APRNEWS: De l’Élysée à la prison de la Santé – Nicolas Sarkozy incarcéré pour purger une peine de cinq ans

APRNEWS: De l’Élysée à la prison de la Santé – Nicolas Sarkozy incarcéré pour purger une peine de cinq ans

Nicolas Sarkozy incarcéré à la prison de la Santé. L'ancien chef de l'Etat est attendu ce mardi, dans la matinée, à la prison de la Santé pour purger une peine de cinq ans. Il devient le premier ancien président français à être emprisonné depuis Philippe Pétain. 

C’est une image historique. Ce mardi 21 octobre 2025, Nicolas Sarkozy, ancien président de la République française (2007-2012), a été incarcéré à la prison de la Santé à Paris pour y purger une peine de cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis, après sa condamnation pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.​

Une incarcération sans précédent en France moderne

Âgé de 70 ans, Nicolas Sarkozy devient le premier ex-chef d’État français à être emprisonné depuis Philippe Pétain, condamné pour collaboration après la Seconde Guerre mondiale. Il avait été reconnu coupable d’avoir participé, en toute connaissance de cause, à un système de financement occulte orchestré par le régime libyen de Mouammar Kadhafi, dont plusieurs cadres étaient impliqués dans le transfert présumé de plusieurs millions d’euros vers Paris avant l’élection de 2007.​

Malgré son appel en cours, sa peine a été assortie d’une exécution provisoire, ordonnée en raison de la « gravité exceptionnelle » des faits, selon le tribunal correctionnel de Paris. Les avocats de M. Sarkozy, Me Christophe Ingrain et Me Jean-Michel Darrois, dénoncent une décision « injuste et infondée », rappelant que leur client « demeure présumé innocent tant que son appel n’a pas été jugé ».​

Une entrée tendue à la prison de la Santé

Aux alentours de 9h40, l’ancien président est arrivé à pied à la prison de la Santé, accompagné de son épouse Carla Bruni-Sarkozy. Quelques dizaines de sympathisants s’étaient rassemblés dès l’aube devant son domicile du 16e arrondissement de Paris, brandissant drapeaux tricolores et pancartes de soutien. Les forces de l’ordre ont mis en place un important dispositif sécuritaire autour de l’établissement pénitentiaire situé dans le 14e arrondissement.​

Selon des sources proches de l’administration pénitentiaire, Nicolas Sarkozy devrait être placé dans le quartier des personnes vulnérables, une unité sécurisée réservée aux détenus nécessitant une protection particulière. Il y sera seul dans sa cellule, équipée d’un espace individuel et d’un accès contrôlé aux promenades et aux visites. Son statut de prévenu sous appel lui permet de recevoir la visite de ses proches jusqu’à trois fois par semaine.​

Les suites judiciaires et politiques

Les avocats de l’ancien président ont déposé dès ce matin une demande de mise en liberté, sur laquelle la cour d’appel de Paris devra statuer dans un délai maximal de deux mois, bien qu’une décision rapide soit attendue. Ce nouveau chapitre judiciaire s’ajoute à une série de condamnations : en 2023, Nicolas Sarkozy avait déjà été jugé coupable dans l’affaire des « écoutes » pour corruption et trafic d’influence, une peine confirmée par la Cour de cassation en 2024.​

Sur le plan politique, cette incarcération fragilise davantage les Républicains, dont M. Sarkozy reste une figure tutélaire. Son emprisonnement, qualifié de « jour funeste pour la République » par ses défenseurs, divise l’opinion publique. Pour certains, elle incarne « l’exigence d’exemplarité républicaine » ; pour d’autres, un « acharnement judiciaire » contre un ancien chef d’État.

Une page inédite de l’histoire politique française

De l’Élysée à la prison de la Santé, Nicolas Sarkozy entre dans une phase d’épreuve personnelle qui symbolise la rigueur de la justice envers les plus hauts responsables de l’État. Il a déclaré avant son incarcération au journal La Tribune Dimanche : « Je n’ai pas peur de la prison. Je garderai la tête haute, y compris devant les portes de la Santé. ».

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