGIE
Ah, voilà leur trouvaille du jour ! Ils se sont empressés de partager la capture dans tous les Grins comme si c’était une révélation divine. Ils ont mis en mission « papa Ado », « Maman Ado », « Bébé Ado » et tous les scribouillards du dimanche. Steve Beko a écrit, le 3 juin 2016, que si on change de république, Alassane Ouattara pourrait faire d’autres mandats. Oh ! Quelle découverte incroyable… Donc, selon eux, Steve Beko a changé d’avis et, horreur suprême, il n’est plus politiquement « honnête ». Si Steve Beko a dit ça, pourquoi on en veut à Blé Goudé de ne pas répondre fermement à cette question ? C’est fascinant de voir à quel point ces gens peuvent être fourbes et mesquins. Mais puisque le devoir d’instruire ne s’arrête jamais, allons-y.
La Constitution a été soumise à référendum le 30 octobre 2016. Dès que le projet a fuité, nous avons commencé à lever les sourcils puisque, limite d’âge supprimée, changement de république, etc. Comme tout bon membre de l’opposition ivoirienne, nous avons soupçonné Ouattara de vouloir se maintenir au pouvoir. Et devinez quoi ? Notre intuition n’était pas un délire.
Notre position était limpide : si Ouattara change la Constitution, c’est pour rester au pouvoir. Mais face à nos craintes et réserves, le parti au pouvoir a sorti l’artillerie lourde. D’abord, une campagne numérique sur le site du gouvernement pour nous expliquer doctement que la nouvelle Constitution ne permettait pas un autre mandat. Ensuite, le ministre Cissé Bacongo nous gratifie d’une interview à Africa 24, août 2020.
Le journaliste : « M. Bacongo, cette Constitution permet-elle au Président Ouattara un 3è mandat ? »
Bacongo, comme un maître zen : « Non. »
Journaliste, curieux : « Ah… pourquoi ? »
Réponse tranchante de Bacongo : « Article 183. »
Et voilà, débat clos. Même les scribes de la Constitution eux-mêmes disent que Ouattara ne peut pas faire un autre mandat. Mais bon, certains semblent penser que leurs propres fantasmes sont plus légitimes que la loi.
Dois-je encore rappeler la position du ministre de la Justice devant les députés ? Non, ne me fatiguez pas. Donc, chers militants du RHDP qui cherchent à sauver la face, adressez vos reproches à vos cadres, pas à moi. Mes doutes ont été dissipés par Bacongo et Sansan Kambilé eux-mêmes à l’époque. Ce n’est vraiment pas compliqué.
Quant aux autoproclamés disciples de Blé Goudé qui se jettent dans cette bataille à corps perdu : vous êtes perdus, vraiment. Chaque fois que vous me comparez à Blé Goudé, vous vous trompez d’époque. Respect à l’homme, mais je n’aspire pas à être lui. Niveau académique et professionnel ? Que devrais-je ou pourrais-je lui envier ? Niveau politique ? Aucun de nous deux n’a jamais été élu. Alors, de quoi parle-t-on exactement ? Encore une fois, je respecte l’homme et l’ainé qu’il est. Ne jouez pas aux sofas zélés avec mon nom même si certains espèrent ainsi prouver leur loyauté à leur chef et obtenir des strapontins. Et puis, amusement à part, si on vous met en face de moi et qu’on demande à Blé Goudé de choisir, vous pensez qu’il va choisir qui pour renforcer son équipe?
Mon rêve ultime ? Par exemple, avoir le parcours académique de Mamadou Koulibaly, la carrière professionnelle de Tidiane Thiam, et la force, le courage, l’honnêteté et le leadership de Laurent Gbagbo. Voilà des inspirations, pas des caricatures que certains brandissent pour m’attaquer.
Pour en revenir à mes chers pourfendeurs du RHDP, franchement, ils n’ont pas le niveau du débat actuel. Ces scribouillards peuvent fouiller mes publications depuis avant ma naissance, ça ne changera rien à ce que je suis, ni à ce que je pense. Et c’est ça, la vérité qui les fait grincer des dents.
Mais bon, je comprends ! Je suis pour eux comme un bon film X. Ils regardent en cachette, ils s’offrent des plaisirs solitaires à l’abri du regard et ils crachent dessus en public.
Je sais que je suis votre idole, mais idolez moi doucement (Arafat Voice)
NB: J’ai fini d’écrire! Allez pleurer maintenant!
Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Steve Beko 3 juin 2016 Suivre Si ce qui se faire n'est pas une modification de l'actuelle constitution mais une nouvelle nous faisant passer de la deuxième à la troisième république et que Ouattara supprime la limite d'âge, il pourra se présenter à une autre élection présidentielle même si la nouvelle réintroduit la limitation cumulative des mandats à deux. Parce que l'inéligibilité apres ses deux mandats serait de de la défunte constitution. Ce qui va se passer revêt un enjeu important où chaque mot compte!’
Ce texte est un réquisitoire passionné et polémique, écrit dans un style très oral et familier, caractéristique des joutes politiques sur les réseaux sociaux

DÉCRYPATGE

Beko  répond à des critiques et des campagnes de dénigrement provenant apparemment de sympathisants du pouvoir ivoirien (le RHDP, Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix). Le cœur du débat porte sur :

  • La révision constitutionnelle de 2016 en Côte d’Ivoire.

  • La possibilité pour Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat en 2020, malgré cette nouvelle constitution.

  • La défense de la position et de la crédibilité de l’auteur face à ses détracteurs.

Argumentaire et Structure du Raisonnement

Beko développe son argumentation en plusieurs points :

  • Dénonciation de la malhonnêteté des adversaires : Il ridiculise ses opposants qui, selon lui, brandissent une vieille déclaration de 2016 (de Steve Beko) comme une « révélation » pour l’accuser d’inconstance. Pour lui, c’est une manœuvre « fourbe et mesquine ».

  • Rappel des faits historiques :

    • La constitution a été adoptée par référendum en octobre 2016.

    • L’opposition (dont lui-même) était immédiatement sceptique, soupçonnant Ouattara de vouloir supprimer les limites de mandat.

    • Le pouvoir a alors mené une campagne de communication pour affirmer le contraire, citant notamment l’article 183 de la nouvelle constitution qui réinitialiserait le compteur des mandats.

  • Position de l’auteur : Il explique que ses doutes initiaux ont été dissipés par les déclarations officielles des membres du gouvernement eux-mêmes (le ministre Bacongo, Sansan Kambilé). Il s’est donc fié à la parole des autorités. Si cette parole s’est avérée fausse plus tard, la faute en revient au pouvoir, pas à ceux qui l’ont cru.

  • Défense personnelle et attaque ad hominem :

    • Il rejette les comparaisons avec Charles Blé Goudé (figure emblématique des « Jeunes Patriotes » pro-Gbagbo), affirmant qu’ils sont différents et qu’il n’aspire pas à lui ressembler.

    • Il cite en modèles d’autres figures ivoiriennes (Mamadou Koulibaly, Tidiane Thiam, Laurent Gbagbo) pour établir sa propre lignée intellectuelle et politique, distincte de celle qu’on cherche à lui coller.

    • Il méprise ses détracteurs, les qualifiant de « scribouillards du dimanche » et affirmant qu’ils « n’ont pas le niveau du débat ». Il use de la métaphore vulgaire du « film X » pour signifier qu’ils le critiquent en public mais le suivent en secret.

  • Conclusion provocatrice : Le ton est celui du mépris assumé et de la supériorité intellectuelle (« J’ai fini d’écrire! Allez pleurer maintenant! »).

Procédés de Style et Ton

  • Ton : Le ton est agressif, sarcastique, méprisant et très sûr de lui. C’est une réponse coup de poing.

  • Ironie et sarcasme : « Oh ! Quelle découverte incroyable… », « comme si c’était une révélation divine ».

  • Vocabulaire familier et imagé : « Grin » (terme ivoirien pour un groupe de discussion informel), « scribouillards », « fourbes et mesquins », « artillerie lourde », « jouez aux sofas zélés » (référence aux guerriers traditionnels), « strapontins ».

  • Provocation : La métaphore du « film X » et la conclusion sont destinées à exaspérer l’adversaire.

  • Références culturelles ivoiriennes : L’usage de « Sansan Kambilé », « Cissé Bacongo », « Blé Goudé », et la citation finale à la voix du chanteur DJ Arafat (« idolez moi doucement ») ancrent le texte dans le débat politique et culturel ivoirien.

« DU DEVOIR DE PEDAGOGIE » est un texte de combat politique. Il vise moins à convaincre par une argumentation mesurée qu’à :

  1. Démolir la crédibilité des attaquants.

  2. Justifier rétrospectivement la position de l’auteur.

  3. Affirmer sa propre supériorité intellectuelle et morale sur le camp adverse.

  4. Mobiliser et galvaniser son propre camp par un discours sans concession et au ton vengeur.

C’est un exemple typique de la rhétorique violente et polarisée qui caractérise souvent les débats politiques en ligne, où l’émotion et l’invective l’emportent souvent sur la discussion sereine des faits. L’auteur se présente en victime d’une cabale et en pédagogue forcé de devoir corriger des ignorants mal intentionnés.

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