
APRNEWS: Dépression psychotique
La dépression psychotique, considérée comme la forme la plus grave de dépression, touche environ 15 % des personnes souffrant d'épisodes dépressifs majeurs. Ce type de dépression est relativement fréquent et souvent sous-diagnostiqué.
Bien qu’elle puisse affecter toute tranche de la population, la dépression psychotique est souvent diagnostiquée chez les adultes d’âge moyen ou avancé. Sans traitement, cette forme de dépression comporte un risque accru de complications graves, pouvant impacter profondément la vie personnelle et professionnelle des individus, et augmenter le risque de comportements à haut risque.
Définition : qu’est ce que la psychose, ou une crise psychotique ?
La psychose est un trouble mental caractérisé par une perte de contact avec la réalité. Les personnes atteintes peuvent être sujettes à des hallucinations qui altèrent leur perception de la réalité : elles voient des choses qui n’existent pas, rentrent dans des phases de délires qu’elles ne peuvent pas contrôler. Elles ont le sentiment d’être persécutées, à tort, ou même d’être observées et épiées.
La psychose peut survenir dans le contexte de maladies psychiatriques comme la schizophrénie, de troubles bipolaires, ou de troubles de l’humeur.
Dépression psychotique : un trouble mental qui associe une dépression sévère à des symptômes de psychose
La dépression psychotique est une forme spécifique de dépression majeure, pour laquelle des épisodes de psychose se manifestent parallèlement à des symptômes dépressifs sévères. Elle se caractérise par la présence de délires – souvent en rapport avec des sentiments de culpabilité, de persécution ou d’inutilité – et d’hallucinations, généralement auditives. Ce trouble mental est moins fréquent que la dépression non psychotique et peut se développer indépendamment ou en lien avec d’autres troubles psychiatriques.
La dépression psychotique est associée à un risque élevé de complications graves, en particulier en l’absence de traitement : l’isolement social, la dégradation de la qualité de vie et la perte de fonctionnement au quotidien sont des conséquences courantes de cette maladie. Le risque de suicide est également significativement plus élevé chez les personnes atteintes de dépression psychotique, comparativement à celles souffrant de formes non psychotiques de dépression. Ce paramètre met en relief l’importance du dépistage et de la prise en charge précoce de la maladie.
✍️ Les troubles psychotiques sont plus fréquents chez les personnes dépressives, même sans antécédents de psychose.

La dépression psychotique présente toutes les caractéristiques d’un état dépressif sévèreclassique, auquel s’ajoutent des symptômes psychotiques. Voici les principaux symptômes associés à cet état dépressif :
Symptômes de dépression classique
- Tristesse intense et persistante
- Perte d’intérêt ou de plaisir pour les activités quotidiennes
- Diminution marquée de l’énergie
- Troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie)
- Changements dans l’appétit et le poids
- Ralentissement psychomoteur ou agitation
- Difficulté de concentration et de prise de décisions
- Pensées suicidaires récurrentes
Symptômes psychotiques spécifiques
- Idées délirantes (souvent en lien avec un sentiment de culpabilité, de persécution ou d’inutilité)
- Hallucinations auditives ou visuelles
En présence d’un ou plusieurs de ces symptômes, des investigations médicales sont nécessaires. Le médecin psychiatre procèdera à une évaluation complète du patient afin de déterminer la présence d’un état dépressif psychotique, et l’orientera vers un traitement approprié si tel est le cas.
Certains troubles mentaux présentent des caractéristiques communes avec la dépression psychotique ce qui peut rendre plus complexe la pose du diagnostic. Le professionnel de santé doit dont procéder par élimination, et identifier certaines caractéristiques et symptômes inhérents (ou non) à la maladie. Cette manière de procéder en entonnoir lui permet ainsi d’identifier avec précision la pathologie du patient.
- Schizophrénie : c’est un trouble psychiatrique chronique caractérisé par des hallucinations, des délires, une désorganisation de la pensée et des comportements inhabituels. Contrairement à la dépression psychotique, les symptômes psychotiques associés à la schizophrénie sont indépendants de l’humeur. La schizophrénie implique souvent des déficits cognitifs et unretrait social marqués de l’individu, atypiques de la dépression psychotique.
- Trouble bipolaire de type I avec caractéristiques psychotiques : ce trouble mental est défini par des épisodes de manie ou de dépression majeure accompagnés de symptômes psychotiques. La présence d’épisodes maniaques, c’est à dire de phases d’excitation intense, permet de le distinguer de la dépression psychotique.
- Trouble schizoaffectif : ce trouble associe des symptômes de schizophrénie – hallucinations et délires – à des épisodes de troubles de l’humeur, dépressifs ou maniaques. Contrairement à la dépression psychotique, pour laquelle les symptômes psychotiques disparaissent avec l’amélioration de l’épisode dépressif, les symptômes psychotiques peuvent persister même en l’absence de troubles de l’humeur.
- Trouble délirant : le trouble délirant est caractérisé par des délires persistants qui durent au moins un mois, sans autres symptômes psychotiques marqués. Il ne s’accompagne pas des symptômes dépressifs majeurs. Les patients atteints de trouble délirant ne présentent généralement pas de profonde tristesse, de perte d’intérêt ou d’énergie, contrairement aux personnes souffrant de dépression psychotique.
- Épisode psychotique bref : un épisode psychotique bref se manifeste par l’apparition soudaine de symptômes psychotiques qui durent moins d’un mois et disparaissent souvent spontanément. L’épisode psychotique bref survient généralement suite à un stress aigu et n’est pas lié à un épisode dépressif prolongé, contrairement à la dépression psychotique, où les symptômes psychotiques sont inhérents à un état dépressif intense et persistant.
Le traitement de la dépression psychotique consiste en une combinaison de pharmacothérapieet soutien psychologique.
Traitements médicamenteux : antidépresseurs et antipsychotiques
Des médicaments antidépresseurs et antipsychotiques sont prescrits en première intention pour cibler à la fois les symptômes dépressifs et psychotiques.
- Les antidépresseurs, tels que les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), agissent sur l’organisme en augmentant les niveaux de sérotonine dans le cerveau et réduisant l’intensité des symptômes dépressifs.
- Les antipsychotiques bloquent partiellement ou totalement les récepteurs de la dopamine(notamment les récepteurs D2) localisés dans le cerveau et réduisent ainsi l’activité dopaminergique excessive qui contribue aux symptômes psychotiques.
Electroconvulsivothérapie : une technique mobilisée en cas de résistance aux médicaments
Dans les cas les plus graves ou en cas de résistance aux traitements médicamenteux, l’électroconvulsivothérapie (ECT) est alors envisagée.
L’ECT est une technique qui consiste à induire une crise épileptique contrôlée par le passage d’un courant électrique dans le cerveau. Cela influence la régulation des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline, les substances régulatrices de l’humeur et des émotions. Cette intervention est réalisée sous anesthésie générale et des relaxants musculairessont généralement administrés au patient en complément pour garantir son confort et éviter qu’il ne bouge trop.
L’ECT est donc particulièrement efficace pour traiter les cas de dépression sévère résistante aux médicaments, notamment lorsqu’elle est accompagnée de symptômes psychotiques.
Importance du suivi thérapeutique
Un suivi thérapeutique est indiqué en complément des traitements médicamenteux, car il permet de traiter le problème de fond à l’origine de la dépression psychotique, contrairement aux médicaments qui ciblent les symptômes. La thérapie comportementale et cognitive (TCC) est particulièrement efficace car aide les patients à explorer et comprendre l’origine de leur trouble, à gérer les facteurs de stress et à développer des mécanismes d’adaptation psychologiques pour prévenir les rechutes. Elle aide le patient à renforcer sa résilience et offre un soutien continu dans le temps pour une prise en charge durable.
Cet article médical a été relu et validé par un médecin spécialiste en psychiatrie au sein d’un établissement ELSAN, groupe leader de l’hospitalisation privée en France. Il a un but uniquement informatif et ne se substitue en aucun cas à l’avis de votre médecin, seul habilité à poser un diagnostic.
