APRNEWS: Côte d’Ivoire – Comment expliquer un taux de participation électorale de 99% dans le Nord malgré des listes électorales obsolètes ?

APRNEWS: Côte d’Ivoire – Comment expliquer un taux de participation électorale de 99% dans le Nord malgré des listes électorales obsolètes ?

La Côte d’Ivoire est marquée par une polémique autour des chiffres officiels de participation, notamment dans le nord du pays où certains départements affichent des taux de participation électorale revendiqués à 98 voire 99%. Ces résultats semblent improbables, surtout sachant que les listes électorales n’ont pas été mises à jour sérieusement depuis plus de 15 ans.

« Sachant qu’en Côte d’Ivoire, les morts n’ont pas été expurgés des listes électorales depuis 15 ans, il est évident que des taux de participation au-delà de 90%, voire de 80% sont impossibles. Et pourtant, pour arriver à un taux national de participation de plus de 50% (50,1% exactement… merci Excel), on a fabriqué des taux de participation grotesques dans le nord du pays, où bien entendu tout le monde vote (les morts, les malades, les gens qui ont voyagé). Et tout le monde vote pour ADO. Tout ceci revient à grossir l’importance du nord dans la démographie électorale et d’accréditer le mythe d’un bloc septentrional absolument monolithique. Ce n’est pas innocent : après la partition géographique, il s’agit de donner corps à une sécession électorale. C’est une pratique de g….. »

Peut être une image de texte qui dit ’Département Kani (Worodougou) Gbéléban (Kabadougou) Minignan (Folon) Folon (région) 99,08 % 98,99 % Kaniasso (Folon) 98,92 % Odienné (Kabadougou) 98,70% % M'Bengué (Poro) 98,53 % Séguélon (Kabadougou) Kong (Tchologo) 98,13% % 97,68 % Boundiali (Bagoué) 97,54 % Sinematiali (Poro) 96,90% % Samatiguila (Kabadougou) Kouto (Bagoué) 96,60 % 95,35 % 95,15% % 95,09 %’

DECRYPTAGE APRNEWS 

Selon la Commission électorale indépendante (CEI), le taux national officiel de participation pour la présidentielle de 2025 est de 50,1%, un chiffre global dont les fortes disparités régionales soulèvent la suspicion. Dans plusieurs zones du Nord, traditionnellement bastion du pouvoir présidentiel, les résultats affichent des taux de participation extravagants qui dépassent souvent l’entendement démocratique. Cette situation s’explique, en partie, par le fait que les listes électorales contiennent encore de nombreux noms datant d’inscriptions anciennes ou non vérifiées.​

Ce constat rejoint les critiques récurrentes de l’opposition ivoirienne qui dénonce une gestion problématique des listes électorales. Ces listes, parfois qualifiées de « dossiers sur mesure », permettent selon certains analystes la création de faux électeurs et le bourrage d’urnes. Des responsables politiques comme Ahoua Don Mello soulignent que l’absence de nettoyage rigoureux des listes nourrit les phénomènes d’inscriptions frauduleuses. Il rappelle aussi que la lutte contre cette fraude demande des « contrôleurs intègres » pour surveiller les bureaux de vote et l’usage accru des technologies électroniques pour sécuriser le vote.​

Selon la BBC, Les conséquences de cette réalité dépassent le simple cadre des chiffres. En gonflant artificiellement la participation dans des zones stratégiques, certains groupes cherchent à cacher l’abstention réelle observée ailleurs, notamment dans le Sud et en région urbaine, où le scepticisme et la défiance envers le processus électoral sont plus marqués.

Cette situation concourt à une fracture électorale et politique, assimilable à une forme de « sécession électorale », créant une partition statistique du pays entre « zones de vote massif » et « zones d’abstention », alimentant tensions et soupçons d’illégitimité.​

Statistiques clés

  • Taux national de participation à la présidentielle 2025 : 50,1% (CEI).​

  • Inscrits sur les listes électorales : environ 8,7 millions de votants.​

  • Taux locaux dans certains départements du Nord : annoncés entre 98% et 99%, jugés irréalistes.​

  • Abstention réelle constatée plus élevée dans d’autres régions.​

Enjeux

Ces chiffres révèlent l’urgence d’une réforme profonde du processus électoral ivoirien, avec notamment une mise à jour régulière et transparente des listes électorales ainsi qu’une meilleure supervision indépendante. Sans ces mesures, le « mythe du Nord monolithique » et des résultats électoraux non crédibles continueront d’alimenter la défiance politique et sociale dans le pays.

Sources :

  • Commission électorale indépendante (CEI) et déclarations officielles.​

  • Analyse et témoignages d’experts et personnalités politiques comme Ahoua Don Mello.​

  • Enquêtes et reportages du journal Le Monde et autres médias africains.​

Ce constat démontre que la question de la crédibilité des élections et de la transparence des chiffres est plus que jamais centrale pour la stabilité démocratique en Côte d’Ivoire.

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