
APRNEWS: Andre Silver Konan met en garde – Les conséquences des propos non vérifiés en politique
L'ancien ministre Lida Kouassi souligne l'importance de ne pas avancer d'accusations gratuites en tant que figure politique de haut niveau. Il insiste sur le fait que la parole publique doit reposer sur des faits vérifiables pour éviter de donner prise à la critique. Il reconnaît que les propos des opposants sont scrutés de près et met en garde contre le risque de fournir des arguments contre soi-même en avançant des informations non fondées. Il affirme qu'il ne va pas inventer des faits pour attaquer autrui, soulignant que la responsabilité de la parole publique est une priorité, quel que soit le camp politique.
Andre Silver Konan :
«Quand on est un homme d’un certain niveau politique, comme l’ancien ministre Lida Kouassi, on ne s’amuse pas à avancer des accusations gratuites.
La parole publique engage de grandes responsabilités. On doit s’exprimer sur la base de faits connus et vérifiables.
Il est vrai que les propos des opposants sont souvent plus scrutés que ceux des hommes au pouvoir. C’est justement pour cela qu’un opposant doit veiller à ne pas dire n’importe quoi, au risque de fournir lui-même le bâton pour se faire battre.
Personnellement, je sais que dans tous les camps, certains m’attendent au tournant pour porter plainte. Je ne vais donc pas inventer des faits et les attribuer à des individus. Je ne pourrais pas me justifier en disant que d’autres journalistes le font sans être inquiétés.
Je le répète : la parole publique engage beaucoup de responsabilités.
Que Dieu nous donne la bonne compréhension !»
DÉCRYPTAGE
André Silver Konan livre une réflexion particulièrement pertinente sur les responsabilités qui incombent aux personnalités publiques, notamment dans le contexte politique tendu que traverse la Côte d’Ivoire. Sa position fait écho à l’actualité récente, avec l’arrestation de figures de l’opposition comme l’ancien ministre Lida Kouassi.
La responsabilité du discours public
Silver Konan souligne un principe fondamental : la parole publique engage de grandes responsabilités, particulièrement pour les personnalités politiques d’envergure. Cette responsabilité implique de s’exprimer uniquement sur la base de faits connus et vérifiables, évitant les accusations gratuites qui peuvent avoir des conséquences judiciaires graves.
L’asymétrie du traitement médiatique
Il reconnaît avec lucidité que « les propos des opposants sont souvent plus scrutés que ceux des hommes au pouvoir ». Cette asymétrie, fréquente dans de nombreux systèmes politiques, impose aux opposants une vigilance particulière pour ne pas « fournir eux-mêmes le bâton pour se faire battre ». C’est une réalité politique que tout acteur de l’opposition doit intégrer dans sa stratégie de communication.
L’autodiscipline comme stratégie
En tant que journaliste et commentateur politique, Silver Konan adopte une approche préventive : « Je sais que dans tous les camps, certains m’attendent au tournant pour porter plainte ». Cette conscience des risques l’amène à une autodiscipline rigoureuse, refusant d’inventer des faits ou de se cacher derrière les pratiques d’autres confrères.
Une leçon de sagesse politique
Cette réflexion transcende le simple conseil de prudence pour devenir une leçon de sagesse politique. Dans un contexte où la polarisation peut pousser à l’outrance verbale, Silver Konan rappelle que l’efficacité politique passe aussi par la crédibilité et l’intégrité du discours.
« Que Dieu nous donne la bonne compréhension ! », résume bien l’esprit de sa démarche : allier engagement politique et responsabilité morale, dans un environnement où chaque mot peut avoir des conséquences majeures.
