APRNEWS: Chogeul Maiga humilié par Assimi Goïta

APRNEWS: Chogeul Maiga humilié par Assimi Goïta

Choguel Kokalla Maïga est actuellement en garde à vue en relation avec une enquête sur sa gestion en tant que Premier ministre, suite à des accusations d'atteintes aux biens publics mentionnées dans un rapport du Vérificateur général. Cette mesure survient dans un contexte de renforcement des mesures de sécurité et judiciaires, marqué par l'arrestation de nombreux militaires soupçonnés de complot contre le régime, et après son désaccord public avec la junte qui l'avait limogé en 2024. Les motifs officiels de sa garde à vue sont liés à des infractions économiques présumées, en attendant une possible convocation devant le procureur et des développements judiciaires ultérieurs.

Choguel Kokalla Maïga a défié Assimi Goïta après son limogeage parce qu’il considérait que la junte avait rompu le « pacte d’honneur » conclu avec le M5-RFP en 2021 et qu’elle s’éloignait des engagements de la transition, notamment l’organisation d’élections crédibles dans des délais raisonnables. Lors d’une conférence de presse, il a dénoncé des arrestations et « détentions extrajudiciaires » visant ses alliés, sa mise à l’écart des décisions relevant de sa tutelle quand il était chef du gouvernement, et une dérive autoritaire marquée par la prolongation indéfinie de la transition sans calendrier électoral. En somme, son « défi » est né d’une rupture politique consommée avec les militaires au pouvoir, qu’il accuse d’avoir confisqué la transition et trahi l’accord initial avec sa coalition M5-RFP.

Choguel Kokalla Maïga serait actuellement en garde à vue dans le cadre d’une enquête du pôle économique et financier sur sa gestion lorsqu’il était Premier ministre, avec des allégations d’atteinte aux biens publics évoquées par un rapport du Vérificateur général, selon des informations relayées par son avocat et des sources judiciaires maliennes. Cette mesure intervient dans un contexte de durcissement sécuritaire et judiciaire marqué par l’arrestation récente de dizaines de militaires soupçonnés de complot contre le régime, et après sa rupture publique avec la junte qui l’avait limogé fin 2024. Sans accès direct aux documents de procédure, le motif officiel retenu serait lié à des infractions économiques présumées, en attendant une éventuelle présentation au procureur et des suites judiciaires.

La garde à vue de M. Maïga survient alors que la junte, au pouvoir après deux coups d’Etat successifs en 2020 et 2021, a ces derniers jours arrêté des dizaines de militaires, dont deux généraux, soupçonnés de vouloir la renverser.

M. Maïga avait été nommé Premier ministre par la junte en 2021, avant d’être limogé fin 2024 après des critiques contre celle-ci.

« Maïga et plusieurs de ses anciens collaborateurs sont en garde à vue dans le cadre des enquêtes sur leur gestion à la Primature. En principe demain (mercredi) ou après-demain (jeudi), ils seront présentés devant le procureur de la cour suprême », a déclaré une source au pôle économique et financier, tribunal chargé de juger les crimes économiques.

Le pôle a « notifié » mardi à M. Maïga « formellement son placement en garde à vue », a indiqué son avocat Cheick Oumar Konaré, dans un communiqué transmis

Celle-ci « frappe aussi plusieurs de ses anciens collaborateurs » et « survient dans le cadre d’une enquête sur des allégations d’atteinte aux biens publics émises par un rapport du Vérificateur général » de l’Etat, a-t-il ajouté.

DÉCRYPTAGE 

La situation de Choguel Kokalla Maïga, ancien Premier ministre malien, en garde à vue dans le cadre d’une enquête du pôle économique et financier, s’inscrit dans un contexte politique et judiciaire tendu au Mali.

Les accusations et le cadre juridique

Allégations principales

Sa gestion durant son mandat (2021-2022, puis jusqu’à son limogeage fin 2024) est visée par un rapport du Vérificateur général, pointant des atteintes aux biens publics(détournements, mauvaise gestion financière).

Base légale

Le pôle économique et financier, chargé des dossiers sensibles (corruption, détournement), agit probablement sur la base du Code pénal malien et/ou des lois anti-corruption.

Contexte politique

Après s’être éloigné de la junte suite à son éviction, Maïga, une figure clé du M5-RFP, a été arrêté, ce qui pourrait indiquer une tentative de réduire les divisions internes. Cette arrestation s’inscrit dans une série d’actions sécuritaires visant à consolider le pouvoir de la junte dirigée par Assimi Goïta, qui a également arrêté des militaires pour complot en juin-juillet 2025.

Implications judiciaires et droits de la défense

La garde à vue au Mali, d’une durée maximale de 48 heures renouvelable une fois, précède une possible inculpation, avec la possibilité pour l’avocat de contester les preuves en évoquant des motivations politiques. En cas de charges retenues, Maïga risque une détention préventive prolongée, similaire à celle de certains opposants comme Soumaïla Cissé en 2020-2021.

Réactions et enjeux

Les partisans de Maïga du M5-RFP et de la société civile pourraient dénoncer une persécution politique, ce qui pourrait affaiblir la légitimité de la transition au niveau national. Au niveau international, des acteurs tels que l’UE et la CEDEAO pourraient exprimer des inquiétudes concernant l’État de droit, surtout dans un contexte où le Mali est déjà isolé après les récents coups d’État.

Cette affaire illustre les tensions au sein de l’élite malienne et la priorité sécuritaire de la junte, au détriment peut-être d’une transition inclusive. La suite dépendra de la solidité des preuves et des pressions politiques, locales et internationales.

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