APRNEWS: Détournement de fonds chez Arcelor Mittal – Deux ministres sénégalais convoqués par la justice

APRNEWS: Détournement de fonds chez Arcelor Mittal – Deux ministres sénégalais convoqués par la justice

L'affaire ArcelorMittal au Sénégal prend un tournant décisif avec la convocation de deux anciens ministres devant le doyen des juges pour enquêter sur les 150 millions de dollars versés par la société à l'État. Les fonds ont été déposés sur des comptes privés plutôt que d'être versés au Trésor, soulevant des soupçons de détournement et de manque de transparence. L'enquête vise à clarifier les rôles des ministres, les signatures sur les documents et le choix des comptes privés pour les fonds, dans un contexte de lutte contre la corruption. L'objectif est de déterminer les responsabilités, de révéler d'éventuelles infractions pénales et d'améliorer la gouvernance financière au Sénégal.

Ce mercredi 20 août 2025, l’affaire Arcelor Mittal connaît un tournant majeur au Sénégal avec la convocation devant le doyen des juges de deux anciens ministres : Aly Ngouille Ndiaye (Industrie et Mines) et Birima Mangara (Budget). Au cœur de cette enquête judiciaire figurent les 150 millions de dollars versés par Arcelor Mittal à l’État du Sénégal, après un règlement contentieux sur le projet d’exploitation du fer de la Falémé.

Le point sensible du dossier : la somme n’a pas été virée au Trésor public, mais déposée sur deux sous-comptes « Carpa » gérés par l’avocat français Me François Meyer, domiciliés à la BNP Paribas. Cette opération soulève des soupçons de détournement, blanchiment et manque de transparence sur le circuit financier. Le juge cherche à établir :

  • Le rôle exact de chaque ministre dans la validation du protocole transactionnel ;

  • Qui a apposé une signature sur les documents alors que l’Agent judiciaire de l’État (AJE) avait refusé de signer ;

  • Les raisons du choix de comptes privés chez Me Meyer comme destination des fonds, plutôt qu’un versement direct au Trésor.

La relance du dossier par le président Bassirou Diomaye Faye et l’ouverture d’une information judiciaire visent à clarifier les responsabilités, alors même que plusieurs filiales d’Arcelor Mittal sont également visées par la plainte pour corruption, association de malfaiteurs, escroquerie et blanchiment.

La procédure s’inscrit dans un contexte de lutte contre la délinquance économique et la gestion opaque de ressources stratégiques. Les auditions pourraient permettre de tirer au clair le circuit des paiements, d’établir d’éventuelles responsabilités pénales et de repositionner la gouvernance des contentieux financiers au Sénégal.

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