APRNEWS: DDG bouscule les clichés sur l’Afrique « Le Nigeria n’est pas aussi dangereux que les États-Unis »

APRNEWS: DDG bouscule les clichés sur l’Afrique « Le Nigeria n’est pas aussi dangereux que les États-Unis »

Lagos (Nigeria) – En séjour touristique au Nigeria, le rappeur et YouTubeur américain DDG (Darryl Dwayne Granberry Jr.) a surpris ses millions d’abonnés par une déclaration inhabituelle : selon lui, « le Nigeria n’est pas aussi dangereux que les États-Unis ».

Une prise de position qui alimente un large débat sur la perception occidentale de la sécurité en Afrique.

Un contre-discours face à la « propagande » médiatique

Dans une vidéo devenue virale sur X (anciennement Twitter) et TikTok, DDG dénonce ce qu’il qualifie de « fake news » sur la dangerosité du Nigeria.

« Je pense honnêtement que l’Amérique est le pays le plus dangereux », affirme l’artiste originaire de Detroit, estimant que « les gangs et les fusillades de masse sont un problème bien plus fréquent aux États-Unis qu’en Afrique ».

Cette déclaration intervient dans un contexte tendu : quelques jours plus tôt, l’administration Trump avait ordonné des frappes aériennes au Nigeria contre le groupe djihadiste Lakurawa, relançant les discours sécuritaires sur la région (source : Afrik.com, 30 décembre 2025).

Selon l’Indice mondial de la paix 2024 (Institute for Economics & Peace), les États-Unis figurent à la 131ᵉ place mondiale en matière de sécurité, tandis que le Nigeria se situe au 144ᵉ rang. Bien que le Nigeria reste confronté à l’insécurité dans le nord, surtout liée à Boko Haram et ses dérivés, les grandes métropoles comme Lagos enregistrent une stabilité croissante pour les visiteurs étrangers.

Une réhabilitation du mode de vie nigérian

Au-delà de la question sécuritaire, DDG s’en est également pris aux préjugés sur le quotidien africain. On lui avait conseillé de « ne pas manger local » ou de « faire bouillir toute l’eau » avant toute consommation.
Or, sur place, raconte-t-il, il a découvert une cuisine « savoureuse et saine ». Parmi ses plats favoris : le jollof rice, symbole culinaire ouest-africain dont le Nigeria revendique la paternité. En décembre 2025, le pays a d’ailleurs battu le record du monde du plus grand plat de jollof rice, un événement relayé par Afrik.com.

Lagos, nouvelle terre d’accueil pour les Afro-Américains ?

DDG a aussi laissé entendre sur ses réseaux sociaux qu’il envisagerait de s’installer à Lagos. « Je suis fatigué de vivre en Amérique. L’énergie est différente ici », écrit-il dans un post ayant récolté près d’un million de vues.
Une perspective qui s’inscrit dans un mouvement plus large : celui des Afro-Américains redécouvrant leurs racines africaines. Entre le « Year of Return » lancé par le Ghana en 2019 et les initiatives d’investissement au Nigeria dans la tech et la culture, le nombre de touristes afro-descendants venus d’Amérique du Nord est en forte hausse (source : BBC Africa, novembre 2025).

Cette dynamique fait écho à la vision de Marcus Garvey, militant jamaïcain du panafricanisme, qui exhortait au début du XXᵉ siècle les Afro-Américains à « regarder vers l’Afrique ». Pour de nombreux commentateurs, le séjour de DDG illustre cette « renaissance culturelle » entre les communautés noires des deux continents.

Réactions en cascade sur les réseaux sociaux

Les déclarations du rappeur ont déclenché un torrent de réactions partagées.

Certains internautes saluent son courage pour « corriger l’image biaisée de l’Afrique véhiculée par les médias occidentaux ».

D’autres ironisent sur sa méconnaissance des réalités nigérianes en dehors des zones urbaines sûres comme Lagos ou Abuja.

Selon une analyse de SocialBlade, le nom « DDG Nigeria » a été recherché plus de 1,2 million de fois en 48 heures, un record pour le rappeur, déjà connu pour son hit Moonwalking in Calabasas, double platine aux États-Unis selon la RIAA.

Un débat plus large sur la représentation de l’Afrique

Cette controverse rappelle à quel point la question de la perception du risque en Afriquedemeure influencée par des récits occidentaux souvent anxiogènes.
Or, selon les données de la Banque mondiale (2024), le Nigeria a accueilli plus de 1,6 million de visiteurs internationaux l’an dernier, en hausse de 22% par rapport à 2023, confirmant une reprise du tourisme post-pandémie.

DDG, pour sa part, conclut sa vidéo par une invitation :

« Si quelqu’un pense venir au Nigeria, qu’il vienne. Vous verrez que les gens ici sont accueillants et positifs. »

Une déclaration qui, au-delà du buzz, ravive une question essentielle : et si la redécouverte de l’Afrique passait d’abord par le regard qu’on choisit de porter sur elle ?

Catégories
Étiquettes
Partager ceci

Commentaires

Mots-clés (0)