
APRNEWS: CAN 2025 – La Côte d’Ivoire tombe face à l’Égypte, fin d’un rêve de doublé
Agadir aura été le théâtre d’une douche froide pour la Côte d’Ivoire. Une année après avoir conquis le continent à domicile, les Éléphants voient leur rêve de doublé s’envoler, battus en quarts de finale de la CAN 2025 par une Égypte clinique et rusée (3-2).
Un scénario frustrant, presque cruel, tant les hommes d’Émerse Faé ont dominé par séquences, mais sans jamais prendre la pleine mesure de leurs adversaires — des Pharaons fidèles à leur réputation d’équipe tueuse.
L’efficacité égyptienne, signature d’un savoir-faire
Trois occasions, trois buts. L’Égypte n’a pas eu besoin de forcer son talent, seulement de capitaliser sur son héritage tactique. Omar Marmoush, d’une frappe précoce après une hésitation d’Odilon Kossounou (3e), a donné le ton. Puis, c’est Rami Rabia, de la tête sur corner, qui a puni une défense ivoirienne trop naïve sur coups de pied arrêtés (32e). En face, malgré la débauche d’énergie et la maîtrise technique du duo Sangaré–Inao dans l’entrejeu, la Côte d’Ivoire a souvent confondu intensité et précipitation.
La réaction ivoirienne, symbolisée par le but contre son camp d’Ahmed Fatouh (40e), avait pourtant redonné espoir. Mais l’expérience égyptienne a encore frappé. Au retour des vestiaires, Mohamed Salah — discret mais toujours décisif — a scellé le sort du match d’une reprise sèche au cœur de la surface (52e), démontrant à nouveau pourquoi il demeure le symbole de cette Égypte renaissante.
Une jeunesse ivoirienne brave mais encore tendre
Les Ivoiriens n’ont pas manqué de cœur. Leur réduction du score, signée Guéla Doué (73e), a relancé un temps la rencontre et fait trembler une Égypte acculée dans le dernier quart d’heure. Mais la fougue ne remplace pas encore la maturité. La Côte d’Ivoire, trop souvent imprécise dans la finition et naïve dans la gestion des temps faibles, s’est heurtée à une sélection habituée aux batailles mentales et aux matchs verrouillés.
Sur le banc, Hossam Hassan peut savourer : son plan a fonctionné à la perfection. L’ancien avant-centre, déjà bourreau des Ivoiriens en 1998 alors qu’il portait encore le maillot rouge, a livré une leçon de réalisme tactique à son homologue ivoirien. En face, Émerse Faé, figure du renouveau ivoirien depuis 2024, devra digérer une élimination amère, symbole de la difficulté de rester au sommet sur le continent.
La fin d’une ère ou une étape de maturation ?
Éliminée, la Côte d’Ivoire quitte la compétition avec des certitudes à préserver mais aussi des questions à trancher. Le potentiel est réel, mais la gestion des grands rendez-vous demeure inconstante. L’expérience accumulée servira sans doute à cette génération, encore jeune, dans la quête d’un nouveau cycle victorieux.
L’Égypte, quant à elle, poursuit sa reconquête. Avec un Salah toujours décisif et une discipline retrouvée, les Pharaons retrouveront le Sénégal en demi-finale, pour un classique du football africain. Pour la Côte d’Ivoire, c’est une page qui se tourne, moins glorieuse mais tout aussi fondatrice.
