
APRNEWS: Burkina Faso – Le gouvernement rétablit la peine de mort et alourdit les amendes
Le Conseil des ministres du Burkina Faso, réuni ce jeudi 4 décembre 2025 sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un nouveau code pénal rétablissant la peine de mort pour plusieurs infractions graves, tout en relevant significativement les peines d'amende.
Cette décision marque un tournant sécuritaire dans un pays confronté à une insurrection djihadiste persistante.
Détails des réformes pénales
Le projet de loi, présenté par le ministre de la Justice Rodrigue Edasso Bayala, réintroduit la peine capitale pour des crimes comme la haute trahison, le terrorisme et les infractions économiques majeures, telles que les détournements dépassant 5 milliards FCFA, passibles d’emprisonnement à vie. Les amendes minimales pour délits et crimes passent de 250 000 à 500 000 FCFA, avec des hausses ciblées en matière de circulation routière, responsable de 90 à 95% des accidents mortels. Ces mesures visent à renforcer la dissuasion face aux menaces internes et à répondre aux aspirations populaires en matière de justice.
Contexte sécuritaire et réactions
Le Burkina Faso avait aboli la peine de mort en 2018, les dernières exécutions datant des années 1980-1990, mais le régime militaire au pouvoir depuis 2022 justifie ce retour par la lutte contre le terrorisme lié à Al-Qaïda et l’État islamique. Des organisations comme Human Rights Watch critiquent cette orientation, soulignant un recul des droits humains et une répression accrue des voix dissidentes. Cette réforme s’inscrit dans une dynamique de « mobilisation générale » contre l’insécurité, sans calendrier précis pour les premières applications.
